dimanche 13 décembre 2020

A paraitre Apso Editions : La dernière poignée de sable - Ursula A

La dernière poignée de sable
Ursula A.

Le roi Mohammed VI fouilla un jour la salle du trésor du Maroc et trouva au milieu de toutes les richesses une petite lampe en or. Lorsqu’il l’effleura de sa main, un génie apparut et gronda d’une voix profonde : « Quel est ton vœu ? Dis-le moi et je l’exaucerai ! ». Le roi répondit sans réfléchir un instant, « génie, je voudrais que tu ramènes mon père Hassan II à la vie pour que je puisse une dernière fois le voir et lui demander conseil. » Le génie hocha lentement la tête : « impossible de ramener quelqu’un du pays des morts, seul Allah peut faire cela ». « Alors dans ce cas, ce que je souhaite le plus au monde est que le Sahara Occidental demeure éternellement marocain ! » Le génie le regarda en soupirant. « Très bien, attends-moi ici, je vais chercher ton père ! »

Au moment où Sam prend son poste d’ethnologue au sein de la Mission des Nations Unies, le meurtre de son meilleur ami vient tout changer. L’enquête anthropologique qu’il mène au Sahara Occidental est comme liée à ce crime. Une plongée dans la géopolitique, de Genève aux camps de réfugiés sahraouis en Algérie, jusque dans les étendues désertiques de la dernière colonie d’Afrique.

APSO 2020
280 pages - 12 euros
ISBN 978-2-9552413-4-9

A paraitre le 23 décembre 2020 

Pour commander, écrivez nous : apsolument[@]yahoo.fr ou apsoeditions[@]gmail.com 

Pour en Savoir plus sur nos parutions, RDV apsoeditions.wixsite.com/home

 

jeudi 19 novembre 2020

JfD. Protectorat et indépendance

Le royaume du Maroc est encore sous protectorat de la France. Sa dépendance s’est même étendue depuis quelques décennies à l’aide israélienne, notamment militaire et à l’aide des pays du golfe, notamment financière. Trahison puis allégeance n’étant pas incompatibles aux demandeurs d’une protection !*

Les anciennes colonies françaises ont combattu pour acquérir leur indépendance dans des guerres meurtrières. Les anciens protectorats n’ont pas été aussi loin dans leur lutte et sont restés plus ou moins attaché à leurs « protecteurs ». Ce protectorat de fait, mais jamais nommément cité, permet à la France de poursuivre sa politique « France-Afrique ».

Le pouvoir marocain se satisfait de cet état au point de proposer depuis des années aux « territoires du Sud » un plan d’autonomie sous autorité chérifienne, là encore une forme de protectorat, déclinaison du principe des poupées russes, qui a bien sûr l’aval de la France. Demeurer protecteur d’un protecteur permet de garder dans l’ombre une main paternaliste et dirigeante sur la situation.

C’est pourquoi les Sahraouis souhaitent un référendum d’autodétermination dont le résultat permettrait une réelle indépendance. Une indépendance proposée par l’ONU dans le cadre de la décolonisation. Il ne faut donc pas confondre plan d’autonomie marocain et référendum d’autodétermination proposé par l’ONU. En tant que membre permanent du conseil de sécurité la France devrait logiquement soutenir cette option onusienne. Elle tient en fait un double discours de confusion : Celui de soutenir le plan d’autonomie marocain et d’autre part de s’en remettre aux décisions de l’ONU, décisions qu’elle sape à la fois par un lobbying diplomatique et en s’opposant par veto ou abstention aux décisions du conseil de sécurité qui ne peuvent s’appliquer qu’à la majorité absolue.

L’interdépendance de tous les pays est aujourd’hui plus que jamais une réalité, la mondialisation l’atteste. L’absence de ressources ou le sacrifice de certaines d’entre elles dans le deal des accords internationaux met en place une dépendance économique dont les crises environnementales et sanitaires montrent les limites. Et la frontière reste ténue entre dépendance économique et dépendance géostratégique, voire politique.

Les ressources en matières premières du Sahara Occidental (Phosphate et pétrole off-shore), ses ressources halieutiques et agricoles, - dont le pillage condamné par la justice internationale continue malgré tout -, limite la dépendance marocaine en cas de plan d’autonomisation, pas en cas de référendum d’autodétermination favorable au peuple sahraoui. Le makhzen est tiraillé entre deux contradictions qui lui permettraient de demeurer une puissance, son expansionnisme délirant (l’ayant conduit à revendiquer la Mauritanie, une partie du Sénégal et de l’Algérie, le Sahara Occidental) et sa dépendance d’ancien protectorat.

L’objectif du pouvoir marocain était de passer d’un état de colonialisme occupant le territoire du Sahara Occidental condamné mais hypocritement admis par les instances internationales à un état de protectorat lui garantissant « le timbre et le drapeau » (dixit Hassan II), c’est-à-dire excluant toute réelle autonomie interne.

L’époque où le Maroc, comme le disait Hassan II, était dans une position confortable et n’était pas pressé : « Le Maroc n’est pas assis sur une baïonnette mais sur un rocking chair » (Hassan II) semble révolue.

Depuis des années le Maroc, soutenu par la France, fait obstruction au calendrier international du processus de décolonisation et « grignote » jusqu’aux accords qu’il a signés. La brèche de Guerguerat aura été, dix années après Gdeim Izik, l’ultime provocation d’une politique coloniale actuelle ou d’un protectorat souhaité de la part du Maroc.

La France ne retrouvera pas sa dignité, depuis longtemps perdue avec son image effacée de nation défendant les Droits Humains. On peut juste espérer qu’elle puisse enfin respecter le Droit.

En reprenant les armes, le peuple sahraoui continue d’affirmer son désir d’indépendance, sachant pour l’avoir déjà vécu dans sa chair à quels sacrifices il lui faudra consentir.

Jean-François Debargue
Le 18 novembre 2020

*Trahison d’Hassan II envers la ligue arabe permettant à Israël d’être prévenu de la guerre des 6 jours.



mercredi 4 novembre 2020

Crime de colonisation - Entreprises françaises et Sahara Occidental, Apso Editions

A paraitre le 11 novembre 2020

Crime de colonisation par peuplement 

Étude de cas sur les activités économiques des entreprises françaises au Sahara Occidental 

Antoine Quéré

 Phosphates, poissons, marchés publics, tourisme. 

Les ressources économiques du Sahara Occidental sont nombreuses et attirent les entreprises étrangères, dont les entreprises françaises. 

Mais le Sahara Occidental est un territoire au statut juridique particulier et le droit pénal français pourrait contrarier les stratégies de ces acteurs privés : l’article 461-26 du Code pénal réprime sévèrement le crime de colonisation par peuplement. Ce travail vise à définir si des entreprises transnationales françaises peuvent être coupables de ce crime. 

Une question préalable vise tout d'abord à déterminer si le juge français peut être "diplomate" ou s'il doit appliquer le droit sans détour. En effet, pour retenir le crime de colonisation par peuplement, il faut qualifier le Sahara Occidental de territoire occupé, et démontrer que cette occupation découle d’un conflit armé international. 

Si c’est le cas et si cette situation est notoire, cela participe aussi à qualifier en grande partie l’élément intellectuel ou moral de l’infraction : la conscience et la connaissance de l’occupation par les entreprises. 

Quant au défi de l’imputation du crime aux entreprises, il s’agit de montrer en quoi des activités d’entreprises françaises pourraient constituer matériellement une colonisation par peuplement ou une complicité de celle-ci. L'ultime problématique juridique est de mettre ce crime sur le compte des entreprises transnationales françaises, des groupes de sociétés sans responsabilité pénale unifiée.

96 pages - 8 euros - ISBN 978-2-9552413-3-2

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samedi 10 octobre 2020

Le PAM, prix Nobel de la Paix 2020 - Quelle paix ?

Bravo pour le Programme Alimentaire Mondial, lorsqu’il est d’urgence, pour sauver des vies, dans les premiers temps d’une catastrophe ou d’un conflit. 

Mais honte à ce programme, l’un des nombreux « parapluie » déployé par l’ONU, lorsqu’il est maintenu bien au-delà de l’urgence parce que l’ONU est incapable, dans ses missions locales de trouver une solution aux conflits. 

Des conflits ainsi « gelés » par l’immobilisme statutaire de l’ONU naît alors : « Le conflit d’intérêt ». Le PAM conçu pour l’urgence se met donc à satisfaire des besoins durables et génère à moyen et long terme, carences, déséquilibres, fragilités. C’est le cas dans les camps Sahraouis depuis plusieurs décennies. Peu à peu l’outil au départ humanitaire et altruiste devient sa propre finalité, égoïste et entrepreneuriale. Les charges de fonctionnement des « OGs » issues de l’ONU (Unesco pour la culture, l’Unicef pour l’enfance, Hcr pour les réfugiés, l’OMS pour la santé, la FAO pour l’alimentation et l’agriculture, … 17 en tout) sont parmi les plus importantes en proportion des ONGs. L’ONU n’a plus intérêt à ce que le problème disparaisse. 

Une mission comme la MINURSO (Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental) à laquelle chaque année depuis 1991 (30 ans en mars 2021 !) il est demandé de mettre en place un référendum d’autodétermination dans les 9 mois à venir échoue donc à accoucher chaque année depuis 3 décennies, pour le plus grand profit du PAM, du HCR, de l’Unicef, de l’OMS… Que deviendrait l’industrie du contre-poison sans le maintien du poison ? 

Aujourd’hui on ne meurt pas de faim dans les camps. On y meurt des conséquences du PAM (les principales maladies graves dans les camps sahraouis ont une origine alimentaire). On y meurt d’ennui et de désœuvrement, conséquence des échecs (volontairement ?) réitérés de la Minurso. 

 Le monde n’a pas besoin, par procuration, d’organismes internationaux déshumanisés pour incarner le prix Nobel. 

Il a besoin de se reconnaitre dans des personnes dans lesquelles s’identifier pour devenir meilleur. 

Jean-François Debargue, Le 9 octobre 2020  

Ps : dans le même temps en France, le préfet de Calais interdit aux associations de distribuer de la nourriture aux migrants qui ont faim. Nul doute que nos autorités vont féliciter le PAM. Cherchez l'erreur...

vendredi 13 décembre 2019

Le Maroc vu du ciel et ses mensonges, Yann Arthus Bertrand

Je proteste contre les mensonges énoncés dans le film de propagande" Le Maroc vu du ciel" 

Hier soir, 10 décembre journée qui célèbre les droits de l'Homme, j'ai revu l'émission "Le Maroc vu du ciel". Je l'avais vu en juillet 2017. Il m'en était resté certes le souvenir de belles images de ce pays attachant, moins beau vu du sol que du ciel. Mais surtout, j'en ai gardé une grande colère : Maroc et Sahara Occidental étaient filmés comme un seul et même pays "marocanisé " !

Les deux cartes, au début et à la fin du film, simples longues silhouettes blanches le long de l'Océan Atlantique complétant virtuellement cette illégale annexion. Le ton est donné. En admirateurs, auteur du film et commentateur en ont fait un instrument à la gloire du roi du Maroc, dernier colonisateur de la dernière colonie du continent africain.

Bien sûr les images de Yann Arthus Bertrand sont très belles et le texte enthousiaste d'Ali Badou  est poétique. C'est qu'il est magnifique, ce pays montré sans bidonvilles,  sans décharges sur lesquelles s'affairent ceux qui cherchent de quoi survivre,  et tant d'autres misères à ras de terre...

Un Maroc "de plein pied dans la modernité" si on fait abstraction des villages de l'Atlas où les conditions de vie n'ont guère évolué depuis le Moyen Age, et du niveau scolaire catastrophique en queue des classements d'acquisitions des élèves à travers le monde.

Le film ne pèche là que par omission.

Mais concernant la Marche verte de 1975 et l'annexion du Sahara Occidental par son voisin qui le convoitait pour ses richesses, le film devient un tissu de mensonges :

-  Il exalte  la Marche verte "pacifique" qui a été l'introduction à l'envahissement militaire de ce riche pays.

- L'Espagne, qui était le colonisateur du "Sahara espagnol" depuis la fin du XIXème siècle, s'en est retiré en 1975, par les accords tripartites de Madrid qui cèdent les deux tiers de cette terre au Maroc, et un tiers à la Mauritanie qui s'en retirera par la suite, occasion pour le Maroc de tout occuper du nord au sud. Donc dire que le Maroc a libéré les Sahraouis des Espagnols est un grossier mensonge !

- Cette grande marche verte civile n'a été pacifique que le temps d'amener les 350 000 porteurs de Corans, de portraits du roi  et de drapeaux rouges avec l'étoile verte,  sur la terre promise du Sahara, avant de les renvoyer.

- Ont suivi les chars, les avions et leurs bombardement au napalm, le génocide et la fuite d'une partie de la population sahraouie en Algérie où elle a pu s'établir dans la paix, non loin de la ville de Tindouf.  Ces Sahraouis y sont toujours, 43 ans plus tard.  Rien de tout cela dans ce film de propagande.

Pas de vue du ciel des villes des réfugiés dans le désert. Aucune image  du plus long mur militaire du monde qui protège ces acquisitions  illégales volées aux populations sahraouies, phosphates, poissons, agrumes .... 2700 kilomètres de mur seraient pourtant spectaculaires vus d'en haut !

Actuellement circule en France le film documentaire sur le Sahara Occidental "Fusils ou graffitis" qui montre le vrai visage d'un peuple qui a choisi d’être pacifique dans sa lutte depuis le traité de Paix avec le Maroc en 1991 , et dont les jeunes commencent à ne plus supporter le mépris, la discrimination, les tabassages, la torture banalisée, les crimes, le manque de métiers correspondant à leur formation et surtout l'éloignement de leur pays qu'ils n'ont jamais vu. Ils rêvent de prendre les armes pour chasser le colonisateur. Leurs sages aînés du Polisario cherchent à les en dissuader.

Après la première diffusion en 2017, France 2 a reçu des protestations contre ce trop beau film, et la chaîne n'en a pas tenu compte en rediffusant tel que le Maroc vu du ciel. Dommage !

France 2 se grandirait en réalisant un vrai documentaire, à partir d'une enquête sérieuse sur ce pays attachant, sans tenir compte de la position très officielle de la France qui,  sans doute, ne le soutiendrait pas.

Trop d'intérêts en jeu ?

Marie-Jo Fressard, Solidmar
le 11/12/2019
 

mardi 2 juillet 2019

Salek Laasairi, quelques minutes depuis le parloir

Salek Laasairi, Sahraoui, prisonnier politique du régime du Maroc et condamné à perpétuité, a réussi à joindre par téléphone un de ses amis en France.

2 minutes 57 secondes pour transmettre d'une voix sans sourire sa détresse, son soucis de tous ses amis, et puis une phrase suspendue pour glisser rapidement un  "à bientôt mon très cher ami…" avant de raccrocher précipitamment.

Salek a pu avoir brièvement accès au téléphone public du parloir parce qu'il est transféré à la prison de Marrakech pour passer son baccalauréat. Il est au "rattrapage" comme l'année dernière, et il a des épreuves jusqu'au 8 juillet. Ensuite il sera re-transféré à Safi, la prison où il est incarcéré depuis qu'il avait brusquement cessé de donner de ses nouvelles en février dernier. 

Il était alors à la prison de Ait Melloul où juste avant de disparaitre, il avait été sévèrement battu après avoir protesté lors de la visite de sa famille, contre l'expulsion de sa soeur avant qu'elle n'ait pu lui parler. Protestation, coups, cachot, transfert, privation de communication… sa grève de la faim pour protester encore.

A Safi, dans la prison Moul el Bergui connue comme une prison "punition", Salek est dans une cellule isolée dans le quartier sécurité. Il n'a le droit qu'à un quart d'heure de sortie dans la cour par jour, et 5 minutes d'accès au téléphone par semaine. Il les consacre à sa mère.

Il avait transmis par sa famille que les conditions y étaient très difficiles. Il a redit son isolement, sa solitude. Il dit "avoir la dépression" et demande qu'on le soutienne...

Pour lui écrire : 
Salek Laasairi - n°d'écrou 4037
Prison centrale Moul el Bergui
Safi
Maroc

Les articles précédents sur Salek : 
Salek a disparu (les nouvelles au 20 mars. Disparition depuis le 11 février)

Pour en savoir plus sur Salek (cliquez pour voir les textes) :
"Drole d'occupation pour une grand-mère, histoire de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit". Livre de MJ Fressard, Ed Apso. Chapitre Salek.

Lettre ouverte à Monsieur Tamek, Délégué général de l'administration des prisons au Maroc, prisonniers pour la justice 

mercredi 12 juin 2019

Salek, de ses nouvelles par la famille

Personne d'entre ses amis dans le monde n'a reçu de nouvelles directement de Salek Laasairi - Sahraoui prisonnier politique du Maroc - depuis sa disparition. Ni courrier ni appel téléphonique.

Ce que nous savons par la famille :
Salek est à la prison de Safi au Maroc (pour lui écrire, voir en dessous)
Il est très isolé, il ne connait personne et se méfie de tous
Il est très affecté par les coups des gardiens et la longue grève de la faim de protestation qu'il a menée après l'expulsion de sa famille lors de la visite de février et sa mise au cachot /et transfert (ce n'est pas la première grève de la faim, les séquelles s'accumulent avec le temps)
Il est maintenant très loin de la famille et de ce fait ne peut plus recevoir leur visite
La famille a écrit aux diverses administrations marocaines et n'a jamais reçu de réponse
Salek nous appelle à l'aide

Nous avons envoyé des petits paquets et courriers, nous ne savons pas encore s'ils sont arrivés jusqu'à lui.

Pour écrire à Salek les petits riens de nos vies et soucis d'humains en liberté
Salek Laasairi
n°d'écrou 4037
Prison centrale Moul el Bergui
Safi

Maroc

Chaque courrier est pour lui un réconfort, un soutien. Il aime savoir comment nous allons et ce que nous faisons, recevoir des photos, il aime les magasines de voyages/pays, les sciences (magasines pour enfants-ado), et il aime passionnément le foot (et surtout lire Sofoot). Il lit l'arabe, le français, et l'anglais.

Les articles précédents sur Salek : 
Salek a disparu (les nouvelles au 20 mars. Disparition depuis le 11 février)

Salek - il y a plus de 10 ans
Crédit photo Apso

dimanche 24 mars 2019

Disparition de Salek Laassairi, précisions


Disparition de Salek Laasairi, recherches Apso pour le localiser, savoir la raison de son silence et connaitre son état, les dernières précisions reçues sont les suivantes.

La mère et la soeur de Salek lui ont rendu visite le 2 février 2019. Alors que Salek protestait que le personnel pénitencier ne lui laissait pas le temps de parler avec sa soeur, la mère et la soeur ont été mise dehors.
La visite a duré moins de 10 minutes. La précédente était 11 mois plus tôt.
Le lendemain ou le jour suivant, des détenus ont prévenu la mère que Salek avait été puni de 45 jours de cachot.
C'est plusieurs semaines après que d'autres détenus ont dit à sa mère que Salek était au cachot à Safi.

La mère a contacté la prison dès début février, son interlocuteur a refusé de lui donner des informations sur Salek.
2 courriers envoyés par la famille à la Direction générale des prisons du Maroc sont à ce jour restés sans réponse.

Selon un décompte large, les 45 jours de cachot, isolement et interdiction de visite, aurait pris fin le mercredi 20 mars si le premier jour en était le 4 février, ou prendra fin le 26/27 mars si le premier jour était le 11 février.
Salek n'a cependant toujours pas donné de nouvelle de lui au moment de la publication de cet article.


Des amis de Salek en Espagne, France, Suisse, au Sahara Occidental ont tenté sans succès de joindre les prisons marocaines, et ont interrogé de façon épistolaire les autorités pénitentiaires marocaines... d'autres démarches, questions et alertes sont en cours.

Pour en Savoir plus sur Salek, reportez vous aux liens indiqués dans l'article précédent : http://ap-so.blogspot.com/2019/03/salek-laasairi-disparu.html


mercredi 20 mars 2019

Salek Laasairi a disparu

Salek Laasairi, Sahraoui, prisonnier politique condamné à perpétuité, enfermé à Ait Melloul au Maroc au dernier de ses contacts avec l'extérieur, a disparu.
Il est soutenu depuis des années par de nombreux amis, membres ou proches d'Apso, qui sont très inquiets de son silence.

Après un appel à information, voila au 19 mars 2019, ce qui est connu.
Les dernières nouvelles de Salek datent du 11 février 2019, il a téléphoné à sa famille depuis la cabine publique du parloir de la prison de Ait Melloul. Quelques secondes. Ensuite il a disparu, pas d'appel à sa famille, ni à ses amis. Depuis plusieurs mois ce sont les lundis qu'il avait droit à quelques secondes de communication par appel.

Aux alentours du 10 mars, un de ses codétenus a contacté la mère de Salek. Selon ces informations indirectes, Salek aurait été transféré à la prison de Safi au Maroc, une prison réputée de "punition", et il serait au cachot, en mauvais état.

Cachot au Maroc et pour les Sahraouis, veut dire isolement dans une cellule sale et insalubre, souvent violence et humiliation, tortures, et souvent aussi grève de la faim de protestation en réponse.
Safi est a plus de 600 km de la ville où vit sa mère, qui a beaucoup de difficulté à voyager (grande précarité). 

Toute action est bonne pour trouver des nouvelles de Salek, tant qu'il ne le peut, lui, en direct.
Il faut inventer ! vous êtes ses amis, ses parrains, ses soutiens.

Quelques idées en vrac : contact et questions à l'ambassade marocaine en France ou ailleurs, à la prison de Ait Melloul, de Safi, aux autorités pénitentiaires marocaines, informations aux ONG internationales de défense des droit de l'homme (Amnesty, HRW...), infos et questions au CICR, au représentant spécial de l'Onu pour le Sahara Occidental (Horst Köhler), à la Minurso… 

Pour Safi, voila ce que donne le net : Centre Moul el Berqui, Etablissement pénitentiaire, SAFI -  telephone : +212 5 24 64 26 58 (tel fix)


Pour en savoir plus sur Salek (cliquez pour voir les textes) :
Destin brisé, double peine 
EM : Interdiction de visite, violence et humiliation pour la famille de Salek Laasiri 
"Drole d'occupation pour une grand-mère, histoire de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit". Livre de MJ Fressard, Ed Apso. Chapitre Salek.
Apso répond à Milena Rampoldi pour ProMosaik 
EM : 38 jours sans manger pour protester contre la violence carcérale marocaine 
Lettre ouverte à Monsieur Tamek, Délégué général de l'administration des prisons au Maroc, prisonniers pour la justice 

Par FB
25 juillet 2016· Salek Laasairi, prisonnier politique sahraoui, a tenu à ce que nous partagions son affliction après l'attentat de NIce, sa condamnation de cet acte, et ses condoléances aux familles, proches et amis des victimes, aux français...

13 octobre 2016· Pas de nouvelles de Salek Laasairi depuis quelques semaines. Il semble qu'il est au cachot. Nous cherchons des confirmations, infos, précisions. Salek est sahraoui, prisonnier politique incarcéré à Ait Melloul au Maroc.

31 décembre 2016· Des amis de Salek Laasairi - Sahrao ui prisonnier politique, incarcéré pour perpétuité dans la prison de Kénitra - lui ont envoyé, notamment une tablette de chocolat... douceur de noël. Le chocolat a été remis à Salek sans l'emballage par des gardiens qui lui ont dit qu'aprè s cela ce genre d'envoi était interdit (donc serait confisqué) . Le perfectionnisme dans la torture est infini... 
que la nouvelle année vous soit douce !


La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines. 
Extrait de déclaration : "les prisonniers sahraouis au prison Ait Melloul vivent dans une situation catastrophique, résultat de traitements inhumains de la part de l'administration pénitentiaire, où ils sont exposés presque tous les jours à toutes sortes de tortures et d'insultes psychologiques et physiques, d'abus verbal, d’inspection illégale, de racisme et l'incitation des prisonniers de droit commun contre eux par certains membres du personnel pénitencier, en particulier le directeur de la prison le nommé Elkabir Essoufi et part le responsable chargé de la prison Ahmed Momani, dont les derniers victimes sont les détenus politiques sahraouis "Salek Laassairi, et Mohammed Ali Bassraoui" le premier a été mis dans une cellule solitaire (cachot) et le second a été battu et nargué par un prisonnier de droit commun, lequel lui a causé un dommage très grave au niveau de l’œil gauche, comme a pu rapporté l'Association pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines."

jeudi 27 décembre 2018

Occupation : acceptation ou résistance. 2ème partie, acceptation

Le texte suivant est une partie d'un diptyque qui propose de suivre le destin de deux Sahraouis dont les chemins se sont croisés dans les mêmes lieux aux mêmes périodes : au campement de El Aaiun occupée en 1991, année du cessez-le-feu. Par leurs choix opposés, acceptation ou résistance, ils illustrent ce que l’histoire a malmené les hommes, quand rien n’est simple et que le prix à payer est lourd.
Ci-dessous, Mohamed Ardoun accepte pour survivre, et en meurt ignoré et méprisé des autorités d'occupation. Mohamed Mayara refuse pour survivre à la mort de son père, de sa sœur, et que leurs mémoires ne soient pas effacées... Cliquez ici pour lire le texte.
Le diptyque a été publié dans Informations et Commentaires, le développement en questions, septembre 2016
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Témoignage des sœurs de Mohamed Ardoun, citoyen sahraoui, décédé à l’hôpital de Casablanca le 26 décembre 2011.

C’était en marge d’une manifestation à El Aaiun occupée, le 6 janvier 2012. Des Sahraouis dont de nombreuses femmes, revendiquaient le respect de leurs droits, criaient contre les discriminations. Présent dans des locaux proches de la manifestation, un membre d’Apso avait rencontré les sœurs de Mohamed Ardoun. Elles étaient entrées se reposer, Mahjouba blessée au pied et très enceinte, Jamila la soutenant… Elles avaient tenu à témoigner, et Mahjouba avait raconté dans un français hésitant mais très correct, l’inconcevable, la disparition de leur frère annoncé mort, mais pour lequel la famille n’avait ni vu le corps ni d’information sur l’endroit de son enterrement.

Les « moukhayemat* de Hassan 2 » sont les habitants des campements déplacés à partir de 1991 de la zone sahraouie du sud du Maroc vers le Sahara Occidental pour grossir le corps électoral « du roi », soient les Sahraouis qui lors de la consultation référendaire voteraient "non" à l’indépendance du Sahara Occidental, en échange de promesse de conditions socio-économiques améliorées. Le référendum d’autodétermination est la condition de la conclusion de l’accord de cessez-le-feu entre Maroc et Polisario en 1991. Il n’a toujours pas eu lieu.
Pendant presque deux décennies, des Sahraouis ont vécu à l’entrée de la ville d’El Aaiun dans ces campements aux allures de bidonvilles, encadrés par des « distributeurs d’alimentation » chargés de veiller à ce que tous aillent sagement acclamer le roi à chacune de ses venues. Les termes marocains officiels sont « les campements de l’unité ». L’unité nationale ou intégrité nationale, est la périphrase destinée à nier l’existence du Sahara Occidental comme pays, occultant l’occupation et le mur, les mines et la guerre…

Mohamed Ardoun est né en 1964, il était au moment de sa mort, marié et avait deux enfants. Il était l’aîné d’une fratrie de 12 enfants. Son père avait eu 2 femmes.
Il était marchand de produits alimentaires dans une petite boutique et distributeur occasionnel de l’aide alimentaire donnée par le makhzen* aux « moukhayemat de Hassan 2 ». La famille habitait en 2011 à El Aaiun le quartier du 25 mars, dit « les blanet » (les plans), bloc X.

La famille est originaire de Guelmim, au sud du Maroc. Elle était très pauvre. Tous les membres en ont été déplacés pour habiter sous les tentes à El Aaiun à partir de 1991. Le père est venu en premier en 1991, poussé par la peur et la pression, puis Mohamed la même année, puis le reste de la famille 5 ans plus tard.
Mahjouba explique que le roi Hassan 2 voulait garder le Sahara donc il donnait de l’aide alimentaire pour les plus pauvres qui acceptaient de se déplacer. La condition était de voter pour le Maroc au référendum sur l’autodétermination du Sahara Occidental. Elle ajoute comme en aparté qu’il était fou (le roi), jamais ils n’auraient voté pour lui, et jamais ils ne le feront.

Mohamed, bénéficiaire de la carte de promotion nationale alors qu’il était à Guelmim en avait perdu le bénéfice en arrivant à El Aaiun sans avoir jamais reçu d’explication. Il protestait auprès du Pacha chaque fois qu’il arrivait à le voir. La carte de promotion nationale est la matérialisation d’une allocation minimale et précaire de subsistance versée par le gouvernement marocain à certains Sahraouis. Le Walli peut décider à son bon vouloir de la supprimer.

Mohamed travaillait comme agent marocain d’encadrement des moukhayemat et de distributeur alimentaire, en échange de l’alimentation qu’il recevait. Il protestait sur des aspects économiques pour sortir de la misère, et n’a jamais exprimé de position politique ou militante quelconque.

En 2008, le roi donne « des plans » aux moukhayemat. « Le roi donne un terrain, les plans d’une maison, et 3 millions. 1,5 million en argent, 1,5 million en matériaux de construction soit du ciment, des briques, des tiges de fer... » (3 millions = 30 000 dirham = env 3000 euros)

Mohamed refuse le « plan ». Il demande une maison finie dans laquelle vivre correctement, comme condition à quitter la tente.
Il est sévèrement battu par le makhzen pour cela, en conséquence de quoi il passe 5 jours dans le coma à l’hôpital Ben El Mehdi, puis un mois à l’hôpital Hassan 2, les hôpitaux respectivement urgence/court séjour et plus long séjour, de El Aaiun.

Le rapport de force le contraint à accepter le « plan ». Cela persuade aussi son père et sa belle mère qui cèdent à leur tour. Mohamed construit sa maison avec le plan qui lui est imposé, du style et couleur des constructions de Marrakech, et les matériaux qui lui sont remis.

En 2009 après le départ du préposé, il remplace le distributeur de l’aide alimentaire donnée aux moukhayemat (thé, couscous, riz, pâtes, lait en poudre, sucre, sardine en boite, fromage…).
Les conditions qui lui sont réservées ainsi qu’aux membres de sa tribu, les Azouafit ne sont pas satisfaisantes selon lui et il « défend les droits de chacun à une vie meilleure ». Il continue d’autre part à défendre son dossier individuel de revendication, mais le Pacha refuse d’en transmettre le contenu au Wali, et Mohamed ne parvient pas à obtenir un rendez vous directement auprès de ce Wali. Suite à une précédente promesse de ce dernier, il souhaitait être Cheikh, c'est-à-dire fonctionnaire au grade le plus bas de l’échelle du ministère de l’intérieur, connaisseur de la population et chargé de faire des rapports oraux sur chacun au Caïd, dont il l’est l’assistant. (Les Sahraouis appelle en général les Cheikh les mouchards)

Le 23 novembre 2011, il est convoqué à la willaya avec les autres membres de la tribu à propos de l’organisation des élections. C'est-à-dire comment il faut dire aux gens de voter. Il part avec son dossier, décidé à profiter de l’occasion pour exposer son problème. Il est accompagné d’un ami proche, Kamour.

Le Pacha refuse à nouveau d’entendre et de transmettre le dossier. Mohamed s’énerve, et la conversation se poursuit avec le Pacha sur le toit de la willaya. Mohamed veut mettre la pression et menacer. Le Pacha dit que ce n’est pas son affaire. Il y a confrontation physique entre le Pacha et Mohamed qui a une bouteille d’essence avec lui. La bouteille explose. Mohamed est aspergé d’essence.
Selon Mohamed, le Pacha met le feu. Mohamed tente d’éteindre le feu avec ses mains (d’où les brûlures au 3ème degré sur ses avants bras).
Le pacha est brûlé aux mains quand il repousse Mohamed. Les agents du makhzen interviennent pour aider le Pacha et faire des photos de ses mains. La version officielle dit qu’il a voulu sauver Mohamed.

Mohamed est conduit à l’hôpital Ben El Mehdi par le Makhzen. Il est brûlé sur tout le corps sauf les pieds. L’ami qui accompagnait Mohamed est enfermé dans la willaya. Il parvient à casser une fenêtre pour alerter des passants, qui informent la famille que Mohamed a été conduit à l’hôpital.
Suite aux pressions et intimidations du Makhzen, cet ami refuse ensuite de raconter à la famille ce qui s’est passé à la willaya.

Il faut 1h30 à la famille pour localiser enfin Mohamed, qu’ils ne sont autorisés par le makhzen qu’à entr’apercevoir quelques secondes à l’hôpital. Les docteurs disent qu’il faut « stériliser Mohamed », mais à voir l’hôpital qui est plein de bactéries, l’argument est plus que douteux.
Alors que la famille attend Mohamed devant la porte de l’hôpital où stationne une ambulance, il est évacué par derrière. Ce n’est que plus d’une heure après son départ que le docteur vient dire à la famille que Mohamed a été transféré vers Agadir. Lorsque la famille arrive à l’hôpital d’Agadir le lendemain, elle apprend que Mohamed a été transféré à l’hôpital Morizgo à Casablanca.

La femme de Mohamed, un frère, Mahjouba, Jamiila et le père de Mohamed font le voyage.
A Casablanca, Mahjouba se casse le pied, elle effectue néanmoins des visites régulières à son frère. Mohamed guérit bien, il parle. Il explique à sa sœur les conditions de la brûlure, et affirme qu’il n’avait aucune intention de se suicider mais que son but était de faire pression sur le Pacha pour qu’il transmette son dossier au Walli.

Les docteurs l’informent qu’ils vont pratiquer une greffe de chair pour ses avant bras, où il n’y a plus que les os. L’opération est fixée au 26 décembre. La veille au soir, selon sa femme qui est avec lui, Mohamed mange bien, il plaisante, joue…
Le matin à 7h quand la femme apporte le petit déjeuner de Mohamed, le médecin l’arrête et l’informe du décès de son mari.
L’information est donnée à la famille à El Aaiun. Un membre de l’AMDH, M. Charqaoui, qui avait soutenu les démarches de la famille le premier jour, puis n’était ensuite plus intervenu, propose d’aider le frère pour aller à Casablanca où le makhzen l’a appelé à venir reconnaître le corps.
Puis le makhzen change d’avis et c’est la belle sœur de Mohamed (la soeur de la femme) qui se déplace à Casablanca. A partir de ce moment la famille n’a plus d’information. Les parents et frères et soeurs n’ont pas vu le corps, ni le certificat de décès et ne savent pas où Mohamed est enterré.

La femme de Mohamed ne répond pas au téléphone, pas plus que le Charqaoui, qui n’est pas à El Aaiun actuellement mais à Rabat. La famille soupçonne de la corruption et de la pression sur la femme et la belle sœur pour qu’elles se taisent, sans savoir ce qu’il y aurait à cacher.

La famille de Mohamed veut savoir la vérité sur la responsabilité de la mise à feu, sur le sort de Mohamed, vivant ou mort, sur les causes du décès éventuel et les responsabilités engagées, sur l’emplacement de la tombe si Mohamed est décédé, et demande qu’une enquête sérieuse et impartiale soit faite, et que les responsables d’actes répréhensibles soient punis par la loi pour ce qu’ils ont fait.

C’était en janvier 2012.

Septembre 2016.
Mahjouba est maintenant divorcée, elle a deux enfants. Elle travaille quelques heures par semaine comme professeur de français et gagne 1500 dirhams par mois (150 euros), ce dont elle est fière. Elle vit avec ses enfants et ses vieux parents, 3 de ses sœurs et 2 de ses frères dans une petite maison, bloc Y des « blanet » (les plans). C’est une famille qui est toujours très pauvre et continue à recevoir 3 fois par mois l’alimentation gratuite due par le gouvernement marocain à tous ceux qui ont été inscrits dans « les campements ».

Les autorités disent que le corps de Mohamed est enterré dans le cimetière Khat Errahma à El Aaiun, banlieue sud. Mais la famille n’a aucun moyen d’identifier la tombe. Elle n’a reçu aucun document administratif ni médical.
La famille est brouillée avec la femme de Mohamed qui habite toujours au bloc X. Ils lui reprochent d’avoir accepté une carte de promotion nationale alors que les autorités ont enterré sont mari en cachette et contre la volonté de la famille. Les 2 enfants ont maintenant 8 et 17 ans.
L’ami Kamour n’a jamais rien expliqué, et il a disparu depuis 2011. Il a changé de ville.

Mahjouba répète avec désolation que la misère empêche toute résistance.

Le 29 septembre 2016. Mahjouba, Jamila et les Apso.

* Moukhaiyat, de khaima = la tente.
* Le Makhzen est, dans le langage courant et familier au Maroc, l'État marocain et les institutions régaliennes marocaines. Le mot veut dire le magasin.