mercredi 18 mars 2015

"Lutter au Sahara", le sommaire

L'ouvrage collectif "Lutter au Sahara" à paraitre au 15 avril dévoile son sommaire...
Vous pouvez aider à son édition en l’achetant dès maintenant, la souscription est de 15 euros, ce qui sera le prix du livre… mais nous offrons les frais d'envoi aux souscripteurs.
Pour les modalités : par virement les coordonnées sont là, pour les autres modes de paiement, svp, contactez nous par APSOlument@yahoo.fr

vendredi 27 février 2015

Lutter au Sahara, Le livre APSO, souscription


Les amis
Une bonne nouvelle en ce jour anniversaire de la République Sahraouie, notre livre APSO sur le Sahara Occidental est bientôt sous presse !
Il sortira le 15 avril 2015
Voyez ci-dessous la présentation de l’ouvrage, ses auteurs, et l’encouragement que nous a envoyé Noam Chomsky.
Vous pouvez aider à son édition en l’achetant dès maintenant, la souscription est de 15 euros, ce qui sera le prix du livre… mais nous offrons les frais d'envoi aux souscripteurs.
Pour les modalités : par virement les coordonnées sont là, pour les autres modes de paiement, svp, contactez nous par APSOlument@yahoo.fr
Les APSOs
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LUTTER AU SAHARA
DU COLONIALISME VERS L’INDÉPENDANCE

Et si pour une fois l’on parlait du Sahara Occidental ?
Le Sahara Occidental est aujourd’hui la dernière colonie d’Afrique. Après la colonisation espagnole, la colonisation marocaine bloque depuis 40 ans le processus d’autodétermination du peuple Sahraoui. Conflit, exil et occupation tracent les grandes lignes de l’Histoire moderne de ce territoire.
Quinze auteurs, diplomates, juristes, journalistes, anthropologues, défenseurs des Droits de l’Homme, exposent leurs expériences et analyses sur le Sahara Occidental pour en dessiner une image contemporaine. Ils dressent les perspectives de l’avenir du pays et de son peuple.

APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental, est un réseau d’associations françaises qui a pour objet de faire connaître le peuple du Sahara Occidental, son histoire, sa culture, sa vie, son territoire et ses ressources, et de soutenir les Sahraouis dans leur défense de l’application du droit international. APSO est membre du réseau WSRW.

Sous la direction de Denis Véricel et Apso : Edouardo Galeano, Francesco Bastagli, Anna Theofilopoulou, Oliver Quarante, Bill Fletcher Jr, Jacob Mundy, Vincent Chapaux, Ayad Abraham, Juan Soroeta, Jeffrey Smith, Erik Hagen, Alice Wilson, Tara Deubel, Sebastien Boulay, Mohamed Mouloud Mohamed Fadel.

“Il est grand temps pour la communauté internationale d'agir pour mettre un terme à l'occupation marocaine criminelle du Sahara Occidental, afin que les Sahraouis puissent jouir des droits à l'autodétermination et à la liberté pour lesquels ils ont courageusement lutté durant de nombreuses années, au sein de terribles conflits. J’espère vivement que cette publication portera le sort du peuple sahraoui vers un public beaucoup plus large, et contribuera à ouvrir la voie vers la fin de l'assujettissement brutal de la dernière colonie d'Afrique.”
Noam Chomsky

samedi 31 janvier 2015

Un parrainage familles françaises - familles sahraouies

Le premier épisode d'une solidarité originale est terminé : un don fait en France à APSO et des pâtes alimentaires fabriquées sur place offertes par 10 kg à une famille sahraouie des plus en difficulté, dans les campements de réfugiés.
Pour les réfugiées, du travail pour les unes et une aide alimentaire pour les autres
Pour cette première fois, près de 400 kg de pâtes ont été distribués à 40 femmes des dairas de Jdéria, Hauza, Tifariti et Bir Lahlou.
Les dairas de la willaya de Smara, au nom de lieux importants de la terre de ces exilés, sont dans les campements situés dans le désert salin proche de la ville algérienne de Tindouf (sud-ouest)...
Les femmes qui ont reçu les pâtes ont été indiquées à Apso par les services sociaux sahraouis. Ce sont des femmes ayant la charge de leurs enfants, et quelques anciennes en charge de la famille élargie.
Le rendez-vous était donné dans l'atelier de fabrication des pâtes, dont les travailleuses qui avaient assuré la fabrication et finissait l'emballage, Mina et Dehbe, ont bien volontiers aidé à l'organisation de la répartition.
Des photos ont été prises pour l'occasion. Pour les voir rdv ici.
Les femmes ont tenu à ce que leur numéro de téléphone soit donnés à leurs donateurs, pour pouvoir un jour peut être les recevoir sous leur tente !
Pour tous renseignements, voir ici, et prendre contact avec Apso.
Un soutien alimentaire de ce type (envoi d'argent, fabrication sur place et distribution) aux écoles, internats, établissements hospitaliers... des campements de réfugiés est possible, la logistique pouvant être assurée si nécessaire par le partenaire Croissant Rouge sahraoui.
APSO, le 31 janvier 2015


jeudi 8 janvier 2015

Charlie, quand on n'a que l'amour... contre la haine

Nous sommes de farouches libres penseurs, écrivains et créateurs, analystes et critiques... résistants enchainés à la liberté pour sa défense, engagés sur le chemin escarpé du soutien de la liberté du peuple sahraoui.
Le massacre d'hier contre Charlie Hebdo nous choque, attriste et révolte profondément.
Nous restons debout mais le coeur en berne.
Les APSO
Quand on n'a que l'amour, J. Brel
Quand on n'a que l'amour
A s'offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu'est notre grand amour
Quand on n'a que l'amour
Mon amour toi et moi
Pour qu'éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour
Quand on n'a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours
Quand on n'a que l'amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs
Quand on n'a que l'amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours
Quand on n'a que l'amour
Pour habiller matin Pauvres et malandrins
De manteaux de velours

Quand on n'a que l'amour
A s'offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour 
Quand on n'a que l'amour
A offrir à ceux là
Dont l'unique combat
Est de chercher le jour
Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour
Quand on n'a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre en tambour
Alors sans avoir rien
Que la force d'aimer
Nous aurons dans nos mains
Amis le monde entier

dimanche 30 novembre 2014

À qui profitent les ragots ?

On a lu dans les médias sportifs français que l'athlète Laila Traby avait été constatée positive lors d'un contrôle antidopage effectué sur son lieu de stage, Font Romeu. Or à lire mieux, à chercher quelques infos, il y a à douter du discernement des journalistes qui ont écrit cela et des médias qui l'ont repris en choeur.

Que la sportive ait été en stage, et qu'il y ait eu contrôle, quoi de plus normal, et c'est aisé de l'écrire. C'est pourtant juste étonnant que cela ait été relevé pour celle-ci et non pour tous les autres contrôles effectués au quotidien par l'agence anti-dopage...

Mais ensuite affirmer la présence constatée d'EPO dans les analyses de la sportive, en laissant supposer en gros titre cela illégal, et de plus sur la base de révélations "d'un proche", pourrait manquer d'acuité quand la sportive fait silence en l’attente de ces mêmes résultats.

D’autre part, et juste pour une mise au point populaire, les sportifs s'entraînent en altitude pour la recherche du phénomène physiologique naturel qui leur permet d'augmenter l'oxygène disponible pour leurs muscles quand ils redescendent aux altitudes des compétitions. En effet, la baisse de la teneur en oxygène de l’air crée un manque d’oxygène (hypoxie) qui va induire au niveau du rein la sécrétion d’une hormone (l’érythropoïétine ou EPO) qui stimulera la fabrication par la moelle osseuse d’une plus grande quantité de globules rouges (érythrocytes) afin de compenser le manque d’O2 apporté aux tissus. L'effet recherché par les sportifs est de pouvoir fournir plus d’oxygène aux muscles lorsque l’organisme redescend à l’altitude habituelle. La technique est bien connue. (En lire plus ici)

Pour continuer…
Alors qu'elle est très discrète sur le sujet, il est public que Laila Traby est d'origine du Sahara Occidental (et non du Maroc). Pour qui fait une rapide recherche, se profile alors tout ce que cette origine sahraouie peut éclairer l'appréhension des événements récents. Les journalistes ont peut-être souffert du syndrome de la hâte du scoop...
Laila ne fait pas de politique, elle a 35 ans et deux enfants, et ne cache pas les efforts qu'elle fait pour être au niveau excellent qui est le sien. C'est une grande sportive depuis toujours, mais nous ne la connaissons ici que depuis sa naturalisation française. Cette nouvelle nationalité, celle de ses enfants, lui permet de faire valoir ses résultats et d'être à la place où la mettent ses efforts. Sahraouie dans l'équipe marocaine, soeur d'un sportif militant pour l'indépendance de son pays, la dernière colonie d'Afrique, quelques secondes égarées et autres déconvenues l'ont privée longtemps des compétitions dues à son niveau.

C’est de notoriété aussi que le très puissant réseau d'influence du roi du Maroc, pays colonisateur d'une partie du Sahara Occidental fait systématiquement en sorte que la question coloniale reste la plus méconnue possible, quitte à éliminer toutes les risques d'aspérités que l'information pourraient créer d'une façon ou d'une autre. Le récit des coulisses de la participation de l'équipe nationale sahraouie à la coupe du monde de football Non Fifa au Kurdistan est un exemple des manœuvres marocaines. Les agressions physiques d'artistes ou athlètes sahraouis en est une autre

Alors on interroge le fait que les gendarmes aient accompagné les contrôleurs anti-dopage cette aube en question, et que seule Laila Traby était visée. On aurait aimé qu'apparaisse dans les articles de la presse spécialisée de la matière nécessaire à se faire une opinion sur ce qui se passe, et qui atteint profondément une sportive, une femme intègre.
Par exemple qu'elle partageait l'appartement avec 3 sportifs d'origine marocaine, naturalisé ou sans papier. Et que deux des gars sont partis quelques jours avant l'arrivée des contrôleurs et gendarmes quand le troisième a sauté par la fenêtre pour fuir à la vue des visiteurs matinaux, sans que cela n'intéresse ces derniers.
D'autres éléments négligés encore ? Des contrôleurs accompagnés de la gendarmerie qui a perquisitionné, ce n’est pas habituel. De même, des agents qui n’attendent pas la présence de la traductrice promise pour que la sportive signe les documents en connaissance de cause - son niveau de français ne lui permettant pas de comprendre les écrits présentés - qui constatent que la sportive ne veut pas signer, et sans attendre plus, partent et enclenchent une procédure de garde-à-vue. Et puis peu mention de la localisation des produits stimulants : dans le frigidaire de l'espace commun à ces 4 sportifs, et pas du tout dans la chambre de la sportive, mais elle seule incriminée.

Les premières bribes d’éléments appelaient à elles seules à prudence et retenue…

Alors à qui profitent les propos hâtifs des journalistes quand la sportive s'entraînait pour les qualifications des championnats d'Europe de cross, et que de telles manoeuvres et publications l'ont profondément éprouvée ?

APSO, le 28 novembre 2014

Sur les derniers résultats de la sportive (championnat de France et d’Europe), voir :

jeudi 13 novembre 2014

Sahara Marathon 2015, à vos marques !

Les inscriptions sont ouvertes pour la quinzième édition du Sahara Marathon, 4 courses de solidarité avec le peuple Sahraoui. 
 

Soyez sur la ligne de départ le lundi 23 février 2015.

Les distances proposées sont au choix le marathon – 42km195, le semi - 21km, ou les 10km ou 5km.
Les courses ont lieu dans les campements de réfugiés sahraouis, près de Tindouf, dans le désert du sud-ouest algérien. Elles relient symboliquement les villes des campements et se déroulent pendant la semaine de la fête nationale.

Cette compétition internationale permet d’allier sportivité, solidarité, et découverte, dans un cadre inimaginable, une température très agréable. Épreuve sportive et partage solidaire sont au programme de la semaine passée aux côtés des réfugiés sahraouis, au coeur de leur extraordinaire hospitalité.

Pour les résultats et classements des années précédentes, des photos et vidéo RDV sur www.saharamarathon.org. Les détails techniques des courses et la carte des parcours sont ci-dessous. 
En 2014 la France s'est illustrée sur le 10km par la performance de Anne Trincal, arrivée première des femmes en 55'16. Chez les hommes, Harrys Dutheil est arrivé troisième en 38'59. À la première place l'athlète sahraoui Saleh Hmatou Ameidan, réfugiés politique en France avait fini en 34'37.

Les dates du séjour 2015 sont à définir selon les vols proposés depuis l’aéroport le plus proche de chez vous jusque Tindouf, sa durée de 5/6 jours.
Le prix du séjour est de 200 euros.
Cela comprend : inscription à la course, hébergement (gîte et couvert chez l'habitant), visites, participation au projet sportif solidaire défini par les sahraouis pour soutenir leurs sportifs.
Ce prix ne compte pas l’adhésion, ni les frais de voyage (-> l'AR France/Alger et Alger/Tindouf + visa)
Les documents de voyage nécessaires sont un passeport encore valide 6 mois, et un visa pour l'Algérie. (Nous contacter pour le visa)
 
Cet événement sportif et solidaire international est aussi l’occasion pour les organisations sportives de faire parvenir leurs dons et soutiens aux clubs ou équipes de sports scolaires des campements de réfugiés. Les organisations intéressées sont invitées à se mettre en contact par mail avec la coordination française.

Renseignements et inscriptions : marathondusahara @ free.fr ou apsolument @ yahoo.fr

APSO, le 13 novembre 2014


Informations techniques sur la course : (source http://www.saharamarathon.org/races/information)
Le marathon est l'événement du jour, mais les autres courses plus courtes se tiennent le même jour et l'arrivée est pour tout le monde dans le camp de Smara.

Les courses (voyez sur la carte) :
Marathon 42 km - El Ayoun - Auserd - Smara
Semi Marathon 21 km - Auserd - Smara
10km - Farmacia - Smara
5km - Paco - Smara

Les participants sont transportés au départ de chaque course. Les parcours sont marqués par des tas de pierres, des drapeaux et autres marqueurs temporaires. Le terrain est surtout de terre, de sable compacts et de cailloux avec quelques zones de sable mou.

Le marathon est en grande partie sur du plat en dehors d'une série de faibles dénivelés positifs entre les 20 et 30ème km. Des stations d'eau seront en place tous les trois kilomètres et des véhicules 4x4 suivront la course pour fournir une assistance si nécessaire.

À partir de cette année, vous ne trouverez plus de bouteilles en plastique aux stations d'eau, mais des verres et réservoirs en matériau biodégradable, remplis d’eau minérale.
Vous pourrez boire et remplir votre propre bouteille d'eau ou camel bag.

Le Croissant-Rouge international et l'organisation du Sahara Marathon fourniront un appui médical à plusieurs endroits le long du parcours et des véhicules 4x4 fourniront une assistance mobile si nécessaire.

Nous vous recommandons que ne pas oublier vos lunettes de soleil, chapeau ou foulard pour vous protéger contre le soleil, le sable et le vent.



dimanche 17 août 2014

Les Sahraouis en 2018


Nous sommes en 2018, les Sahraouis sont indépendants sur leur terre. Le Sahara Occidental n’est plus la dernière colonie d’Afrique.
La joie des retrouvailles entre les familles a tari les larmes de décennies de souffrances. Le deuil des disparus peut se faire après les révélations par les autorités marocaines de l’emplacement des charniers, et leurs fouilles minutieuses.
Les institutions fantômes mises en place par le Maroc sur le territoire ont été remplacées. Les nouvelles sont constituées a minima, les fonctions ajoutées à mesure de leurs nécessités. La justice fait son travail avec impartialité. Les Sahraouis emprisonnés par le Maroc sont rejugés. La prison noire est démolie, à sa place une sculpture symbolise ce que les Sahraouis y ont subi de violence et cruauté.
Les jeunes entrepreneurs sahraouis ont déplacé leurs activités depuis les campements, ils améliorent les  réseaux et partenariats avec les entreprises sahraouies déjà implantées et qui ont pu se développer les années précédentes.
Le peuple a décidé de l’exception de la production sahraouie, les frontières sont fermées à l’importation de tout ce qui se peut produire sur place. Les accords de pêche proposés par la Russie et l’Europe ont été refusés. L’écosystème marin ayant été ravagé par la surpêche et les pratiques interdites des années d’occupation, la République sahraouie a déclaré sa ZEE fermée à toute pêche étrangère jusqu’à nouvelles analyses prouvant des stocks excédentaires.
L’écologie au sens sahraoui est au centre du fonctionnement de la société, la faune et la flore décimée ont été réintroduites avec succès. Le peuple s’est prononcé pour l’exclusivité de la consommation énergétique verte, produite dans le pays. Cela fonctionne au niveau domestique comme au niveau économique et entrepreneurial. Un tourisme éthique, l’apport d’aide en main d’œuvre solidaire s’est développé …
De nombreux Marocains sont remontés dans leur pays au nord. Ceux qui sont restés ont pris la double nationalité Sahraouie-marocaine. Les anciens militaires marocains, longtemps prisonniers du Polisario, ignorés et malmenés par le régime marocain à leur retour, ont pour beaucoup trouvé une place dans la société sahraouie.
Une architecture sahraouie est née, les habitats coloniaux abandonnés sont rasés. Les déchets ciments et bétons sont un problème. Les équipes de recherche sur leur recyclage ont trouvé des solutions, la mise en œuvre est lancée, il faut l’améliorer.
Des dépôts de détritus et pollutions industrielles et chimiques à ciel ouvert découverts aux alentours des villes ou déversés dans les oueds sont à l’étude pour une dépollution complète et durable. Le problème est grave et a eu des conséquences sur la santé qu’il faut traiter. C’est une discipline médicale nouvelle qu’il a fallu introduire. D’autre part, le diabète, l’insuffisance rénale, les maladies de Parkinson et Alzheimer font l’objet de politiques de santé publique, alliant recherche, soin et prévention. Les soins psychologiques se développent et sont accessibles à toute la population. Les années d’occupation et d’exil ont laissé des traumatismes profonds.
Les fermes de production agricoles de Dakhla, ex-propriétés du Roi, des entreprises  françaises Idyl et Azura ont été nationalisées et leur étendue réduite de 90%. Leur surface permet actuellement une production adaptée aux besoins de la population du pays. La consommation d’eau y a été optimisée, les produits chimiques bannis.
Les travailleurs du phosphate à Boucraa ont retrouvé leurs postes, et les retraités leurs pensions. Le nouveau directeur et les cadres ont décidé du renforcement des mesures de protection des travailleurs, et commandité une étude d’impact sur les effets environnementaux de l’extraction et acheminement dans sa forme coloniale.
La démolition du mur et le déminage sont en cours. Les aménagements ont redonné à l’oued Saguia El Hamra, et aux autres oueds le libre cours de leur écoulement et de leur fonction.
Les militaires sahraouis fidèles à leurs réputations de rudesse ont éliminé efficacement tous trafics (carburant, cigarette, drogue, immigration clandestine) du Sahara Occidental.
           
Ce qu’il s’est passé ?
Les évaluations et constats étaient négatifs et pessimistes. La gestion des campements de réfugiés jugée non satisfaisante.
Sur la proposition de Echo, bailleur européen des crises d’urgences oubliées, la distribution de l’aide alimentaire s’est simplifiée. Supprimant les intermédiaires, le montant alloué aux familles est versé directement sur les comptes des mères sahraouies. La qualité de l’alimentation s’est améliorée avec la possibilité d’exigence sur les fournisseurs, un système collatéral de profit a été démantelé. 
Conséquence de cette mesure, la création de la banque sahraouie a entraîné un profond changement dans la société et modifié la perception de l’argent et du temps.
L’État providence a été abandonné, les institutions refondues. Les citoyens ont décrété une année d’« effort collectif pour la solution » et chacun a fait sa part dans le monde entier. La grande confusion initiale des idées et actions dans tous les domaines s’est progressivement organisée en une grande force démocratique.
Dans le territoire occupé du Sahara Occidental, de façon concomitante l’américain  Kosmos Energy a trouvé du pétrole, la Française Total aussi. Une ruée a suivi dans le désordre et les morts, un grand choc pour la société sahraouie, mais aussi pour le peuple marocain voisin.
Les Sahraouis ont refusé d’être satisfaits de chaque décision de l’Onu et rejeté tout nouveau plan. Avant de démissionner, Christopher Ross, envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara Occidental a réussi à imposer que l’Onu place les revenus des ressources naturelles sous son administration. Le processus en cours a accéléré la déliquescence du système économique marocain basé sur les ressources volées, et coupé court aux arguments sécuritaires.
Alertée par une épidémie grave et largement répandue géographiquement de cas d’empoisonnement suite à la consommation de poissons et pélagiques étiquetés Maroc, l’Europe a ouvert une enquête et bloqué 10 mille tonnes de produits de la mer provenant en fait du Sahara Occidental, et pêchés par les Marocains et Espagnols. Les analyses indépendantes révèlent des ruptures répétées de la chaîne du froid, - ce que laissaient supposer la présence des bactéries Salmonelles et Listéria monocytogènes -, mais aussi la présence de cadmium dans les sardines péchées dans la zone nord du Sahara Occidental, entre les latitudes 27°1’N et 27°17’N, correspondant aux alentours du port de El Aaiun et des usines de traitement du Phosophate. Des cas plus isolés sont signalés en Russie dont les navires étaient dans la zone en vertu d’un accord de pêche bilatéral avec le Maroc.
Sous la pression des peuples européens, après 2 décès, l’accord de pêche UE-Maroc est dénoncé et annulé. De façon cohérente, les accords agricole, ALEAC, de bon voisinage et le statut avancé ont été suspendus par l’UE pour révision.
Parallèlement, les Sahraouis dans un système de représentation élargie laissant une très grande place aux jeunes s’étaient réunis, déterminés à rester ensemble  jusqu’à avoir pris une décision allant dans le sens d’une solution.
Puis, dans les campements de réfugiés, ils ont préparé leurs bagages et sont partis à pied pour passer le mur et rentrer. La joyeuse marche du retour, voitures civiles en appui pour les anciens et enfants, a été accueillie en territoires occupés par la même marche sahraouie de bienvenue, partie de toutes les villes des territoires encore occupés. Les amis, quidam et représentants politiques les accompagnaient, - Sahraouis du monde entier et solidaires -, pour la récupération de facto du territoire, sous les yeux des médias. Le peuple ainsi rassemblé a mis en place le referendum et choisi l’indépendance.

C’est le Sahara Occidental en 2018, une la solution a été trouvée pour préserver la paix.
Sinon, imagine…

Nous sommes en 2018.
La compagnie américaine Kosmos Energy a trouvé du pétrole offshore du Sahara Occidental, provoquant l’euphorie du roi du Maroc et du makhzen qui ont fait monter les enchères et vendu des permis pour tous les blocs du Sahara Occidental contre l’avis de l’ONU. Rien n’a empêché l’arrivée de l’américaine Chevron, la chinoise Petrochina, la française Total sur le bloc Anzarane encore élargi, la russe  LUKoil, l’anglaise BP. Les violences, expropriations abusives et saccages de la terre et la mer sahraouies s’accélèrent en grand désordre avec le soutien de l’armée marocaine.
Le front de libération sahraoui entre en guerre pour la protection de son pétrole, dont l‘exploitation est illégale à tout autre que son peuple. La sécurité de la région est menacée par cette guerre. Les pays impliqués par la présence de leurs compagnies pétrolières respectives ont des positions diplomatiques mitigées. Les médias sont très contradictoires.
Ban Ki-moon a peu avant reconnu que les Nations Unies ont failli et sont impuissantes en dépit des efforts répétés de ses envoyés et des différents Secrétaires Généraux qui l’ont précédé. Christopher Ross a démissionné. Bien qu’ayant adopté une approche différente de celle de Baker, il a été contraint de répéter les mêmes démarches et compromis, et s’est trouvé acculé malgré sa grande patience. La haute commissaire aux droits de l’Homme, Navanethem Pillay, déclare, elle, n’être pas informée sur le conflit et n’avoir pas d’éléments.
Après avoir bombardé la zone de Tiris au Sahara Occidental, l’aviation marocaine largue des bombes sur la Mauritanie, en représailles de sa tolérance du passage et de l’utilisation de ses terres par les combattants sahraouis. L’Algérie se déclare concernée. Le conflit est à ses portes. Elle demande la réunion du Conseil de Sécurité.
Les Iles Canaries proches sont ciblées dès les débuts de la guerre. L’Europe est sur le qui-vive. Avec les arguments des risques pour ses navires, et de l’utilisation de ses fonds pour financer le conflit armé, l’Europe dénonce l’accord de pêche avec le Maroc, avec suspension immédiate de toute transaction financière. Le Maroc en difficulté entre avidité pétrolière et combats, demande l’intervention de la France comme en 1977.
Le secrétaire d’État des Etats-Unis, John Kerry, se déplace officiellement au Sahara Occidental. Les conflits au Proche Orient sont réglés. Ce conflit maghrébin nécessite l’intervention claire et efficace des USA.
Le Maroc exploite l’Uranium du Sahara Occidental dans la plus grande discrétion depuis deux ans. La guerre en cours confirme les craintes internationales d’une utilisation nucléaire belliqueuse, d’autant que des câbles wikileaks récemment révélés ont fait état de soupçons d’échanges avec la France sur la question. La France nie. Catherine Ashton, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité pour l'Union Européenne et vice-présidente de la Commission Européenne rencontre Mohamed 6 à Rabat pour discuter du programme nucléaire du pays. La rencontre est courtoise et n’apporte aucune information ni assurance à l’Europe.
C’est une menace prise très au sérieux au niveau international d’autant qu’au nord du Maroc dans le rif, et dans la région d’Agadir, les mutineries et initiatives individuelles des généraux marocains se multiplient. Des bruits filtrent d’un coup d’État déjoué. Rien n’est prouvé.
En route pour l’Uruguay, l’avion royal, un Boeing 737-8, immatriculé CN-MVI, est immobilisé au sol par Interpol lors de son escale technique à Barcelone. Après les formalités d’usage, 42 tonnes de résine de cannabis sont saisies à bord et détruites. Sous couvert d’anonymat, un membre de l’équipage avoue avoir été missionné par le roi pour chercher des fonds. La valeur marchande de la cargaison est estimée entre 100 et 120 millions d’euros.
L’Union Africaine prend pour la première fois de son histoire des mesures pour  stopper la guerre et envoie ses soldats. Le Maroc refuse, il n’est pas membre de l’UA. Le Sahara Occidental l’est. L’intervention est déclarée légitime par les services juridiques de l’UA.
Les Usa envoient un porte-avion, base avant rapprochée pour leur intervention. Ils sont en alerte. Aqmi a saisi l’opportunité du conflit pour les menacer à nouveau. Des chargements d’armes ont disparu dans le désert, des dépôts de carburant ont sauté dans des vacarmes spectaculaires, actes revendiqués par la branche d’Al-Qaïda.
L’armée sahraouie de libération organise la résistance armée à l’intérieur du territoire occupé, pour contenir les risques d’action commando.
A El Aaiun, les résistants sahraouis occupent les stations électriques, les locaux de la télévision régionale et de la radio. Ils ont installé leurs tentes sur les toits.
Suite à une erreur technique, Aljazeera diffuse des images inversées de la ville. Sur cette base en miroir, le Maroc bombarde ce qu’il croit être un campement similaire à celui de Gdaim Izik, et détruit tout le système électrique et de communication du Sahara Occidental.
Seule la zone de Lagueira conserve la possibilité de communications sur le réseau mauritanien. Les Sahraouis utilisent ce moyen de communication pour faire sortir l’information, au compte-goutte.
Au plus fort des combats, le pape François lance depuis la Timor, où il assiste à l’anniversaire de l’indépendance, un appel pour la paix au Sahara Occidental.
L’Espagne a réagi dès l’information de la découverte du pétrole offshore du Sahara Occidental pour réaffirmer son statut juridique d’administrateur colonial sur le Sahara Occidental et revendiquer sa part des bénéfices. Directement concernée par l’extension du conflit sur les Iles Canaries et la menace sur l’Europe, elle change alors radicalement de discours et déclare libérer l’archipel des liens juridiques et historiques qui les lient à elle. L’Espagne déclare officiellement que les Canaries appartiennent à la zone Afrique.
La Mauritanie, profitant du vide juridique, envoie alors ses troupes occuper les Canaries pour « protéger les émigrés mauritaniens » sur place, communauté considérée comme la plus importante. De façon concordante, elle dépose devant l’AG de l’ONU ses revendications sur les Iles, lui demandant d’en prendre acte et de l’officialiser. L’ONU refuse l’occupation et reconnaît le Iles Canaries comme un pays à part entière. L’UA adopte l’intégration des Iles Canaries comme son 53ème membre.
Au Maroc la confusion règne et les troubles populaires sont de plus en plus violents au sujet de la « guerre du roi » qui décime la jeunesse. L’immigration des Marocains vers l’Europe connaît une augmentation sans précèdent dès le début de la guerre. La traversée Tanger Gibraltar est prise d’assaut, les médias parlent de plus de 500 tentatives de passage par jour. Des grands paquebots sont affrétés et c’est une fuite sans contrôle. Les capacités de transports sont dépassées. Ce sont à chaque voyage environ 3000 Marocains qui débarquent au Portugal, et 3200 aux Baléares.
À son habitude, le roi Mohamed 6 a quitté le palais de Rabat. On sait que femme et enfants sont en France, dans le château de Betz, lui n’y est pas. Il est introuvable. La foule le découvre le teint jaune, amaigri et barbu dans une fosse à purin. Les événements s’enchaînent alors très rapidement et malgré les dissensions dans le groupe de ses poursuivants, le roi est torturé à mort. Il révèle rapidement l’emplacement des réserves d’or, ce qui ne le sauve pas. La foule hurle « tu as volé l’or au prix de notre sang », « le sang du peuple, l’or du peuple ».
Ashton quitte précipitamment la cérémonie populaire et symbolique organisée pour fêter l’acquisition de l’indépendance de l’Ecosse, de la Catalogne et des Pays Basque suite à la décision référendaire des trois peuples. Elle se rend au Sahara Occidental cette fois, pour tenter de solutionner ce problème né de la surdité internationale à la volonté d’un autre peuple.
Dans la confusion des attaques menées par l’armée de libération sahraouie contre les troupes marocaines sans plus vraiment de commandement, celles-ci se replient dans le grand désordre et se perdent de nuit au milieu des champs de mines antipersonnel et antichar. Endormies pendant 20 ans, les mines explosent sur le passage des troupes désorientées, causant de lourdes pertes. Pendant la période de paix, quand les nomades sahraouis et leur troupeaux sautaient sur les mines, le Maroc n’avait ni repéré ni dépollué les plus de sept millions de restes de guerre et cela se retourne maintenant contre sa jeunesse.
Les réfugiés sahraouis se sont incorporés à la résistance, peu d’entre eux restent dans les camps de Tindouf. Ils sont dans le désert en territoires libérés et en territoires occupés, et se déplacent par crainte des bombardements marocains. Les souvenirs des traumatismes des anciens, bombardés au napalm et phosphore blanc refont surface. Les populations des villes occupées se sont elles aussi déplacées dans le désert et sont en grande souffrance.
Le Haut Commissariat aux Réfugiés trouve de nombreuses difficultés dans l’approvisionnement en aliments d’urgence et demande la création de couloirs humanitaires. Il fait appel à une extension de budget pour utiliser des avions cargo et parachuter les vivres aux réfugiés. Les ONG ne peuvent plus intervenir dans le désert. Celles implantées dans la capitale occupée sont soit en alerte sécurité, limitant tous leurs déplacements, soit en préparation d’évacuation.
L’UNICEF lance un appel à la communauté internationale. Les enfants Sahraouis sont en danger. Carencés initialement, ils ne bénéficient plus des soins les plus élémentaires.
Des journalistes qui ont réussi à s’introduire au Sahara Occidental, des euro-parlementaires en délégation officielle et des humanitaires sont agressés par les forces marocaines. Conséquence, l’Onu déclare que la Minurso, sa mission sur place doit surveiller les Droits humains au Sahara Occidental.
Résultat de son échec, ultime tentative pour faire évoluer le conflit, l’ONU reconnaît au front Polisario le statut de front de libération national, comme elle a reconnu l’OLP. Le Conseil de Sécurité affirme l’illégalité de l’accord tripartite. Il n’est plus question de passer du chapitre 6 au chapitre 7 de la charte de l’ONU pour tenter de sortir du chaos.
Un congrès international organisé à Genève impose l’indépendance et la reconnaissance du Sahara Occidental par l’Assemblée Générale de l’ONU.
Le Conseil de Sécurité envoie des forces spéciales pour protéger la population sahraouie et surveiller le retrait des troupes et colons marocains.
L’institut des études stratégiques de Baker annonce que le coût de cette guerre, destructions matérielles et pertes humaines, s’élève à plus de 100 fois le coût de la présence de la Minurso pour les 27 années qui ont précédé cette guerre du pétrole, guerre noire de l’indépendance.

La solution est celle-ci, celle-là, ou une autre avec des éléments de celle-ci et celle-là... L’objet était de commencer à écrire. Des actions construiront l’avenir et tous ses infimes détails.
Alors, imagine…

APSO, 17 août 2014

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