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samedi 15 avril 2017

JfD. Étouffement organisé


« Les Sahraouis ? On s’en fout ! Ils sont inoffensifs  et pacifiés maintenant. On n’a plus qu’à attendre qu’ils s’éteignent tranquillement, étouffés par l’aide humanitaire dans leur désert ». 

Ces mots, prononcés par un fonctionnaire du Quai d’Orsay il y a déjà quelques années, reflètent à la fois le cynisme du pays dit des « Droits de l’homme » et l’instrumentalisation de l’aide humanitaire.

J’ai repensé à ces propos en tenant la main d’un vieil homme mourant sous une tente en février dernier. J’ai repensé à ces personnes disparues depuis 10 ans de fréquentation des campements Sahraouis, à ces enfants morts nés, à ceux emportés par la maladie, par le handicap, par l’injustice , à tous ceux « éteint tranquillement, étouffés par l’aide humanitaire »…

Les caravanes d’aides alimentaires continuent leurs incessantes navettes. Les négociateurs continuent de creuser la fosse commune du peuple Sahraoui comme on fait creuser leurs tombes aux condamnés. Vingt-six ans qu’ils creusent, pour avoir accepté ce marché de dupe : l’arrêt des combats contre l’organisation d’un référendum dans les neuf mois à suivre. Une durée de gestation de l’espoir qui s’est transformée en une nouvelle génération née dans les camps.

Les historiens mettront en avant ce calcul qui consiste à faire en sorte qu’une absence voulue de solution politique  sous anesthésie humanitaire finisse par résoudre un problème en devenant solution finale.

Non, l’application du processus de décolonisation n’est pas négociable. Non, la libération de prisonniers injustement jugés et condamnés  n’est pas négociable. Non, l’impunité d’un État  qui torture n’est pas négociable. Non, l’aide humanitaire n’a pas à être le sédatif d’une désertion politique.

L’aide humanitaire est née dans l’urgence exigeante des champs de bataille, des catastrophes naturelles ou de celles le plus souvent provoquées par l’homme. Son succès devrait  se mesurer  à la fois à sa rapidité d’intervention mais aussi à sa rapidité à quitter les lieux.  Elle a appris à se développer de façon protéiforme, des plus petites associations bénévoles jusqu’à l’internationalisation professionnelle parfois lucrative d’ONGs.

L’ONU qui s’est juridiquement ligotée par les liens de l’abstention ou du veto de ses états membres aux intérêts contradictoires a démontré une fois de plus son impuissance à organiser  le référendum d’autodétermination.  Chaque jour qui passe dresse de nouvelles pierres dans les cimetières Sahraouis sur le sol lunaire de la Hamada de Tindouf.  Une fois de plus, le 27 avril prochain,sera renouvelée cette mission fictive de la Minurso qui permet aux Nations Unies, en « gelant » la situation, et en sabordant les objectifs à atteindre, de déployer à loisir sa propre armada humanitaire, PAM ( Programme Alimentaire Mondial) UNICEF, OMS… À qui profite le crime ?

Le dévoiement humanitaire peut alors commencer. Conçu pour l’urgence, on lui demande de gérer une situation devenue  chronique, d’empiéter sur le champ du politique, suffisamment lâche et malhonnête  pour ne pas s’attaquer aux racines du mal colonial. L’aide humanitaire alors imperceptiblement  instrumentalisée doit s’interroger :  «  Faut-il aider les Sahraouis à survivre dans une injustice acceptable et l’absence voulue d’une solution politique ? » Si la réponse est oui, il lui faut alors accepter d’être  complice des preneurs d’otages en acceptant de continuer de nourrir les otages.

« Faut-il les aider à vaincre cette injustice » ? est une autre question qui appelle des réponses différentes, moins évidentes qu’une assistance systématique : celle de l’arrêt de négociations stériles.  Celle d’un ultimatum à poser à l’ONU. Celle d’un arrêt de l’aide humanitaire remettant la pression sur la responsabilité politique. Celle en dernier lieu d’une reprise des armes…

Mais que cesse ce lent étouffement humanitaire, politiquement prémédité.  Que cesse cet assistanat  sauvant des vies pour les maintenir en sursis et les priver d’avenir, cette éducation ajoutant  aux  capacités inutilisées la frustration, cette distribution alimentaire conçue pour l’urgence qui finit par nourrir des maladies chroniques, cette parodie de justice qui emprisonne les défenseurs des Droits de l’Homme et décore les bourreaux…
J’ignore  quels sont les mots donnés par ce jeune Sahraoui  à cet homme dont il caresse les cheveux blancs. J’ignore si l’homme qui meurt là en s’étouffant peu à peu est suffisamment conscient pour  percevoir qu’un jeune Sahraoui qui pourrait être son petit fils recueille son souffle. J’ignore si ce jeune homme pressent qu’il sera un jour ce vieillard agonisant dans ce désert, abandonné.

Mais je sais qu’ouvertement et sans aucune humanité des hommes (?) qui disent s’en foutre ont souhaité cet étouffement.

Jean-François Debargue, le 11 avril 2017
Publié par APSO avec l'autorisation de l'auteur

 Crédit photo JfD-Apso

vendredi 2 mai 2014

Sahara Occidental, le squelette est nu

 Chaque grain de sable accumulé magnifie la rose du désert, finalement cruelle momie.
 Le tableau pourrait être superbe s’il ne s’agissait d’humains, d’un peuple, de nos concitoyens.
Le monde entier, nos Nations Unies ont décidé en Conseil de Sécurité de renouveler le mandat de leur mission au Sahara Occidental sans y rien changer. La Minurso, mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental, qui n’organise pas le referendum depuis 1991, ne fera donc rien d’autres que de ne pas organiser…

La Minurso ne surveillera pas le respect des droits humains des Sahraouis, ni ne garantira le respect de leur droit inaliénable sur leurs ressources naturelles.
La promesse onusienne d’un réexamen de l’ensemble du processus en 2015 « si rien n’a changé » en un an est une parole dont la mise en œuvre dépendra de la contingence et laisse peu d’espoir, même si l’on aimerait par exemple que l’ensemble du conseil de sécurité, les intéressés, les amis et les voisins s’assoient et cherchent une solution pour la trouver….

Sur le terrain, dans le sable, d’un côté du mur des réfugiés confinés dans un état de crise d’urgence prolongé 39 ans, de l’autre le Maroc colonisateur qui surexploite les ressources naturelles jusqu’à plus soif, pillant tout ce qu’il est possible tant que les tergiversations coupables et complices des Nations Unies rendent ces dernières mercantilement aveugles. Le régime marocain exploite la terre, la mer, le soleil et le vent sahraouis, et fait de grands efforts pour y dissoudre le peuple, par la terreur, la violence, les interdictions multiples.

Pourtant cette fois encre, après les auto-félicitations multilatérales, parce qu’un petit mot est ou n’est pas dans un texte diplomatiquement écrit pour servir la fossilisation, chacun reprendra ses refus et revendications. Les mêmes.

Revendication de l’autodétermination, ce referendum promis et contractualisé pour les Sahraouis, refus de tout pour le Maroc.
Le droit international est favorable aux Sahraouis, sans aucun doute. Mais le monde ne bouge pas d’un iota pour le faire appliquer. Lorsque les Sahraouis ne changent pas de discours, revendication ou stratégie internationale, que font-ils ?
La confiance populaire dans nos Nations Unies ne devrait pourtant plus les abuser. Ils sont au cœur du mécanisme et le savent. Nos Nations Unies ont trahi. Elles attendent que quelque chose change. Elles aussi.

Et peut être une étincelle extérieure. Mais celle-ci n’assurerait aucun résultat sinon aléatoire et incertain. L’explosion populaire du Maroc, de l’Algérie, l’embrassement du Sahel, du Mali ne feraient qu’un paramètre supplémentaire à prendre en compte, difficultés de circulation, sur-militarisation, ingérences…
La reprise sahraouie des armes, souvent « promise », loin d’être une solution, ne pourrait être que le fruit d’une décision populaire ou la réaction à un événement. L’attaque par les autorités marocaines des quelques 20 000 Sahraouis de la manifestation populaire de Gdaim Izik en 2010 en territoires occupés n’ayant pas déclenché la dite réaction militaire pour la protection de ses citoyens, rien ne se profile qui pourrait justifier le trouble de la « stabilité » de la région.

Alors, vu de l’extérieur, si l’on est adepte de la liberté, du respect du droit, amis de ce peuple fier, on se prend à espérer.
Espérer que les Sahraouis reprennent le travail quotidien pour leur liberté, distillent l’humour des vents de sable et de l’immensité, surprennent, bousculent les relations enkystées. Qu’ils changent de manières, de méthodes, de discours, chamboulent leurs rapports aux Nations Unies, se désolidarisent de la spirale infernale de son temps et de ses résolutions annuelles et répétées, pour imposer le leur, leur calendrier de la construction de leur avenir.

Les Nations Unies méritent qu’on force le jeu de leur efficience pour qu’elle s’avère, sans discrimination ni calculs impardonnables.

APSO, 2 mai 2014

jeudi 3 avril 2014

Destin brisé, double peine


Salek Laasairi est sahraoui, il est né le 15 mars 1983 à Tantan sur le territoire marocain, et a été condamné en 2004 par la cour militaire à la réclusion à perpétuité.
C’est un militant pour l’indépendance du Sahara Occidental, et cette conviction politique et son identité ont eu et ont toujours des conséquences directes sur son histoire, l’accusation, sa peine, doublée de tortures qu’il subit en prison.

Selon ses amis, il a un grand cœur et il aime beaucoup sa famille. Il est le dernier d’une fratrie de six. Sa famille est modeste et son père est décédé en 2009.
Il est actuellement dans la prison de Ait Melloul au Maroc et son numéro d’écrou est le 7533.

Depuis 2013, le gardien chef de la prison de Ait Melloul, Ahmed El Moumni, semble particulièrement violent et raciste, sans que le directeur de la prison, Lekbir Soufi, n’intervienne contre ses pratiques. Les affaires de Salek sont régulièrement inspectées, détruites ou volées. Cela s’accompagne de fouilles au corps menées avec rudesse, de coups et  d’insultes, ressenties par Salek comme autant d’humiliations.

Les périodes de pression peuvent durer plusieurs semaines. S’ajoutent actuellement des menaces de « fabrication de motifs » destinées à imposer à Salek un nouveau transfert -  contre sa volonté - qui l’éloignerait de sa famille et des possibilités de visites.
La « fabrication de motif » veut dire une accusation imaginaire fabriquée par les autorités pénitentiaires en prison, justifiant des mesures disciplinaires. C’est une menace et une pratique courante. Ces « motifs » sont en l’occurrence l’accusation pour Salek et deux autres Sahraouis - Salek Mohamed Ahmed et Tyatro Mohiddin - d’être des « incitateurs », probablement à revendiquer un minimum de respect. Comme les autres Sahraouis de la prison, ils protestent contre les mauvais traitements, privations et violences qu’ils subissent, pratiques réprouvées par le droit selon la législation marocaine et internationale.

La famille quant à elle paraît avoir peur du régime marocain, le makhzen, et ne parle pas de ce que Salek leur confie. C’est donc par des amis que quelques informations récentes sont connues. Par exemple, fin mai 2013, Salek avait protesté contre les mauvais traitements par une grève de la faim illimitée qu’il avait suspendue après plus de 15 jours, la veille des examens du bac, auquel il a échoué.
Ou encore, le 19 juillet, le gardien-chef fouille abusivement les affaires de Salek et déchire ses vêtements, ses livres et magazines. Quelques jours après lors d’une nouvelle fouille, son téléphone portable lui est volé par le personnel pénitentiaire. Il n’a pas pu en racheter depuis cette date. Il semble qu’il y ait une entente entre le personnel pénitentiaire et les acteurs du marché noir de la prison.
Plus récemment, Salek a participé aux mouvements de grève de la faim de 24 ou 48 h menés par tous les prisonniers sahraouis enfermés dans la prison de Ait Melloul, prisonniers politiques et prisonniers de droits commun

Salek a été arrêté le 13/10/2004 et incarcéré tout de suite à Sale 1. Le jugement a été rendu le 6/12/2005 par la cour militaire. Condamnation sans possibilité d’appel à la réclusion à perpétuité. L’accusation : meurtre d’un officier marocain.

Les faits relatés par les intéressés et les proches sont les suivants.
L’officier marocain en question est le violent agresseur d’une femme Sahraouie. Les faits se sont déroulés dans le quartier situé à côté de la route de Telimzoun à Tantan
Salek Laasairi, Saleh Amidan - 2 Sahraouis -, et Norrdin x, Hisqar x et Abdallah x, - 3 Marocains -, sont intervenus pour défendre et protéger la femme. Pendant que Salah Amidan l’éloignait, l’officier a provoqué et agressé les 4 autres, qui ont répondu à l’agression physique et raciste. Suite à la bagarre, ils ont laissé l’officier blessé sur place et sont partis. L’officier était alors vivant.

Trois jours après ces faits, la police est venue arrêter Salek chez lui. Les 6 protagonistes ont été arrêtés, les 5 jeunes et la femme agressée, pour la mort de l’officier.
Norrdin x avait volé le téléphone portable de l’officier marocain, et a ainsi été retrouvé. Pendant l’interrogatoire, Il a donné les noms des gens qui étaient avec lui. Tous ont été condamnés à diverses peines de prison ferme. Saleh Amidan à 10 ans, la femme à 2 ans. Salek, Norrdin, Hisqar et Abdallah à la réclusion à perpétuité. L’avocat de Salek était marocain, commis d’office. Il a été émis des doutes sur la qualité de l’enquête.

Le parcours de Salek dans les différentes prisons marocaines est le suivant : Salé 1 jusqu’au 6/12/2005, puis Ait Meloul  pour 6 mois, puis Kénitra 5 ans et 3 mois puis Ait Melloul à nouveau. 
Kénitra étant à plus de 900 km du lieu d’habitation de sa famille, pendant 5 ans Salek n’a pas reçu de visites. Le deuxième transfert à Ait Melloul, en septembre 2011, longtemps demandé et attendu par Salek a rompu son isolement de sa famille, 2 ans.

Depuis son incarcération en 2004, Salek a été régulièrement harcelé, frappé, empêché dans ses volontés d’étudier et torturé physiquement et psychologiquement par les gardiens, le gardien-chef ou le directeur de la prison, de même que Saleh Amidan, l’autre jeune sahraoui condamné dans la même affaire. Les trois Marocains condamnés pour les mêmes faits n’ont eux jamais reçu ce genre de traitements discriminatoires et brutaux.

Suivent quelques informations et témoignages recueillis sur ce qu’a subi Salek. Il semble que sa grande taille et sa force excitent la jalousie et la violence des matons marocains. D’après ses codétenus, Salek est très souvent la cible du personnel et des responsables pénitentiaires.

En 2007, il mène une grève de la faim pendant 30 jours en protestation contre les mauvais traitements, pour qu’ils cessent et que ses conditions s’améliorent.
Cette même année Saleh a été torturé par les gardiens marocains qui ont brûlé à vif le tatouage qu’il avait sur le bras. Le tatouage disait « Sahara libre ».

En 2008, des publications d’organisation relayé par aljazeeratalk.net (archive maintenant désactivée) attestent que Salek a été roué de coups et violé par les gardiens de la prison. Puis mis à l’isolement sans soin, menotté et les yeux bandés, privé d’alimentation et boisson, dans un état de détresse psychologique grave. La plainte déposée par sa famille demeure sans suite, les appels sans effets. Il n’y a pas eu d’enquête, le personnel pénitentiaire tortionnaire n’a jamais été inquiété, ni puni. Salek avait affirmé la légalité de l’autodétermination du peuple sahraoui.

Salek subit régulièrement des périodes de plusieurs semaines de harcèlements à Kénitra en 2010. Le 9 juillet par exemple, Il a été tabassé violemment par les gardiens de la prison, dans sa cellule. Les insultes qui ont accompagné la violence étaient racistes. Les gardiens lui volent son téléphone, son lecteur MP4, son argent et tous ses effets personnels de quelque valeur. Salek possédait des drapeaux de la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique). Après cette date, les gardiens maintiennent la pression par des intrusions quotidiennes dans sa cellule pour la fouiller entièrement. Chaque visite est toujours accompagnée de menace de violence et de représailles et d’insultes racistes. Selon Salek, la dénonciation par les autres prisonniers est à l’origine du déclenchement de la violence et des vols par les gardiens.


Salek est depuis 10 ans oublié de l’attention des institutions, des organisations média ou de défense des droits de l’Homme, sahraouies ou internationales. Le seul soutien de sa famille semble être à la merci de l’arbitraire malveillant des autorités pénitentiaires.

Le projet de loi du gouvernement marocain visant à abolir la possibilité par les tribunaux militaires de juger des civils, et d’introduire la possibilité d’appel, bien que probablement opportuniste, n’est pour l’instant qu’une annonce de l’agence royale d’information, héraut du palais. En l’absence actuelle de texte de loi précis, de calendrier et d’échéances, on peut supposer son application remise aux calendes grecques, et pour Salek, comme pour les 23 prisonniers politiques du groupe « gdaym Izik » et d’autres Sahraouis, son bénéfice très hypothétique.

Quand la mission de l’ONU chargée du Sahara Occidental, la Minurso, ne protège en aucun cas les habitants originaires du territoire, toute action - individuelle ou d’organisation - de protestation auprès des autorités pénitentiaires et  du régime marocains contre les conditions de détention de Salek est la bienvenue.

Et pour le soutenir directement, il est possible de lui envoyer du courrier, des magazines et livres à la prison, ce qu’il apprécie beaucoup quand il les reçoit. Salek perfectionne en autodidacte son apprentissage du Français et apprend l’Anglais, il est curieux de voyages et de sciences.

APSO, le 3 avril 2014. 

Pour écrire à Salek : Salek Laasairi, n° 7533, prison locale Ait Melloul, Agadir, Maroc
Vous pouvez transmettre des copies scannées de votre courrier par mail à Apso qui vérifiera que votre courrier est bien arrivé. Pour toutes demandes de précision, contacter Apso.

samedi 11 janvier 2014

La France versatile et frivole, et le Sahara Occidental

La France tergiverse, pouvoir et média, sur les nuances de la liberté d'expression quand il s'agit du président et de ses amours, d'un humoriste et de ses excès... Serions-nous encore ensuqués par les excès multiples de la fin d'année pour supporter aussi peu de sérieux, tout ce bruit pour rien ? N'y a t'il pas matière à pessimisme ?

Sur une échelle géographique aléatoire, il pourrait être plus intéressant de se pencher sur "la courbe du chômage inversée de façon imperceptible" et la hausse de la TVA, un peu plus loin sur Fukushima et ses fuites radioactives, les baleines pilotes et poulpe géant qui s'échouent, sur l'Europe et ses accords étrangement hyper-capitalistes et très discrets pour la protection des banques...

Vue d'ailleurs, notre France des droits de l'Homme est sûrement ridicule. Empâtée à ignorer son peuple, son devoir éthique d'éducation pour emplir les têtes et s'opposer à la haine, empâtée à oublier d'entendre les vigilants, penseurs et intellectuels.
Ou alors, l’ailleurs soit nous raille comme l'excellent "Demainonline" indépendant marocain en exil, soit ne se soucie pas de notre pauvre France démagogique.

En Tunisie, on s'occupe de choses sérieuses, et suite à une pression très forte de la population, de la société civile, des syndicats ouvriers, patronaux, des avocats et des associations de droits de l'Homme, le parti islamiste Ennahdha a accepté de céder le pouvoir à un gouvernement de compétence nationale pour assurer la dernière période de transition démocratique, préparer les prochaines élections et terminer la constitution et le processus électoral.

Les Congolais de la RDC en diaspora ont décidé qu'on ne s'amuserait plus tant que la situation de leur pays, champ de bataille et théâtre d'un génocide absent des médias autant que démesuré ne serait pas sur la voie de l'amélioration, et le despotisme d'État dégagé. On ne danse plus sur scène ni on ne s'amuse congolaisement en France (ni ailleurs) et le combat multiforme est devoir d'information internationale et de vigilance, quand la révolte gronde au pays et que continuent les massacres civils en masse. Cela se fait sans la France, mauvaise amie qui oublie encore de soutenir les aspirations et les efforts vers la démocratie de ce peuple en marche.

Les Sahraouis, amis des précédents, eux, se soucient de la France. Ils ont célébré en novembre dernier le troisième anniversaire de la manifestation qui en territoires occupés du Sahara Occidental avait réuni à Gdaim Izik 20 000 d’entre eux pendant un mois, avant l'attaque des forces de sécurité du colonisateur marocain. Depuis lors, fin 2010, des civils journalistes, militants de droits de l'homme, médiateurs, sont en prison à Salé 2 près de Rabat, et ont été condamnés sans preuve par un tribunal militaire à des peines allant de 20 ans à la perpétuité.  Condamnés pour leur identité.
2013 a encore été une année de continuité dans la lutte et la résistance, certes, mais aussi dans l'immobilisme international. La France n'a pas changé de ligne en passant de droite à gauche et continue à être responsable du statu quo de la situation. Chaque frémissement favorable a connu son contraire.

La Minurso a été renouvelée sans mandat de protection des populations civiles sahraouies qui affirment leur identité ou revendiquent le respect de leurs droits internationalement établis. La France est probablement victime d’une tergiversation géométrique sur la variabilité de l’intensité et de la quantité des coups donnés… puisqu’elle est responsable de cet état de fait. Les manifestations sahraouies de protestation hebdomadairement attaquées par les forces de sécurité marocaines qui cognent avec la visible jubilation de l’impunité mais ne tuent pas beaucoup ou cachent bien les corps n’y ont pas suffi. On peut avoir la même crainte pour 2014 si l’influence internationale ne pèse pas sur cette même France, malgré la permanence des protestations sahraouies en territoires occupés, et les déchaînements de violence qu’ils ont reçus toute l’année 2013. On appelle ça communément les droits de l’Homme, et les militants internationaux et ceux du Sahara Occidental s’appliquent à rapporter les horreurs commises sans que la France des droits de l’Homme ne s’en soucie.

Le traditionnel nerf de la guerre, l’argent en question, est ici celui tiré illégalement par le Maroc de l’exploitation des richesses naturelles du Sahara Occidental, et celui donné pour son protectionnisme hypocrite par l’Europe au même Maroc. Accord de voisinage, accord agricole, accord de pêche, statut avancé sont effectifs, l’ALEAC se profile dangereusement. Tous ces accords écrits sur le dos du peuple sahraoui puisque les textes souffrent d’amnésie quand il s’agit d’indiquer les frontières internationalement admises du Maroc, qui ne comprennent pas le Sahara Occidental.

Que payent donc aux uns et aux autres les entreprises françaises Total, Véolia, Idyl, Azura et autres pour être au Sahara Occidental, et que reçoivent-elles pour agir illégalement puisque contrairement à la volonté des Sahraouis ?

Javier Bardem dans son film récent sur la question sahraouie « Hijos de las nubes » fait une grande part à la démonstration de l’indiscutable culpabilité diplomatique de la France, probablement parce que la rouerie espagnole est consommée.

Alors ? Que font les Sahraouis en France ?
D’où viendra la prise de conscience que les méthodes anciennes ne fonctionnement manifestement pas et qu’il faut s’adapter à la situation et faire bouillonner les jeunes têtes. La délicate tradition sahraouie de ne jamais dire non, de passer par un détour ou un intermédiaire pour agir sur les coordonnées d’un problème ressemble à l’obligation de moyens quand il lui manque l’obligation de résultat. Les mouvements de l’Allemagne découvrant les atteintes marocaines aux droits humains des Sahraouis pourraient-ils vraiment faire bouger la France ? Justification de la procrastination …

Et si les Sahraouis et leur République faisaient bouger la France ? Foin de plaisanterie, à l’aune du temps occidental il faut aller tout droit ! La jeunesse sahraouie qui bouillonne ici et souffre des violences subies sous l’occupation ou de l’exil connaît la France et ses travers. Ceux là ont l’intuition que la lutte pacifique est possible et en auront le courage une fois sur le chemin, même si les coups reçus par leurs sœurs et mères en territoires occupés, les carences alimentaires et maladies des femmes et enfants des campements de réfugiés poussent certains à dire qu’une reprise de la guerre serait une solution.
Si les institutions pèsent trop lourd, la résistance doit trouver une autre forme…

Les Sahraouis résistent et bougent, cherchent et tâtonnent, et nous Français ? résistons-nous ?

APSO, le 11 janvier 2014

Vidéo EM, El aaiun  occupé, activité de nuit des policiers marocains, ordre ou terreur ?
 

samedi 27 avril 2013

L’ONU trahit les Sahraouis


On s’y attendait, finalement la mission de l’ONU chargée d’organiser au Sahara Occidental le référendum d’autodétermination n’a toujours pas la mission de surveiller les droits de humains sur place, soit de veiller à la sécurité du peuple sahraoui, dernier peuple colonisé en Afrique.

Finalement le groupe des amis du Sahara Occidental, dont la France, tout en sachant pertinemment que les Sahraouis sont quotidiennement la proie de violences policières marocaines arbitraires, qu’il reste plus de 500 disparus sahraouis, que le Maroc pille le pays qu’il occupe par la force… a reconduit la Minurso dans son affligeante incapacité à faire quoi que ce soit. Sauf peut être à valider l’immobilité de la situation, et son bénéfice juteux pour le régime colonisateur marocain.

L’aspect cynique de la présente décision de l’ONU c’est la trahison.

L’ONU ne fait concrètement rien d’autre qu’assister au pourrissement de la situation, en donnant aux réfugiés le minimum légal pour ne pas être complice de leur mort d’inanition, et aux Sahraouis des territoires occupés quelques miettes d’espoir ou de rage leur permettant d’échapper à la schizophrénie.

Chacune des précédentes années de bagarre improductive pour que les Sahraouis soient protégés par la Minurso n’avait été qu’un épisode comme un autre de la froide désillusion.

Cette année 2013, l’annonce par les USA - quelques semaines avant l’étude du renouvellement de la Minurso - de leur volonté que les Droits de l’Homme soient activement surveillés au Sahara Occidental a transformé l’événement en un moment cruel.

Il est presque clairement possible de lire maintenant que cette adjonction de la surveillance des droits de l’homme à la Minurso aurait grandement été préjudiciable à un régime dictatorial marocain déjà bien fragile.

S’est donc opéré le choix du sacrifice de la sécurité des Sahraouis pour la préservation d’une dictature vacillante et corrompue.

Le droit international n’étant qu’une expression savante de la logique basique d’un vivre ensemble respectueusement sur notre planète, comment, nous le peuple, supportons-nous encore la trahison de nos dirigeants pour des petits calculs égoïstes et à courts termes ?

Étant donné l’attitude intrinsèquement destructrice de l’homme, le sachant, comment les dirigeants ne sont-ils pas d’autant plus férocement rigoureux sur l’application qui relève de leur responsabilité des principes communs.

Pour ceux qui connaissent la situation, nous en garderons une grande honte d’être complice du message paradoxal crié entre les lignes aux jeunes Sahraouis, « ne comptez que sur vous si vous voulez l’indépendance de votre terre et peuple, et tous les moyens sont bons… ».

En territoires occupés, les armes civiles face à la police marocaine suréquipée et aux méthodes de voyou sont encore le V de la victoire, les cris et les drapeaux… jusque quand ?

L'inconscience internationale pousse à la violence, l'inconnu reste le moment de l'explosion.

APSO, le 27 avril 2013

samedi 12 janvier 2013

L'oasis de la mémoire, présentation en français

L'oasis de la mémoire, Mémoire historique et violation des droits au Sahara Occidental

« Dans ce travail de recherche, synthétisé dans le rapport « l’Oasis de la mémoire », le Dr. Carlos M. Beristain essaie de récupérer la Mémoire Historique et la situation des droits de l'homme au Sahara Occidental, développant un point de vue selon la méthodologie des Commissions de la Vérité dans lesquelles il est intervenu, selon la démarche psycho-sociale que le Dr Beristain a apportée au REMHI (Projet de Récupération de la Mémoire Historique) au Guatemala, ayant recueilli des témoignages directs des victimes » (Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix).

Ce rapport analyse de graves violations des droits de l'homme sur la population sahraouie, depuis 1975 jusqu'à aujourd’hui. Il est basé sur une étude de 261 cas et interviews de victimes sahraouies avec une méthodologie de travail de terrain semblable à celle suivie par des projets de Mémoire Historique et des Commissions de la Vérité dans différents pays du monde.

Ce rapport est divisé en deux tomes. Le premier inclut une analyse des violations des droits de l'homme, à travers des cas individuels et collectifs à différentes périodes historiques :
- bombardements de la population civile comme celui d'Um Dreiga
- pillages et déplacement forcé de la population nomade
- exécutions extrajudiciaires et fosses communes
-  disparitions forcées, aussi bien les disparitions temporaires dans les centres clandestins que les disparitions forcées jusqu'à aujourd’hui; pratique de la torture
- détentions arbitraires et usage excessif de la force contre la population qui revendique ses droits, spécialement à partir de l'Intifada de 2005
- et quelques cas emblématiques comme le démantèlement du campement de Gdeim Izik en novembre 2010.
De la même manière, on analyse le modus operandi de la violence pratiquée sur la population civile sahraouie pendant 37 ans et les mécanismes qui l'ont rendue possible.

Le deuxième tome aborde l'impact que ces violations ont représenté pour les victimes, d'un point de vue individuel et familial, en incluant une vision des enfants, filles et garçons, ainsi que l'impact sur les femmes et la violence sexuelle.
Sont également analysées les manières dont les victimes ont fait face à cette violence. Finalement sont abordées les demandes de vérité, de justice et de réparation des victimes en personne en relation avec les standards internationaux, l'expérience internationale comparée et les réponses données jusqu'à présent par l'État du Maroc.
L'étude se concentre sur la situation des victimes dans le contexte du Sahara Occidental ainsi que dans les campements de réfugiés à Tindouf, incluant les différences de genre et le type de violations subies.

Dans le résumé (édité en anglais et en espagnol) sont incluses les données de l’étude psycho-sociale quantitative, les références juridiques les plus importantes ainsi que la liste des personnes interviewées.
La valeur de ce travail réside, précisément, dans la force et la véracité des témoignages des victimes de violations de droits de l'homme interviewées. Ces témoignages font partie de la mémoire historique d'un peuple nomade qui n'a pas été écouté pendant toutes ces années de résistance, de dépouillement et de refuge.

Ce n'est pas une vérité soumise à l'intérêt politique. C'est une histoire qui doit être écoutée et tenue en considération pour la recherche d’issues au conflit, la gouvernabilité de la région et le respect des droits de l'homme au Maghreb. Ce mémoire ne concerne pas seulement le passé ou le présent. Cette étude présente une urgence pour un avenir différent, où la population sahraouie ne sera pas soumise à la violence parce qu’elle pense différemment ou qu’elle exprime ses idées. La valeur de ce mémoire est la transformation de la vie. Le sens de la mémoire est de transformer la vie. Ce rapport est dédié aux victimes et aux survivants sahraouis qui l'ont rendu possible grâce à leur courage et à leur générosité.

Les deux volumes ainsi que les résumés en anglais et espagnol peuvent être téléchargés respectivement ici : http://publicaciones.hegoa.ehu.es/publications/281 et  http://publicaciones.hegoa.ehu.es/publications/284

El Oasis de la Memoria: Memoria Histórica y Violaciones de Derechos en el Sáhara Occidental
Tomo I, II y Resumen , Carlos M. BERISTAIN et Eloisa GONZALEZ HIDALGO. Bilbao, Hegoa, 2012 3vol; 24cms, 978-84-89916-72-2, Español.

Présentation traduite en français par APSO, publication autorisée par les chercheurs

samedi 30 juin 2012

Parce que


 A Tfarrah et aux autres mamans, dépossédées de leur seul bien.


Parce que sa naissance gênait un roi qui pillait son pays, l’enfant n'a pas ouvert les yeux.
Parce que sa naissance accusait une organisation de nations soit disant unies de n'avoir pu offrir à ses jeunes parents que leur propre naissance dans ces mêmes camps, l’enfant n'a pas voulu crier.
Parce que sa naissance dénonçait les conséquences de mesures humanitaires incapables de remplacer  l'application de mesures de justice internationales, l’enfant a cessé de respirer.

Parce qu’années après années, la chronicité des problèmes cumulés rend la naissance et la survie des enfants Sahraouis de plus en plus difficile, et parce que dans le même temps,  le Maroc, la France et l’Union Européenne se partagent illégalement le butin des ressources du Sahara Occidental et dilapident l’espoir dans d’inutiles négociations, cet enfant, comme bien d’autres n’a pu vivre.
Parce que survivre du jour de sa naissance à celui de sa mort dépend de notre vitesse à oublier, sa survie a été de deux jours.
Parce que les fausses couches, les enfants morts nés, les enfants nés qui meurent, les enfants handicapés, les enfants qui survivent, les enfants en retard de croissance, les enfants malades ont fait naitre et vivre l’espoir, à défaut de naitre et de vivre eux-mêmes, normalement.

Parce que je suis de ceux qui pensent qu'un enfant ne doit pas mourir, pour avoir eu la malchance de naître en exil dans le désert du Sahara.
Parce que je suis de ceux qui pensent qu'il ne faut plus placer sa confiance en une personne, fut elle Président de la République française, roi du Maroc, Secrétaire Général de l’ONU, je ne vous demande pas d'intervenir.
Parce que c'est trop vous demander de prendre le parti d'un enfant dont la vie n'aura duré que deux jours, à cause d'une injustice vieille de trente sept ans, qui sert peu ou prou vos intérêts, et qui elle, voit l’avenir avec sérénité.
Parce qu’il est plus facile de bafouer les droits les plus élémentaires, d’emprisonner, de torturer, d’assassiner, même ouvertement, devant une humanité à peine troublée et des organismes impuissants que de respecter la vie d’un enfant.
Parce qu'il est plus facile d'user de son droit de véto que d'essuyer les larmes d'une mère anémiée dans un camp sahraoui.
Parce qu’il est plus important pour toutes les parties concernées de faire de la stratégie géopolitique  et de penser cyniquement qu’il n’est pas de problème qu’une absence de solution ou que le temps qui passe ne puisse finir par régler.
Parce que les responsables des parties concernées par un conflit devraient négocier jusqu’à aboutissement, entourés de leurs familles dans les conditions et lieux d’exil ou de guerre pour en comprendre l’inhumanité et trouver rapidement les solutions.

Parce que, petit garçon, tu ne pourras jamais demander : »Pourquoi ? » ; Moi qui aurait aimé te répondre « parce que… »
Parce qu’aux larmes de tes parents qui supplient « pourquoi ?», j’ai honte de répondre « parce que »…

Jean-François Debargue

30 juin 2012. Publié par APSO avec l'autorisation de l'auteur.

jeudi 26 avril 2012

Quelques droits de l’homme bafoués ne suffisent pas pour l’ONU !

"Et encore une fois pour rien"… se sont rencontrés le Polisario et le Maroc sous l’égide de Christopher Ross, envoyé spécial de Ban Ki-moon pour la résolution du conflit sur le Sahara Occidental. C’était en mars. Pas d’avancées.
"Et encore une fois pour rien "… les Sahraouis et leurs amis ont tenté de faire ajouter au mandat de la Minurso la surveillance des droits de l’Homme, en avril. Pas d’avancées.

La position de la France ne change honteusement pas pour bloquer prise en compte et la surveillance de la violence quotidienne subie pas les Sahraouis en territoires occupés. Et pourtant, dans son rapport au conseil de sécurité pour cette année, le très peu objectif Ban Ki-moon dénonce l’espionnage du travail de la Minurso, les signes extérieurs de sa corruption par les Marocains…

Il a oublié d’ajouter les emprisonnements abusifs et les tortures physiques et psychologiques.
23 Sahraouis prisonniers politiques sont enfermés dans la prison de Salé au Maroc des suites de la grande manifestation populaire de Gdaim Izik en octobre et novembre 2010. Ce sont des civils en attente depuis 1 an et demi de comparution devant un tribunal militaire qui ne sait que faire de cette charge dont il n'a pas la compétence juridique.

27 Sahraouis raflés après les agressions des colons marocains sur les Sahraouis en septembre 2011 ont été condamnés abusivement à 8, 10 ou 12 mois - 12 mois de prison pour le mineur du groupe -, ou sont toujours en attente de jugement. (voir Asvdh)

Il a oublié les violente répression contre les manifestations pacifiques qui se multiplient en territoires occupés. Malgré l’interdiction de s’exprimer, les slogans se précisent. Au-delà de la demande de respect de l'autodétermination, de la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques sahraouis, c'est aussi contre le vol des richesses de leur terre, et pour l'indépendance qu'éclatent au quotidien des manifestations dans les villes du Sahara Occidental occupé.

Il a oublié aussi la discrimination pour les Sahraouis n’est pas seulement l’interdiction d’exprimer son opinion, c’est aussi dans l’accès ou les conditions de travail, au logement ou à l’éducation.
A Casablanca, au moins 33 étudiants sahraouis ont manifesté dans l’université pendant plus de deux mois pour faire falloir leur bon droit à s’inscrire en Master, et pour demander des comptes sur le blocage dont ils faisaient l’objet. À situation identique les étudiants marocains n’avaient pas eu de problèmes pour s’inscrire. (voir http://www.youtube.com/zacaria1986)

Il a oublié que des pêcheurs sahraouis ont séquestré cette semaine un navire pour protester contre leur exclusion des emplois sur les gros navires. Ils dénoncent aussi la surexploitation des ressources halieutiques qui seront épuisées dans la mer sahraouie d’ici deux ans. (Voir info ASVDH)

Une manifestation pacifique a fait aujourd’hui 11 blessés dont 5 femmes. Deux jeunes ont été arrêtés. La coordination Gdaim Izik appelle à manifester tous les mardis et les jeudis dans deux lieux. Comment comprendre cette attaque violente des forces armées quelques jours après le refus international d’adjoindre au mandat de la Minurso la compétence d’observation des droits de l’homme ? (voir vidéo EM et info ASVDH)

Et la visite du roi annoncée pour samedi avec son cortège de décorum et de brimades sur le peuple sahraoui est-elle une autre provocation lancée à la face de l’ONU, lui renvoyant son incapacité à exercer des pressions pour le régime Marocain pour que cessent l’occupation brutale du Sahara Occidental et le pillage de sa terre et de sa mer ?

APSO, 26 avril 2012
Sources Apso Sahara, EM, ASVDH, Zacaria

jeudi 12 avril 2012

Réponse du candidat N. Dupont-Aignan sur le Sahara Occidental

Le 28 mars 2012, APSO et le réseau d’association française - APSO Avignon, APSO Lyon, APSO 35 Bretagne, Solensahr (Roussillon), OF2PS (Marseille), Solidmar 05, Arcadie (Aubagne), Cercle du livre progressiste (Givors), COmité MIdi-Pyrénées Pour le Sahara Occidental, Survie Midi-Pyrénées - adressaient aux candidats à la présidentielle un courrier concernant le Sahara Occidental. Le courrier posait aux candidats des questions précises sur leur position et projets pour la France dans cette question, et à court terme sur l’adjonction du mandat de l’observation des Droits de l’Homme à la Mission de l’ONU présente sur place (MINURSO).

À ce jour, nous avons reçu la réponse de M. Nicolas DUPONT-AIGNAN qui déclare argumentation à l’appui : « je suis favorable à l'autodétermination du Sahara Occidental par un référendum qui donnerait force de loi et qu'il conviendrait à l'ONU de faire respecter »


Voir ci-dessous les questions posées par APSO- réseau sud, extraites de la lettre, ainsi que la réponse complète de M. Nicolas DUPONT-AIGNAN.
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Nous voudrions savoir quelle sera votre action :
- Comme candidat, pour faire que le gouvernement français sortant ne bloque pas encore une fois le processus d'adjonction du mandat de surveillance des droits de l'homme par la MINURSO avec rapport immédiat au conseil de sécurité,
- Comme président de la France, - et si cela s'avère encore nécessaire - ferez-vous voter pour cette adjonction, ou non ?

Nous aimerions savoir :
- Ce que sera votre position et votre action générale en faveur de la résolution du conflit.
- Ce que vous pensez de la formule "solution mutuellement acceptable au conflit", sachant que d'un coté les sahraouis survivent en exil, ou sous la brutale occupation, et de l'autre le Maroc pille en tout infraction les ressources naturelles du Sahara Occidental qui ne lui appartiennent pas, pour le plus grand profit de ses dirigeants . Pouvez-vous nous expliquer cette formule si vous l’utilisez parce que nous ne la comprenons pas.

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Jeudi 5 avril 2012 18h39

Madame la Présidente,

J'ai bien reçu votre message concernant le Sahara occidental et je vous en remercie.

Permettez-moi de vous indiquer que je suis attaché à plusieurs principes en matière de relations internationales.

Le premier est le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes qui est pour moi le principe fondamental de mon action.

Le second est la non-ingérence dans les affaires internes des autres pays.

Le troisième est la résolution pacifique sous l'égide des Nations Unis des conflits ouverts.

A partir de ces principes, je suis favorable à l'autodétermination du Sahara Occidental par un référendum qui donnerait force de loi et qu'il conviendrait à l'ONU de faire respecter.

Tout en étant opposé à l'ingérence et aux pétitions de principe qui ne sont que des postures démagogiques, je m'engage à avoir une position équilibrée sur le sujet tout en restant clair sur les principes que j'ai défini précédemment.

Il convient de faire avancer le respect des droits de l'homme dans le monde et de promouvoir un véritable respect des populations dans tous les pays et ce, sans interventionnisme ni impérialisme, deux attitudes qui ne peuvent dans la plupart des cas que compliquer la résolution durable des problèmes.

Espérant avoir répondu à vos interrogations et vous remerciant de votre intérêt,

Bien Cordialement.

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Candidat à la présidence de la République
Député de l’Essonne – Maire d’Yerres


APSO, le 12 avril 2012

samedi 18 février 2012

L’autre côté du mur, projection à Lyon et Marseille

Soirée engagée le 10 février pour la projection de « L’autre côté du mur » aux écrans ouverts- projections mutines de la MJC du Vieux Lyon (Rhône), sous le titre générique « des minorités face aux pouvoirs de l’armée ». La discussion était menée par un membre d’APSO.
Etaient également projetés ce soir là « Regard à l’intérieur, la militarisation au Guerrero » de Carlos Pérez Rojas et « Belise in it, la lutte » de Laure Sizaire.
Après la projection de « l’autre côté du mur » devant la salle bien remplie, le public non averti de la question sahraouie a réagit spontanément pour dire son émotion, et sa stupéfaction de découvrir par ce biais un problème d’une telle ampleur.
Se positionnant en citoyens, les spectateurs ont souligné le rôle douteux de la France, notamment pour sa position notamment dans la question de l’accord de pêche UE-Maroc et du rôle de la Minurso au regard des Droits de l’Homme.
Ils ont souligné le silence des « grands » média français, questionnant leur complicité avec le pouvoir politique. Il a été question d’autre part d’actions militantes sur les murs du monde, dans lesquelles le mur du Sahara Occidental est passé sous silence.

La soirée de projection du 17 février à l’espace culturel de la Busserine, dans le 14ème arrondissement de Marseille, a réuni un public varié, dont des connaisseurs des campements de réfugiés, des habitants du quartier, des membres de diverses association de Marseille et d’Aubagne et du collectif PACA (Provence Alpes Côte d’Azur) d’élus locaux en soutien aux Sahraouis …
Une courte première partie a présenté des photos souvenirs prises par les élus locaux lors de leur visite aux campements de réfugiés sahraouis.
La projection de « l’autre côté du mur » a ému les spectateurs, et des femmes âgées sont sorties en larme de la salle avant la fin du film.
Salah Eddine Amaidan, sportif sahraoui de haut niveau a apporté son témoignage et ses connaissances dans la discussion qui a suivi le film.
Il a rappelé que 23 Sahraouis sont en prison sans jugement depuis plus de 15 mois et passible de la cour martiale bien que civils, pour avoir participé à la manifestation pacifique de Gdaim Izik fin 2010.
Lors de la discussion, les élus ont affirmé la nécessité d’une action commune d’interpellation des responsables politiques français sur le renouvellement du mandat de la Minurso et l’ajout de la surveillance des droits de l’homme dans les compétences de la mission.
Il a d’autre part été question des actions menées localement en direction des campements de réfugiés. Un élu a conclu sur l’importance de détacher la question sahraouie de l’émotion et de l’affect pour se concentrer sur le but essentiel du respect du droit légitime à l’autodétermination du peuple Sahraoui.

APSO, le 18 février 2012


Photos APSO.