jeudi 8 janvier 2015

Charlie, quand on n'a que l'amour... contre la haine

Nous sommes de farouches libres penseurs, écrivains et créateurs, analystes et critiques... résistants enchainés à la liberté pour sa défense, engagés sur le chemin escarpé du soutien de la liberté du peuple sahraoui.
Le massacre d'hier contre Charlie Hebdo nous choque, attriste et révolte profondément.
Nous restons debout mais le coeur en berne.
Les APSO
Quand on n'a que l'amour, J. Brel
Quand on n'a que l'amour
A s'offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu'est notre grand amour
Quand on n'a que l'amour
Mon amour toi et moi
Pour qu'éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour
Quand on n'a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours
Quand on n'a que l'amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs
Quand on n'a que l'amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours
Quand on n'a que l'amour
Pour habiller matin Pauvres et malandrins
De manteaux de velours

Quand on n'a que l'amour
A s'offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour 
Quand on n'a que l'amour
A offrir à ceux là
Dont l'unique combat
Est de chercher le jour
Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour
Quand on n'a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre en tambour
Alors sans avoir rien
Que la force d'aimer
Nous aurons dans nos mains
Amis le monde entier

dimanche 30 novembre 2014

À qui profitent les ragots ?

On a lu dans les médias sportifs français que l'athlète Laila Traby avait été constatée positive lors d'un contrôle antidopage effectué sur son lieu de stage, Font Romeu. Or à lire mieux, à chercher quelques infos, il y a à douter du discernement des journalistes qui ont écrit cela et des médias qui l'ont repris en choeur.

Que la sportive ait été en stage, et qu'il y ait eu contrôle, quoi de plus normal, et c'est aisé de l'écrire. C'est pourtant juste étonnant que cela ait été relevé pour celle-ci et non pour tous les autres contrôles effectués au quotidien par l'agence anti-dopage...

Mais ensuite affirmer la présence constatée d'EPO dans les analyses de la sportive, en laissant supposer en gros titre cela illégal, et de plus sur la base de révélations "d'un proche", pourrait manquer d'acuité quand la sportive fait silence en l’attente de ces mêmes résultats.

D’autre part, et juste pour une mise au point populaire, les sportifs s'entraînent en altitude pour la recherche du phénomène physiologique naturel qui leur permet d'augmenter l'oxygène disponible pour leurs muscles quand ils redescendent aux altitudes des compétitions. En effet, la baisse de la teneur en oxygène de l’air crée un manque d’oxygène (hypoxie) qui va induire au niveau du rein la sécrétion d’une hormone (l’érythropoïétine ou EPO) qui stimulera la fabrication par la moelle osseuse d’une plus grande quantité de globules rouges (érythrocytes) afin de compenser le manque d’O2 apporté aux tissus. L'effet recherché par les sportifs est de pouvoir fournir plus d’oxygène aux muscles lorsque l’organisme redescend à l’altitude habituelle. La technique est bien connue. (En lire plus ici)

Pour continuer…
Alors qu'elle est très discrète sur le sujet, il est public que Laila Traby est d'origine du Sahara Occidental (et non du Maroc). Pour qui fait une rapide recherche, se profile alors tout ce que cette origine sahraouie peut éclairer l'appréhension des événements récents. Les journalistes ont peut-être souffert du syndrome de la hâte du scoop...
Laila ne fait pas de politique, elle a 35 ans et deux enfants, et ne cache pas les efforts qu'elle fait pour être au niveau excellent qui est le sien. C'est une grande sportive depuis toujours, mais nous ne la connaissons ici que depuis sa naturalisation française. Cette nouvelle nationalité, celle de ses enfants, lui permet de faire valoir ses résultats et d'être à la place où la mettent ses efforts. Sahraouie dans l'équipe marocaine, soeur d'un sportif militant pour l'indépendance de son pays, la dernière colonie d'Afrique, quelques secondes égarées et autres déconvenues l'ont privée longtemps des compétitions dues à son niveau.

C’est de notoriété aussi que le très puissant réseau d'influence du roi du Maroc, pays colonisateur d'une partie du Sahara Occidental fait systématiquement en sorte que la question coloniale reste la plus méconnue possible, quitte à éliminer toutes les risques d'aspérités que l'information pourraient créer d'une façon ou d'une autre. Le récit des coulisses de la participation de l'équipe nationale sahraouie à la coupe du monde de football Non Fifa au Kurdistan est un exemple des manœuvres marocaines. Les agressions physiques d'artistes ou athlètes sahraouis en est une autre

Alors on interroge le fait que les gendarmes aient accompagné les contrôleurs anti-dopage cette aube en question, et que seule Laila Traby était visée. On aurait aimé qu'apparaisse dans les articles de la presse spécialisée de la matière nécessaire à se faire une opinion sur ce qui se passe, et qui atteint profondément une sportive, une femme intègre.
Par exemple qu'elle partageait l'appartement avec 3 sportifs d'origine marocaine, naturalisé ou sans papier. Et que deux des gars sont partis quelques jours avant l'arrivée des contrôleurs et gendarmes quand le troisième a sauté par la fenêtre pour fuir à la vue des visiteurs matinaux, sans que cela n'intéresse ces derniers.
D'autres éléments négligés encore ? Des contrôleurs accompagnés de la gendarmerie qui a perquisitionné, ce n’est pas habituel. De même, des agents qui n’attendent pas la présence de la traductrice promise pour que la sportive signe les documents en connaissance de cause - son niveau de français ne lui permettant pas de comprendre les écrits présentés - qui constatent que la sportive ne veut pas signer, et sans attendre plus, partent et enclenchent une procédure de garde-à-vue. Et puis peu mention de la localisation des produits stimulants : dans le frigidaire de l'espace commun à ces 4 sportifs, et pas du tout dans la chambre de la sportive, mais elle seule incriminée.

Les premières bribes d’éléments appelaient à elles seules à prudence et retenue…

Alors à qui profitent les propos hâtifs des journalistes quand la sportive s'entraînait pour les qualifications des championnats d'Europe de cross, et que de telles manoeuvres et publications l'ont profondément éprouvée ?

APSO, le 28 novembre 2014

Sur les derniers résultats de la sportive (championnat de France et d’Europe), voir :

jeudi 13 novembre 2014

Sahara Marathon 2015, à vos marques !

Les inscriptions sont ouvertes pour la quinzième édition du Sahara Marathon, 4 courses de solidarité avec le peuple Sahraoui. 
 

Soyez sur la ligne de départ le lundi 23 février 2015.

Les distances proposées sont au choix le marathon – 42km195, le semi - 21km, ou les 10km ou 5km.
Les courses ont lieu dans les campements de réfugiés sahraouis, près de Tindouf, dans le désert du sud-ouest algérien. Elles relient symboliquement les villes des campements et se déroulent pendant la semaine de la fête nationale.

Cette compétition internationale permet d’allier sportivité, solidarité, et découverte, dans un cadre inimaginable, une température très agréable. Épreuve sportive et partage solidaire sont au programme de la semaine passée aux côtés des réfugiés sahraouis, au coeur de leur extraordinaire hospitalité.

Pour les résultats et classements des années précédentes, des photos et vidéo RDV sur www.saharamarathon.org. Les détails techniques des courses et la carte des parcours sont ci-dessous. 
En 2014 la France s'est illustrée sur le 10km par la performance de Anne Trincal, arrivée première des femmes en 55'16. Chez les hommes, Harrys Dutheil est arrivé troisième en 38'59. À la première place l'athlète sahraoui Saleh Hmatou Ameidan, réfugiés politique en France avait fini en 34'37.

Les dates du séjour 2015 sont à définir selon les vols proposés depuis l’aéroport le plus proche de chez vous jusque Tindouf, sa durée de 5/6 jours.
Le prix du séjour est de 200 euros.
Cela comprend : inscription à la course, hébergement (gîte et couvert chez l'habitant), visites, participation au projet sportif solidaire défini par les sahraouis pour soutenir leurs sportifs.
Ce prix ne compte pas l’adhésion, ni les frais de voyage (-> l'AR France/Alger et Alger/Tindouf + visa)
Les documents de voyage nécessaires sont un passeport encore valide 6 mois, et un visa pour l'Algérie. (Nous contacter pour le visa)
 
Cet événement sportif et solidaire international est aussi l’occasion pour les organisations sportives de faire parvenir leurs dons et soutiens aux clubs ou équipes de sports scolaires des campements de réfugiés. Les organisations intéressées sont invitées à se mettre en contact par mail avec la coordination française.

Renseignements et inscriptions : marathondusahara @ free.fr ou apsolument @ yahoo.fr

APSO, le 13 novembre 2014


Informations techniques sur la course : (source http://www.saharamarathon.org/races/information)
Le marathon est l'événement du jour, mais les autres courses plus courtes se tiennent le même jour et l'arrivée est pour tout le monde dans le camp de Smara.

Les courses (voyez sur la carte) :
Marathon 42 km - El Ayoun - Auserd - Smara
Semi Marathon 21 km - Auserd - Smara
10km - Farmacia - Smara
5km - Paco - Smara

Les participants sont transportés au départ de chaque course. Les parcours sont marqués par des tas de pierres, des drapeaux et autres marqueurs temporaires. Le terrain est surtout de terre, de sable compacts et de cailloux avec quelques zones de sable mou.

Le marathon est en grande partie sur du plat en dehors d'une série de faibles dénivelés positifs entre les 20 et 30ème km. Des stations d'eau seront en place tous les trois kilomètres et des véhicules 4x4 suivront la course pour fournir une assistance si nécessaire.

À partir de cette année, vous ne trouverez plus de bouteilles en plastique aux stations d'eau, mais des verres et réservoirs en matériau biodégradable, remplis d’eau minérale.
Vous pourrez boire et remplir votre propre bouteille d'eau ou camel bag.

Le Croissant-Rouge international et l'organisation du Sahara Marathon fourniront un appui médical à plusieurs endroits le long du parcours et des véhicules 4x4 fourniront une assistance mobile si nécessaire.

Nous vous recommandons que ne pas oublier vos lunettes de soleil, chapeau ou foulard pour vous protéger contre le soleil, le sable et le vent.



dimanche 17 août 2014

Les Sahraouis en 2018


Nous sommes en 2018, les Sahraouis sont indépendants sur leur terre. Le Sahara Occidental n’est plus la dernière colonie d’Afrique.
La joie des retrouvailles entre les familles a tari les larmes de décennies de souffrances. Le deuil des disparus peut se faire après les révélations par les autorités marocaines de l’emplacement des charniers, et leurs fouilles minutieuses.
Les institutions fantômes mises en place par le Maroc sur le territoire ont été remplacées. Les nouvelles sont constituées a minima, les fonctions ajoutées à mesure de leurs nécessités. La justice fait son travail avec impartialité. Les Sahraouis emprisonnés par le Maroc sont rejugés. La prison noire est démolie, à sa place une sculpture symbolise ce que les Sahraouis y ont subi de violence et cruauté.
Les jeunes entrepreneurs sahraouis ont déplacé leurs activités depuis les campements, ils améliorent les  réseaux et partenariats avec les entreprises sahraouies déjà implantées et qui ont pu se développer les années précédentes.
Le peuple a décidé de l’exception de la production sahraouie, les frontières sont fermées à l’importation de tout ce qui se peut produire sur place. Les accords de pêche proposés par la Russie et l’Europe ont été refusés. L’écosystème marin ayant été ravagé par la surpêche et les pratiques interdites des années d’occupation, la République sahraouie a déclaré sa ZEE fermée à toute pêche étrangère jusqu’à nouvelles analyses prouvant des stocks excédentaires.
L’écologie au sens sahraoui est au centre du fonctionnement de la société, la faune et la flore décimée ont été réintroduites avec succès. Le peuple s’est prononcé pour l’exclusivité de la consommation énergétique verte, produite dans le pays. Cela fonctionne au niveau domestique comme au niveau économique et entrepreneurial. Un tourisme éthique, l’apport d’aide en main d’œuvre solidaire s’est développé …
De nombreux Marocains sont remontés dans leur pays au nord. Ceux qui sont restés ont pris la double nationalité Sahraouie-marocaine. Les anciens militaires marocains, longtemps prisonniers du Polisario, ignorés et malmenés par le régime marocain à leur retour, ont pour beaucoup trouvé une place dans la société sahraouie.
Une architecture sahraouie est née, les habitats coloniaux abandonnés sont rasés. Les déchets ciments et bétons sont un problème. Les équipes de recherche sur leur recyclage ont trouvé des solutions, la mise en œuvre est lancée, il faut l’améliorer.
Des dépôts de détritus et pollutions industrielles et chimiques à ciel ouvert découverts aux alentours des villes ou déversés dans les oueds sont à l’étude pour une dépollution complète et durable. Le problème est grave et a eu des conséquences sur la santé qu’il faut traiter. C’est une discipline médicale nouvelle qu’il a fallu introduire. D’autre part, le diabète, l’insuffisance rénale, les maladies de Parkinson et Alzheimer font l’objet de politiques de santé publique, alliant recherche, soin et prévention. Les soins psychologiques se développent et sont accessibles à toute la population. Les années d’occupation et d’exil ont laissé des traumatismes profonds.
Les fermes de production agricoles de Dakhla, ex-propriétés du Roi, des entreprises  françaises Idyl et Azura ont été nationalisées et leur étendue réduite de 90%. Leur surface permet actuellement une production adaptée aux besoins de la population du pays. La consommation d’eau y a été optimisée, les produits chimiques bannis.
Les travailleurs du phosphate à Boucraa ont retrouvé leurs postes, et les retraités leurs pensions. Le nouveau directeur et les cadres ont décidé du renforcement des mesures de protection des travailleurs, et commandité une étude d’impact sur les effets environnementaux de l’extraction et acheminement dans sa forme coloniale.
La démolition du mur et le déminage sont en cours. Les aménagements ont redonné à l’oued Saguia El Hamra, et aux autres oueds le libre cours de leur écoulement et de leur fonction.
Les militaires sahraouis fidèles à leurs réputations de rudesse ont éliminé efficacement tous trafics (carburant, cigarette, drogue, immigration clandestine) du Sahara Occidental.
           
Ce qu’il s’est passé ?
Les évaluations et constats étaient négatifs et pessimistes. La gestion des campements de réfugiés jugée non satisfaisante.
Sur la proposition de Echo, bailleur européen des crises d’urgences oubliées, la distribution de l’aide alimentaire s’est simplifiée. Supprimant les intermédiaires, le montant alloué aux familles est versé directement sur les comptes des mères sahraouies. La qualité de l’alimentation s’est améliorée avec la possibilité d’exigence sur les fournisseurs, un système collatéral de profit a été démantelé. 
Conséquence de cette mesure, la création de la banque sahraouie a entraîné un profond changement dans la société et modifié la perception de l’argent et du temps.
L’État providence a été abandonné, les institutions refondues. Les citoyens ont décrété une année d’« effort collectif pour la solution » et chacun a fait sa part dans le monde entier. La grande confusion initiale des idées et actions dans tous les domaines s’est progressivement organisée en une grande force démocratique.
Dans le territoire occupé du Sahara Occidental, de façon concomitante l’américain  Kosmos Energy a trouvé du pétrole, la Française Total aussi. Une ruée a suivi dans le désordre et les morts, un grand choc pour la société sahraouie, mais aussi pour le peuple marocain voisin.
Les Sahraouis ont refusé d’être satisfaits de chaque décision de l’Onu et rejeté tout nouveau plan. Avant de démissionner, Christopher Ross, envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara Occidental a réussi à imposer que l’Onu place les revenus des ressources naturelles sous son administration. Le processus en cours a accéléré la déliquescence du système économique marocain basé sur les ressources volées, et coupé court aux arguments sécuritaires.
Alertée par une épidémie grave et largement répandue géographiquement de cas d’empoisonnement suite à la consommation de poissons et pélagiques étiquetés Maroc, l’Europe a ouvert une enquête et bloqué 10 mille tonnes de produits de la mer provenant en fait du Sahara Occidental, et pêchés par les Marocains et Espagnols. Les analyses indépendantes révèlent des ruptures répétées de la chaîne du froid, - ce que laissaient supposer la présence des bactéries Salmonelles et Listéria monocytogènes -, mais aussi la présence de cadmium dans les sardines péchées dans la zone nord du Sahara Occidental, entre les latitudes 27°1’N et 27°17’N, correspondant aux alentours du port de El Aaiun et des usines de traitement du Phosophate. Des cas plus isolés sont signalés en Russie dont les navires étaient dans la zone en vertu d’un accord de pêche bilatéral avec le Maroc.
Sous la pression des peuples européens, après 2 décès, l’accord de pêche UE-Maroc est dénoncé et annulé. De façon cohérente, les accords agricole, ALEAC, de bon voisinage et le statut avancé ont été suspendus par l’UE pour révision.
Parallèlement, les Sahraouis dans un système de représentation élargie laissant une très grande place aux jeunes s’étaient réunis, déterminés à rester ensemble  jusqu’à avoir pris une décision allant dans le sens d’une solution.
Puis, dans les campements de réfugiés, ils ont préparé leurs bagages et sont partis à pied pour passer le mur et rentrer. La joyeuse marche du retour, voitures civiles en appui pour les anciens et enfants, a été accueillie en territoires occupés par la même marche sahraouie de bienvenue, partie de toutes les villes des territoires encore occupés. Les amis, quidam et représentants politiques les accompagnaient, - Sahraouis du monde entier et solidaires -, pour la récupération de facto du territoire, sous les yeux des médias. Le peuple ainsi rassemblé a mis en place le referendum et choisi l’indépendance.

C’est le Sahara Occidental en 2018, une la solution a été trouvée pour préserver la paix.
Sinon, imagine…

Nous sommes en 2018.
La compagnie américaine Kosmos Energy a trouvé du pétrole offshore du Sahara Occidental, provoquant l’euphorie du roi du Maroc et du makhzen qui ont fait monter les enchères et vendu des permis pour tous les blocs du Sahara Occidental contre l’avis de l’ONU. Rien n’a empêché l’arrivée de l’américaine Chevron, la chinoise Petrochina, la française Total sur le bloc Anzarane encore élargi, la russe  LUKoil, l’anglaise BP. Les violences, expropriations abusives et saccages de la terre et la mer sahraouies s’accélèrent en grand désordre avec le soutien de l’armée marocaine.
Le front de libération sahraoui entre en guerre pour la protection de son pétrole, dont l‘exploitation est illégale à tout autre que son peuple. La sécurité de la région est menacée par cette guerre. Les pays impliqués par la présence de leurs compagnies pétrolières respectives ont des positions diplomatiques mitigées. Les médias sont très contradictoires.
Ban Ki-moon a peu avant reconnu que les Nations Unies ont failli et sont impuissantes en dépit des efforts répétés de ses envoyés et des différents Secrétaires Généraux qui l’ont précédé. Christopher Ross a démissionné. Bien qu’ayant adopté une approche différente de celle de Baker, il a été contraint de répéter les mêmes démarches et compromis, et s’est trouvé acculé malgré sa grande patience. La haute commissaire aux droits de l’Homme, Navanethem Pillay, déclare, elle, n’être pas informée sur le conflit et n’avoir pas d’éléments.
Après avoir bombardé la zone de Tiris au Sahara Occidental, l’aviation marocaine largue des bombes sur la Mauritanie, en représailles de sa tolérance du passage et de l’utilisation de ses terres par les combattants sahraouis. L’Algérie se déclare concernée. Le conflit est à ses portes. Elle demande la réunion du Conseil de Sécurité.
Les Iles Canaries proches sont ciblées dès les débuts de la guerre. L’Europe est sur le qui-vive. Avec les arguments des risques pour ses navires, et de l’utilisation de ses fonds pour financer le conflit armé, l’Europe dénonce l’accord de pêche avec le Maroc, avec suspension immédiate de toute transaction financière. Le Maroc en difficulté entre avidité pétrolière et combats, demande l’intervention de la France comme en 1977.
Le secrétaire d’État des Etats-Unis, John Kerry, se déplace officiellement au Sahara Occidental. Les conflits au Proche Orient sont réglés. Ce conflit maghrébin nécessite l’intervention claire et efficace des USA.
Le Maroc exploite l’Uranium du Sahara Occidental dans la plus grande discrétion depuis deux ans. La guerre en cours confirme les craintes internationales d’une utilisation nucléaire belliqueuse, d’autant que des câbles wikileaks récemment révélés ont fait état de soupçons d’échanges avec la France sur la question. La France nie. Catherine Ashton, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité pour l'Union Européenne et vice-présidente de la Commission Européenne rencontre Mohamed 6 à Rabat pour discuter du programme nucléaire du pays. La rencontre est courtoise et n’apporte aucune information ni assurance à l’Europe.
C’est une menace prise très au sérieux au niveau international d’autant qu’au nord du Maroc dans le rif, et dans la région d’Agadir, les mutineries et initiatives individuelles des généraux marocains se multiplient. Des bruits filtrent d’un coup d’État déjoué. Rien n’est prouvé.
En route pour l’Uruguay, l’avion royal, un Boeing 737-8, immatriculé CN-MVI, est immobilisé au sol par Interpol lors de son escale technique à Barcelone. Après les formalités d’usage, 42 tonnes de résine de cannabis sont saisies à bord et détruites. Sous couvert d’anonymat, un membre de l’équipage avoue avoir été missionné par le roi pour chercher des fonds. La valeur marchande de la cargaison est estimée entre 100 et 120 millions d’euros.
L’Union Africaine prend pour la première fois de son histoire des mesures pour  stopper la guerre et envoie ses soldats. Le Maroc refuse, il n’est pas membre de l’UA. Le Sahara Occidental l’est. L’intervention est déclarée légitime par les services juridiques de l’UA.
Les Usa envoient un porte-avion, base avant rapprochée pour leur intervention. Ils sont en alerte. Aqmi a saisi l’opportunité du conflit pour les menacer à nouveau. Des chargements d’armes ont disparu dans le désert, des dépôts de carburant ont sauté dans des vacarmes spectaculaires, actes revendiqués par la branche d’Al-Qaïda.
L’armée sahraouie de libération organise la résistance armée à l’intérieur du territoire occupé, pour contenir les risques d’action commando.
A El Aaiun, les résistants sahraouis occupent les stations électriques, les locaux de la télévision régionale et de la radio. Ils ont installé leurs tentes sur les toits.
Suite à une erreur technique, Aljazeera diffuse des images inversées de la ville. Sur cette base en miroir, le Maroc bombarde ce qu’il croit être un campement similaire à celui de Gdaim Izik, et détruit tout le système électrique et de communication du Sahara Occidental.
Seule la zone de Lagueira conserve la possibilité de communications sur le réseau mauritanien. Les Sahraouis utilisent ce moyen de communication pour faire sortir l’information, au compte-goutte.
Au plus fort des combats, le pape François lance depuis la Timor, où il assiste à l’anniversaire de l’indépendance, un appel pour la paix au Sahara Occidental.
L’Espagne a réagi dès l’information de la découverte du pétrole offshore du Sahara Occidental pour réaffirmer son statut juridique d’administrateur colonial sur le Sahara Occidental et revendiquer sa part des bénéfices. Directement concernée par l’extension du conflit sur les Iles Canaries et la menace sur l’Europe, elle change alors radicalement de discours et déclare libérer l’archipel des liens juridiques et historiques qui les lient à elle. L’Espagne déclare officiellement que les Canaries appartiennent à la zone Afrique.
La Mauritanie, profitant du vide juridique, envoie alors ses troupes occuper les Canaries pour « protéger les émigrés mauritaniens » sur place, communauté considérée comme la plus importante. De façon concordante, elle dépose devant l’AG de l’ONU ses revendications sur les Iles, lui demandant d’en prendre acte et de l’officialiser. L’ONU refuse l’occupation et reconnaît le Iles Canaries comme un pays à part entière. L’UA adopte l’intégration des Iles Canaries comme son 53ème membre.
Au Maroc la confusion règne et les troubles populaires sont de plus en plus violents au sujet de la « guerre du roi » qui décime la jeunesse. L’immigration des Marocains vers l’Europe connaît une augmentation sans précèdent dès le début de la guerre. La traversée Tanger Gibraltar est prise d’assaut, les médias parlent de plus de 500 tentatives de passage par jour. Des grands paquebots sont affrétés et c’est une fuite sans contrôle. Les capacités de transports sont dépassées. Ce sont à chaque voyage environ 3000 Marocains qui débarquent au Portugal, et 3200 aux Baléares.
À son habitude, le roi Mohamed 6 a quitté le palais de Rabat. On sait que femme et enfants sont en France, dans le château de Betz, lui n’y est pas. Il est introuvable. La foule le découvre le teint jaune, amaigri et barbu dans une fosse à purin. Les événements s’enchaînent alors très rapidement et malgré les dissensions dans le groupe de ses poursuivants, le roi est torturé à mort. Il révèle rapidement l’emplacement des réserves d’or, ce qui ne le sauve pas. La foule hurle « tu as volé l’or au prix de notre sang », « le sang du peuple, l’or du peuple ».
Ashton quitte précipitamment la cérémonie populaire et symbolique organisée pour fêter l’acquisition de l’indépendance de l’Ecosse, de la Catalogne et des Pays Basque suite à la décision référendaire des trois peuples. Elle se rend au Sahara Occidental cette fois, pour tenter de solutionner ce problème né de la surdité internationale à la volonté d’un autre peuple.
Dans la confusion des attaques menées par l’armée de libération sahraouie contre les troupes marocaines sans plus vraiment de commandement, celles-ci se replient dans le grand désordre et se perdent de nuit au milieu des champs de mines antipersonnel et antichar. Endormies pendant 20 ans, les mines explosent sur le passage des troupes désorientées, causant de lourdes pertes. Pendant la période de paix, quand les nomades sahraouis et leur troupeaux sautaient sur les mines, le Maroc n’avait ni repéré ni dépollué les plus de sept millions de restes de guerre et cela se retourne maintenant contre sa jeunesse.
Les réfugiés sahraouis se sont incorporés à la résistance, peu d’entre eux restent dans les camps de Tindouf. Ils sont dans le désert en territoires libérés et en territoires occupés, et se déplacent par crainte des bombardements marocains. Les souvenirs des traumatismes des anciens, bombardés au napalm et phosphore blanc refont surface. Les populations des villes occupées se sont elles aussi déplacées dans le désert et sont en grande souffrance.
Le Haut Commissariat aux Réfugiés trouve de nombreuses difficultés dans l’approvisionnement en aliments d’urgence et demande la création de couloirs humanitaires. Il fait appel à une extension de budget pour utiliser des avions cargo et parachuter les vivres aux réfugiés. Les ONG ne peuvent plus intervenir dans le désert. Celles implantées dans la capitale occupée sont soit en alerte sécurité, limitant tous leurs déplacements, soit en préparation d’évacuation.
L’UNICEF lance un appel à la communauté internationale. Les enfants Sahraouis sont en danger. Carencés initialement, ils ne bénéficient plus des soins les plus élémentaires.
Des journalistes qui ont réussi à s’introduire au Sahara Occidental, des euro-parlementaires en délégation officielle et des humanitaires sont agressés par les forces marocaines. Conséquence, l’Onu déclare que la Minurso, sa mission sur place doit surveiller les Droits humains au Sahara Occidental.
Résultat de son échec, ultime tentative pour faire évoluer le conflit, l’ONU reconnaît au front Polisario le statut de front de libération national, comme elle a reconnu l’OLP. Le Conseil de Sécurité affirme l’illégalité de l’accord tripartite. Il n’est plus question de passer du chapitre 6 au chapitre 7 de la charte de l’ONU pour tenter de sortir du chaos.
Un congrès international organisé à Genève impose l’indépendance et la reconnaissance du Sahara Occidental par l’Assemblée Générale de l’ONU.
Le Conseil de Sécurité envoie des forces spéciales pour protéger la population sahraouie et surveiller le retrait des troupes et colons marocains.
L’institut des études stratégiques de Baker annonce que le coût de cette guerre, destructions matérielles et pertes humaines, s’élève à plus de 100 fois le coût de la présence de la Minurso pour les 27 années qui ont précédé cette guerre du pétrole, guerre noire de l’indépendance.

La solution est celle-ci, celle-là, ou une autre avec des éléments de celle-ci et celle-là... L’objet était de commencer à écrire. Des actions construiront l’avenir et tous ses infimes détails.
Alors, imagine…

APSO, 17 août 2014

Version arabe ici
Version anglaise ici
Version espagnole ici

vendredi 2 mai 2014

Sahara Occidental, le squelette est nu

 Chaque grain de sable accumulé magnifie la rose du désert, finalement cruelle momie.
 Le tableau pourrait être superbe s’il ne s’agissait d’humains, d’un peuple, de nos concitoyens.
Le monde entier, nos Nations Unies ont décidé en Conseil de Sécurité de renouveler le mandat de leur mission au Sahara Occidental sans y rien changer. La Minurso, mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental, qui n’organise pas le referendum depuis 1991, ne fera donc rien d’autres que de ne pas organiser…

La Minurso ne surveillera pas le respect des droits humains des Sahraouis, ni ne garantira le respect de leur droit inaliénable sur leurs ressources naturelles.
La promesse onusienne d’un réexamen de l’ensemble du processus en 2015 « si rien n’a changé » en un an est une parole dont la mise en œuvre dépendra de la contingence et laisse peu d’espoir, même si l’on aimerait par exemple que l’ensemble du conseil de sécurité, les intéressés, les amis et les voisins s’assoient et cherchent une solution pour la trouver….

Sur le terrain, dans le sable, d’un côté du mur des réfugiés confinés dans un état de crise d’urgence prolongé 39 ans, de l’autre le Maroc colonisateur qui surexploite les ressources naturelles jusqu’à plus soif, pillant tout ce qu’il est possible tant que les tergiversations coupables et complices des Nations Unies rendent ces dernières mercantilement aveugles. Le régime marocain exploite la terre, la mer, le soleil et le vent sahraouis, et fait de grands efforts pour y dissoudre le peuple, par la terreur, la violence, les interdictions multiples.

Pourtant cette fois encre, après les auto-félicitations multilatérales, parce qu’un petit mot est ou n’est pas dans un texte diplomatiquement écrit pour servir la fossilisation, chacun reprendra ses refus et revendications. Les mêmes.

Revendication de l’autodétermination, ce referendum promis et contractualisé pour les Sahraouis, refus de tout pour le Maroc.
Le droit international est favorable aux Sahraouis, sans aucun doute. Mais le monde ne bouge pas d’un iota pour le faire appliquer. Lorsque les Sahraouis ne changent pas de discours, revendication ou stratégie internationale, que font-ils ?
La confiance populaire dans nos Nations Unies ne devrait pourtant plus les abuser. Ils sont au cœur du mécanisme et le savent. Nos Nations Unies ont trahi. Elles attendent que quelque chose change. Elles aussi.

Et peut être une étincelle extérieure. Mais celle-ci n’assurerait aucun résultat sinon aléatoire et incertain. L’explosion populaire du Maroc, de l’Algérie, l’embrassement du Sahel, du Mali ne feraient qu’un paramètre supplémentaire à prendre en compte, difficultés de circulation, sur-militarisation, ingérences…
La reprise sahraouie des armes, souvent « promise », loin d’être une solution, ne pourrait être que le fruit d’une décision populaire ou la réaction à un événement. L’attaque par les autorités marocaines des quelques 20 000 Sahraouis de la manifestation populaire de Gdaim Izik en 2010 en territoires occupés n’ayant pas déclenché la dite réaction militaire pour la protection de ses citoyens, rien ne se profile qui pourrait justifier le trouble de la « stabilité » de la région.

Alors, vu de l’extérieur, si l’on est adepte de la liberté, du respect du droit, amis de ce peuple fier, on se prend à espérer.
Espérer que les Sahraouis reprennent le travail quotidien pour leur liberté, distillent l’humour des vents de sable et de l’immensité, surprennent, bousculent les relations enkystées. Qu’ils changent de manières, de méthodes, de discours, chamboulent leurs rapports aux Nations Unies, se désolidarisent de la spirale infernale de son temps et de ses résolutions annuelles et répétées, pour imposer le leur, leur calendrier de la construction de leur avenir.

Les Nations Unies méritent qu’on force le jeu de leur efficience pour qu’elle s’avère, sans discrimination ni calculs impardonnables.

APSO, 2 mai 2014

jeudi 3 avril 2014

Destin brisé, double peine


Salek Laasairi est sahraoui, il est né le 15 mars 1983 à Tantan sur le territoire marocain, et a été condamné en 2004 par la cour militaire à la réclusion à perpétuité.
C’est un militant pour l’indépendance du Sahara Occidental, et cette conviction politique et son identité ont eu et ont toujours des conséquences directes sur son histoire, l’accusation, sa peine, doublée de tortures qu’il subit en prison.

Selon ses amis, il a un grand cœur et il aime beaucoup sa famille. Il est le dernier d’une fratrie de six. Sa famille est modeste et son père est décédé en 2009.
Il est actuellement dans la prison de Ait Melloul au Maroc et son numéro d’écrou est le 7533.

Depuis 2013, le gardien chef de la prison de Ait Melloul, Ahmed El Moumni, semble particulièrement violent et raciste, sans que le directeur de la prison, Lekbir Soufi, n’intervienne contre ses pratiques. Les affaires de Salek sont régulièrement inspectées, détruites ou volées. Cela s’accompagne de fouilles au corps menées avec rudesse, de coups et  d’insultes, ressenties par Salek comme autant d’humiliations.

Les périodes de pression peuvent durer plusieurs semaines. S’ajoutent actuellement des menaces de « fabrication de motifs » destinées à imposer à Salek un nouveau transfert -  contre sa volonté - qui l’éloignerait de sa famille et des possibilités de visites.
La « fabrication de motif » veut dire une accusation imaginaire fabriquée par les autorités pénitentiaires en prison, justifiant des mesures disciplinaires. C’est une menace et une pratique courante. Ces « motifs » sont en l’occurrence l’accusation pour Salek et deux autres Sahraouis - Salek Mohamed Ahmed et Tyatro Mohiddin - d’être des « incitateurs », probablement à revendiquer un minimum de respect. Comme les autres Sahraouis de la prison, ils protestent contre les mauvais traitements, privations et violences qu’ils subissent, pratiques réprouvées par le droit selon la législation marocaine et internationale.

La famille quant à elle paraît avoir peur du régime marocain, le makhzen, et ne parle pas de ce que Salek leur confie. C’est donc par des amis que quelques informations récentes sont connues. Par exemple, fin mai 2013, Salek avait protesté contre les mauvais traitements par une grève de la faim illimitée qu’il avait suspendue après plus de 15 jours, la veille des examens du bac, auquel il a échoué.
Ou encore, le 19 juillet, le gardien-chef fouille abusivement les affaires de Salek et déchire ses vêtements, ses livres et magazines. Quelques jours après lors d’une nouvelle fouille, son téléphone portable lui est volé par le personnel pénitentiaire. Il n’a pas pu en racheter depuis cette date. Il semble qu’il y ait une entente entre le personnel pénitentiaire et les acteurs du marché noir de la prison.
Plus récemment, Salek a participé aux mouvements de grève de la faim de 24 ou 48 h menés par tous les prisonniers sahraouis enfermés dans la prison de Ait Melloul, prisonniers politiques et prisonniers de droits commun

Salek a été arrêté le 13/10/2004 et incarcéré tout de suite à Sale 1. Le jugement a été rendu le 6/12/2005 par la cour militaire. Condamnation sans possibilité d’appel à la réclusion à perpétuité. L’accusation : meurtre d’un officier marocain.

Les faits relatés par les intéressés et les proches sont les suivants.
L’officier marocain en question est le violent agresseur d’une femme Sahraouie. Les faits se sont déroulés dans le quartier situé à côté de la route de Telimzoun à Tantan
Salek Laasairi, Saleh Amidan - 2 Sahraouis -, et Norrdin x, Hisqar x et Abdallah x, - 3 Marocains -, sont intervenus pour défendre et protéger la femme. Pendant que Salah Amidan l’éloignait, l’officier a provoqué et agressé les 4 autres, qui ont répondu à l’agression physique et raciste. Suite à la bagarre, ils ont laissé l’officier blessé sur place et sont partis. L’officier était alors vivant.

Trois jours après ces faits, la police est venue arrêter Salek chez lui. Les 6 protagonistes ont été arrêtés, les 5 jeunes et la femme agressée, pour la mort de l’officier.
Norrdin x avait volé le téléphone portable de l’officier marocain, et a ainsi été retrouvé. Pendant l’interrogatoire, Il a donné les noms des gens qui étaient avec lui. Tous ont été condamnés à diverses peines de prison ferme. Saleh Amidan à 10 ans, la femme à 2 ans. Salek, Norrdin, Hisqar et Abdallah à la réclusion à perpétuité. L’avocat de Salek était marocain, commis d’office. Il a été émis des doutes sur la qualité de l’enquête.

Le parcours de Salek dans les différentes prisons marocaines est le suivant : Salé 1 jusqu’au 6/12/2005, puis Ait Meloul  pour 6 mois, puis Kénitra 5 ans et 3 mois puis Ait Melloul à nouveau. 
Kénitra étant à plus de 900 km du lieu d’habitation de sa famille, pendant 5 ans Salek n’a pas reçu de visites. Le deuxième transfert à Ait Melloul, en septembre 2011, longtemps demandé et attendu par Salek a rompu son isolement de sa famille, 2 ans.

Depuis son incarcération en 2004, Salek a été régulièrement harcelé, frappé, empêché dans ses volontés d’étudier et torturé physiquement et psychologiquement par les gardiens, le gardien-chef ou le directeur de la prison, de même que Saleh Amidan, l’autre jeune sahraoui condamné dans la même affaire. Les trois Marocains condamnés pour les mêmes faits n’ont eux jamais reçu ce genre de traitements discriminatoires et brutaux.

Suivent quelques informations et témoignages recueillis sur ce qu’a subi Salek. Il semble que sa grande taille et sa force excitent la jalousie et la violence des matons marocains. D’après ses codétenus, Salek est très souvent la cible du personnel et des responsables pénitentiaires.

En 2007, il mène une grève de la faim pendant 30 jours en protestation contre les mauvais traitements, pour qu’ils cessent et que ses conditions s’améliorent.
Cette même année Saleh a été torturé par les gardiens marocains qui ont brûlé à vif le tatouage qu’il avait sur le bras. Le tatouage disait « Sahara libre ».

En 2008, des publications d’organisation relayé par aljazeeratalk.net (archive maintenant désactivée) attestent que Salek a été roué de coups et violé par les gardiens de la prison. Puis mis à l’isolement sans soin, menotté et les yeux bandés, privé d’alimentation et boisson, dans un état de détresse psychologique grave. La plainte déposée par sa famille demeure sans suite, les appels sans effets. Il n’y a pas eu d’enquête, le personnel pénitentiaire tortionnaire n’a jamais été inquiété, ni puni. Salek avait affirmé la légalité de l’autodétermination du peuple sahraoui.

Salek subit régulièrement des périodes de plusieurs semaines de harcèlements à Kénitra en 2010. Le 9 juillet par exemple, Il a été tabassé violemment par les gardiens de la prison, dans sa cellule. Les insultes qui ont accompagné la violence étaient racistes. Les gardiens lui volent son téléphone, son lecteur MP4, son argent et tous ses effets personnels de quelque valeur. Salek possédait des drapeaux de la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique). Après cette date, les gardiens maintiennent la pression par des intrusions quotidiennes dans sa cellule pour la fouiller entièrement. Chaque visite est toujours accompagnée de menace de violence et de représailles et d’insultes racistes. Selon Salek, la dénonciation par les autres prisonniers est à l’origine du déclenchement de la violence et des vols par les gardiens.


Salek est depuis 10 ans oublié de l’attention des institutions, des organisations média ou de défense des droits de l’Homme, sahraouies ou internationales. Le seul soutien de sa famille semble être à la merci de l’arbitraire malveillant des autorités pénitentiaires.

Le projet de loi du gouvernement marocain visant à abolir la possibilité par les tribunaux militaires de juger des civils, et d’introduire la possibilité d’appel, bien que probablement opportuniste, n’est pour l’instant qu’une annonce de l’agence royale d’information, héraut du palais. En l’absence actuelle de texte de loi précis, de calendrier et d’échéances, on peut supposer son application remise aux calendes grecques, et pour Salek, comme pour les 23 prisonniers politiques du groupe « gdaym Izik » et d’autres Sahraouis, son bénéfice très hypothétique.

Quand la mission de l’ONU chargée du Sahara Occidental, la Minurso, ne protège en aucun cas les habitants originaires du territoire, toute action - individuelle ou d’organisation - de protestation auprès des autorités pénitentiaires et  du régime marocains contre les conditions de détention de Salek est la bienvenue.

Et pour le soutenir directement, il est possible de lui envoyer du courrier, des magazines et livres à la prison, ce qu’il apprécie beaucoup quand il les reçoit. Salek perfectionne en autodidacte son apprentissage du Français et apprend l’Anglais, il est curieux de voyages et de sciences.

APSO, le 3 avril 2014. 

Pour écrire à Salek : Salek Laasairi, n° 7533, prison locale Ait Melloul, Agadir, Maroc
Vous pouvez transmettre des copies scannées de votre courrier par mail à Apso qui vérifiera que votre courrier est bien arrivé. Pour toutes demandes de précision, contacter Apso.