mardi 25 décembre 2012

Les sahraouis en exil seront à Paris pour lancer la dynamique européenne


Samedi, dimanche 29 et 30 décembre 2012, les associations de Sahraouis en Europe se réunissent dans la banlieue de Paris en France pour dresser un état des lieux de leurs activités militantes dans leurs pays d'exil respectifs, pour présenter le peuple sahraoui, ses atouts et particularités.

Différents ateliers de formation pour les associations et organisations sahraouies sont prévu par le coordinateur.
Les thèmes en discussion seront : l'organisation interne des relations entre les associations sahraouies ; l'actualité des territoires occupés, du sud du Maroc et des universités marocaines ; les jeunes et les étudiants sahraouis ;  la communication et les manifestations ; l'organisation d'événements, commémoration de l'histoire, fêtes culturelles, compétitions sportives ; les communications et les informations pour les familles sahraouies dans les campements et en territoires occupés.

Cette réunion est une première. Les nombreux Sahraouis exilés en Europe et notamment les jeunes sont à l'origine de cette nouvelle dynamique.

La première journée - samedi - sera consacrée à un travail à huis clos.
Les travaux du dimanche seront publics et ouverts aux amis solidaires, aux sympathisants et aux journalistes à partir de 10h.
La clôture de la journée autour du thé est prévue vers 18h.

APSO, le 25 décembre 2012

dimanche 9 décembre 2012

Le quatrième thé de Tfarah


Juste au dessus de sa tente, symboliquement, le soleil rendait les armes. A distance je commençais les salutations d'usage. De l’intérieur, sa voix répondit aussitôt, nuancée d'une intonation signifiant qu'elle m'avait reconnu.
Sans lui avoir jamais serré ou effleuré la main, nous nous saluâmes avec cette réserve complice qui valait toutes les embrassades.
Il est des êtres dont la capacité de retenue suggère bien plus que toutes les formes d’expression. Tfarah est de ceux là.
Je l’ai trouvée amaigrie. L’opération une fois de plus était reportée, ses résultats d’examens n’étant pas bons. 

Premier enfant perdu. Santé perdue. Travail perdu. Pays perdu. Tfarah a tout perdu. Tout ce qui représentait l’avenir, elle l’a un court instant bercé, soigné, enseigné, visité,…, si peu mais si intensément espéré.
Seule dans sa tente où sont juste empilés quelques couvertures et quelques livres, elle attend, malade, le retour de son mari, travaillant toute la semaine dans un autre camp. Elle s’excuse et sort quelques minutes pour préparer les braises pour le thé, ramener quelques dattes et une petite cruche de gouffia, un peu de farine de maïs difficilement diluée dans l’eau.
Elle s’intéresse à ma famille et à mes amis, demande des nouvelles de chacun, reprend la conversation où nous l’avions laissée, il y a quelques mois lors de ma dernière visite, s’excuse de n’avoir pas plus progressé en Français, faute de pratique.

Je n’ai jamais vu plaidoyer plus convaincant que cet oubli de soi, que son absence de revendication, que cette attitude totalement tournée vers le bien être des autres. Cette absence de plainte, cette sérénité des justes emplissait l’espace de cette grande tente vide, puis faisait peu à peu place au silence assourdissant des innocents oubliés dans les camps de l’exil, d’un peuple encore colonisé, à l’injustice d’emprisonnements sans jugement dans les geôles d’un roi prédateur.
Sans un seul mot, la réalité se matérialisait dans l’attitude de cette jeune femme digne à qui on avait tout enlevé. Une réalité évidente et accusatrice qui citait tout un peuple à témoin.
 Jamais le pillage des ressources du Sahara Occidental ne m’est apparu aussi clairement que dans le dénuement de la tente de Tfarah, que dans les pertes successives qui prenaient peu à peu sa vie.
Imaginer un roi premier banquier, premier entrepreneur en bâtiments, dominant l’agro-alimentaire et la grande distribution, l’immobilier, l’énergie et la communication de son pays, s’adjugeant le Droit d’emprisonner ou de libérer selon son libre arbitre,  quintuplant en douze ans sa fortune personnelle, soutenu par la bienveillance douteuse de la France, de l’Espagne, des Etats-Unis et d’Israël, envers et contre les résolutions d’une ONU rendue impuissante par ses règles et de la Cour Internationale de Justice (reconnaissant entre autres l’application de la Résolution 1514 de Décolonisation du Sahara Occidental), imaginer ce hold-up et ses complicités devenait chose possible dans cette tente vide.

Il fallait ce niveau de dépouillement pour oser penser et imaginer le niveau d’injustice vécue par cette jeune femme née dans les camps pour y faire le deuil d’une vie normale. Comme il faut l’isolement en cellule ou des conditions inhumaines partagées par Naâma et ses compagnons depuis plus de deux ans pour imaginer et dénoncer, au-delà du vol des biens, celui du plus grand des biens, le vol de liberté.
La voix calme de Tfarah accueillait le silence et le froid de  la nuit tombante, venus partager le thé. Elle mettait tout son art à tout juste maintenir les braises permettant de prolonger cet instant, comme on peut mettre ses dernières forces dans une fin suave annoncée, celle du troisième thé.
Elle prononça alors ce que sa vie, en cet instant, secrètement commandait ; ce qu’il lui restait encore de plus précieux à offrir : « Prenons donc un quatrième thé, celui de l’Espérance ».

Jean-François Debargue
Décembre 2012, camp de réfugiés d’El Ayoun

Publié par APSO avec l’autorisation de l’auteur, Photo APSO

jeudi 6 décembre 2012

Communiqué de presse : Total illégal au Sahara Occidental


Communiqué de presse

Total illégal au Sahara Occidental
Le 6 décembre 2012

La compagnie française Total a signé avec le royaume marocain un contrat monstre de prospection pétrolière au Sahara Occidental. La nouvelle carte publiée sur les pages Web de l’ONHYM, la compagnie nationale pétrolière marocaine, montre un bloc massif, couvrant une surface de plus de 100,000 km². Le nom du nouveau bloc est Anzarane Offshore.

Le Sahara Occidental est un territoire non-autonome selon l’appellation onusienne, c’est à dire une colonie. Le territoire est partiellement occupé militairement par le Maroc depuis 37 ans. Plus de 160 000 réfugiés survivent depuis cette date dans le désert algérien, alors que leur territoire est riche.

Lorsque Total - alors TotalFinaElf - a signé une licence pour la même superficie en 2001, le Conseil de Sécurité de l’ONU a demandé à son Bureau juridique de produire un avis sur la légalité de l'accord de l'entreprise avec le Maroc. Le bureau juridique a conclu à la violation du droit international si l’exploration ou l’exploitation étaient menées au mépris des souhaits et des intérêts du peuple du territoire.

Les Sahraouis, le peuple autochtone sur le territoire, n’ont toujours pas été consultés sur la question, ni leur représentant officiel, le Front Polisario. Les activités sont donc illégales.

Selon Western Sahara Resource Watch (WSRW), le contrat sur ce bloc massif de Total au large du Sahara Occidental a été signé le 6 décembre 2011. L'accord est très probablement un accord de reconnaissance - le même genre d'accord détenu par la compagnie dans la même région pour la période 2001-2004. Il se dit que l'accord est valable pour une période de 12 mois.

Cela signifie que l'accord expirera dans les tous prochains jours. Total doit, en d'autres termes, choisir de laisser expirer l'accord sans renouvellement (comme cela a été fait en 2004), de prolonger le contrat, ou de le faire évoluer en un contrat d'exploration à part entière.

Les organisations signataires de cet appel demandent à toute personne ou institution en capacité d’agir de mettre immédiatement ce sujet en question avec la direction de Total. Ils doivent demander à la fois une garantie qu'aucune activité d'exploration n’aura plus lieu au Sahara Occidental occupé, et une explication sur la façon dont cela a pu se produire en premier lieu.

Le retour de Total au Sahara Occidental occupé est une triste nouvelle pour le peuple sahraoui. En faisant cela, Total compromet directement les efforts de paix de l'ONU et sabote le droit international. Nous lançons un appel à la compagnie pour qu’elle reconsidère immédiatement son implication sur ce territoire.

Les signataires feront le nécessaire pour obtenir les condamnations que mérite cette complicité dans l’oppression et la souffrance du peuple sahraoui.

Contact :
Amis du Peuple du Sahara Occidental (APSO), apsolument @ yahoo.fr
Tel : 01 43 71 62 12


Signataires :
CEDETIM, APSO et son réseau, CORELSO, AFASPA, Union syndicale Solidaires, Sortir du Colonialisme, WSRW, Survie, Caritas Algérie, CNT-F, Association des Sahraouis en France, AARASD, ATTAC, Afriques en lutte,
PCF, Les Jeunes Ecologistes

MAJ 7 déc : + CGT 
MAJ ultérieures : + FASE (Fédération pour une alternative sociale et écologique), ASPS Lorraine, NPA, Les Alternatifs, MRAP, Europe Ecologie Les Verts (EELV)

dimanche 11 novembre 2012

APSO à la fête de l'Huma de Lyon

Hier 10 novembre 2012, APSO était à la fête de l'humanité de Lyon, au centre Charlie Chaplin de Vaux-en-Velin, grâce au soutien actif des organisateurs de la manifestation.

Entre le stand des amis Kurdes qui militaient pour la libération de leur leader Ocalan, et celui d'une association de présentation de l'art vénézuélien, les Amis du Peuple du Sahara Occidental accueillait les visiteurs autour du thé.
Des curieux et des militants se sont arrêtés au stand Apso toute la journée pour s'informer sur la problématique sahraouie qu'ils découvraient, ou pour exprimer leur solidarité.
Cela a été pour certain l'occasion d'acquérir le DVD du film documentaire "L'autre côté du mur" réalisé et produit par l'association, qu'ils avaient apprécié lors de la projection discussion de Vénissieux.

Comme souvent, de nombreuses personnes ont manifesté leur fort étonnement de la présence d'un mur si long coupant le Sahara Occidental, et surtout de leur ignorance sur la question, du silence médiatique général en France sur le Sahara Occidental.
Le débat "Pour la paix dans le monde" a été l'occasion pour l'eurodéputée Marie-Christine Vergiat de rappeler l'aspiration à la paix du peuple Sahraoui..
En point d'orgue engagé de la soirée, "Le peuple de l'herbe" tête d'affiche de la soirée, a dédicacé la dernière chanson du concert, "jasmin in the air" au Peuple Sahraoui et à sa lutte.

Sir Jean : "Je crois que c'est la première fois que je prends un drapeau d'un pays sur scène, je viens du Sénégal et je n'ai jamais pris le mien sur scène, je vous dit ça parceque ce drapeau représente le Sahara Occidental.
Ils ont été les initiateurs de ce qu'on a appelé tout récemment le printemps arabe, mais ils en sont aussi les parents pauvres, parce que personne ne parle d'eux.
Et c'est un peuple qui subit la répression dans le silence de tout le monde, alors ce soir  au moins on aimerait leur faire un spécial Big Up,
Pour que leur lutte continue et qu'elle aboutisse finalement à la liberté totale. Cette chanson s'appelle Jasmin in the air" -http://youtu.be/QuljLMc3xJU- http://www.youtube.com/user/APSOlument

APSO, le 11 novembre 2012

jeudi 8 novembre 2012

Depuis Gdaym Izik, le Maroc triche toujours plus


Petit tour d'horizon pour le deuxième anniversaire, ce 8 novembre 2012, de la destruction de la manifestation populaire et pacifique de Gdaym Izik au Sahara Occidental occupé.
Plus de 20 000 Sahraouis étaient sortis de la ville pour protester contre l'occupation de leur terre par le Maroc et son cortège hélas banal de tentatives multiples pour les détruire, par la marginalisation et les discriminations, la violence et les assassinats. Le village de tentes s'était organisé démocratiquement, les Sahraouis goûtaient pour certain pour la première fois à la sérénité de pouvoir se dire Sahraoui sans avoir peur. C'était le premier soulèvement de cette envergure des pays arabes contre la dictature, le despotisme. Les chercheurs l’ont dit, et les pays arabes ne l'ont pas ignoré, ils ont pris feu à la suite.

Depuis ce mois de manifestation en 2010, les rafles, arrestations arbitraires, meurtres sur les Sahraouis se sont multipliés au Sahara Occidental, des oeuvres du Maroc.
Les 23 civils sahraouis, défenseurs des droits du peuple, gestionnaires du campement, journalistes, sont en prison militaire depuis bientôt 2 ans, sans inculpation ni jugement, en toute illégalité.
Les casques bleus de l'ONU présents sur place n'ont toujours pas l'ordre de protéger les Sahraouis, ils assistent comme nonchalant aux attaques féroces sur les manifestations pacifiques presque quotidiennes...
M. Christopher Ross, envoyé spécial de l'ONU, est venu pour la première fois à El Aaiun, la semaine dernière, faire le bilan des 5 années de négociations qu'il a conduites.
Et pendant qu'il rencontrait notables ou associations à El Aaiun, les policiers chargeaient, et blessaient les manifestant(e)s et les passant(e)s, saccageait les maisons des militants.
De sa visite avec le roi, qui ordonne la répression, et de son discours, adressé aux peuples marocains et sahraouis, il reste une vidéo visiblement censurée, dans laquelle l'essentiel est tronqué. Une nouvelle mise devant le fait accompli, nouvelle preuve de la partialité de la presse marocaine. Un acte qui a marqué en quelques minutes, quand le démenti et rectificatif prendra des semaines et sera probablement escamoté.

Ce jour de commémoration, les sahraouis pansent leurs coeurs au souvenir des disparus, et leurs plaies pour les coups reçus aujourd'hui quand ils ont voulu crier leur fierté d'être Sahraouis.
À El Aaiun, à Guelmim, les Sahraouis ont manifesté et la police marocaine a chargé. Beaucoup de femmes, de vieillards, des enfants sont blessés, ce sont des proies faciles. Un journaliste a été attrapé, frappé, insulté et laissé salement blessé à l'extérieur de la ville selon une méthode habituelle des policiers marocains.
Les Européens venus en visite ont été expulsés hier d'El Aaiun, et certains n'ont même pas pu approcher de la ville.  4 politiciens norvégiens voulaient entendre les Sahraouis sur la question de la pêche, et une quinzaine d'espagnols voulaient être présents sur place pour ce jour anniversaire.

L'impunité et l'arrogance du gouvernement marocain est flagrante. Le programme malhonnêteté au Sahara Occidental est en route, sans que rien ne le fasse dévier. Ross désavoué par le Maroc, soutenu par la communauté internationale dans sa fonction, a accompli ce qu'il avait annoncé, venir sur place. Un avertissement au Maroc ? peu importe. Le programme a été retardé de 6 mois.
Les actions du Maroc en sont à un point de provocation qui dépasse la compréhension, sauf - à suivre les estimations de WSRW-, si l'on considère les 200 millions de dollars gagnés sur les phosphates volés à la terre sahraouie par le colonisateur pour la même période de 6 mois. Combien de millions de dollars pour la pêche, le sable, le sel, les fruits et légumes arrivés tout droit dans les poches du roi, de ses généraux et de quelques complices étrangers ?

La prochaine visite de Ross en France pourrait peut-être permettre à notre pays de redorer son blason, si le chef de l'état choisissait de respecter le droit international et ses promesses électorales. Du changement dans la France Afrique ?
La question des millions tirés des ressources naturelles est aussi une question de droit international. Ce vol est illégal, comme la violence et la déportation de colons. L’ONU, L’Union Africaine, l’Europe l’ont dit, les actes doivent suivre les paroles. À l’heure où la Suède s’apprête à reconnaître la République Sahraouie, il est plus que temps.

APSO, le 8 novembre 2012

mercredi 31 octobre 2012

APSO/Reseau à François Hollande, président des français

Ce courrier a été envoyé il y a une semaine à Monsieur le Président de la France, il est sans réponse. 
Aujourd'hui mercredi 31 octobre, Monsieur Christopher Ross est arrivé vers 14h locale à Elaiun, au Sahara Occidental. Le déploiement des forces militaires, policières, sécuritaires est démesuré. Que craint le gouvernement colonial marocain? ou que démontre-t'il ? 
Est ce pour protéger Ross des Sahraouis qui lui font confiance, des colons marocains qui n'ont qu'une très faible compréhension de la situation, se protéger des manifestants sahraouis pacifiques ??? 
À suivre, et surtout notre France face à ses responsabilités. 
APSO, 31 octobre 2012

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Le 24 octobre 2012

M le Président de la République Française

Vous allez recevoir prochainement M. Christopher Ross, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara Occidental.

Notre organisation d’Amis du Peuple du Sahara Occidental (APSO) -, et son réseau d'associations françaises signataires ci-dessous, soutiennent solidairement les Sahraouis dans leur lutte au quotidien pour la défense du droit légitime de leur autodétermination.

Nous souhaitons vous alerter et vous questionner sur le rôle de la France qui est aujourd’hui le principal Etat protecteur au sein du Conseil de Sécurité de l’occupation par le Maroc du Sahara Occidental.

Christopher Ross, travaille à la résolution du conflit sur le territoire du Sahara Occidental pour sa décolonisation, et va accomplir du 28 octobre au 15 novembre prochain, une tournée de rencontres des protagonistes directs ou indirects dans ce conflit, dont la France.
Vous le savez, le Sahara Occidental est un territoire non autonome, et les déclarations et résolutions de l’ONU, comme la position de l’Union Africaine reconnaissent au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination sur son avenir et sur sa terre.

Les gouvernements précédant le vôtre ne se sont pas illustrés par leur rigueur à respecter le droit international. Ils ont soutenu une position illégale, une autonomie imposée au peuple autochtone sahraoui sans respecter leur droit à l’autodétermination, droit réaffirmé par de nombreuses déclarations de l’ONU tous les ans depuis les années 60.

Ce soutien à une solution irréalisable n’a fait que maintenir le blocage dans une situation paradoxale, dans laquelle nous subvenons aux besoins urgents des réfugiés Sahraouis, pendant que le Maroc, pays colonisateur d’une importante partie du Sahara Occidental, exploite pour son compte, en toute illégalité, mais pour d’importants bénéfices, les ressources naturelles du Sahara Occidental.

Les positions probablement vénales de vos prédécesseurs ont éloigné la France de la position exemplaire qu’exigent nos valeurs historiques. Malgré toutes les évidences, notre pays s’est montré lâche ou corrompu, soutenant le renouvellement de l’accord de pêche UE Maroc alors que le service juridique du Parlement Européen en avait établi l’illégalité en l’état. Validant l’accord UE Maroc de libéralisation des produits agricoles alors que de la même façon que pour l’accord de pêche, les frontières marocaines ne sont pas explicitement signifiées dans le document. Ou utilisant la menace de son droit de veto pour empêcher la mission de l’ONU pour le référendum au Sahara Occidental (MINURSO) de surveiller le respect des droits de l’homme, notamment de dénoncer les exactions quotidiennes des représentants du gouvernement marocain sur les habitants autochtones sahraouis dans la partie occupée du Sahara Occidental.

À ce sujet, l’actualité est alarmante et si vous suivez les actualités internationales pour cette région du monde, vous avez eu connaissance des conclusions du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, du Centre Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l'homme, du département d’Etat américain, de la Ligue française des droits de l'homme (LDH) qui tous dénoncent les violations graves des droits de l’homme du Maroc sur les Sahraouis.

Notre France ne peut avoir deux visages, agir pour soulager la souffrance des peuples syriens et libyens et ignorer encore la souffrance des Sahraouis qui dure depuis plus de 37 ans.

La position de la France est une clé de ce conflit, parce qu’elle a le pouvoir d’au minimum une neutralité, qu’elle n’a jamais respecté et au maximum d’une pression sur le Maroc.

Monsieur le Président de la République, nous espérons que vous accorderez toute votre attention à M. Christopher Ross, qui œuvre en fait comme notre agent international.

- Allez-vous en notre nom soutenir le référendum d’autodétermination et exiger sa mise en place dans les plus bref délai ?
- Allez vous de nouveau en avril prochain nous faire boire le calice de la honte jusqu’à la lie, en utilisant à nouveau le droit de veto français pour empêcher la protection par la MINURSO des droit humains de résistants pacifiques sahraouis ?
- Allez-vous respecter la position de votre propre parti exprimé dans des documents publics, et signés par votre actuel Premier Ministre, M Ayrault?

Puisque vous êtes abondamment informé de la version marocaine de la situation, à un point qu’il vous est peut-être difficile de retrouver les fondamentaux de la vérité, de la neutralité ou du droit international ;
- Allez vous, en accord avec l’engagement de votre discours d’investiture de respecter tous les peuples, recevoir le président de la RASD  et œuvrer pour reconnaître cette République, de même que l’UA  et 81 Etats l’ont fait jusqu’à aujourd’hui?

Ce geste sera le seul signe d’un vrai changement de la politique française dans la région, le reste ne serait que la rhétorique habituelle de la politique extérieure française dans le Maghreb, avec ses inavouables conflits d’intérêts y compris de la part des membres de votre gouvernement.

Nous espérons que vous entendrez notre attachement en nos valeurs nationales et pensons pouvoir croire en la probité de votre gouvernement.
Nous sommes à votre disposition, Monsieur le Président de la République, et vous prions d’agréer l’expression de nos salutations les plus respectueuses.

APSO, Amis du Peuple du Sahara Occidental, apsolument @yahoo.fr
APSO 35 Bretagne, apso35 @free.fr
APSO Avignon, apsoavignon @yahoo.fr
APSO Lyon, lautrecotedumur @yahoo.fr
ARSF, Association des Sahraouis Réfugiés en France, associationarsf @gmail.com
Arcadie, Aubagne, arcadie5 @caramail.com
Association des Sahraouis en France, asso.sahraouis.france @hotmail.fr
Cercle du livre progressiste (Givors)
COMIPSO Toulouse, isabellec816 @yahoo.fr
Of2ps, Marseille, talebga @yahoo.fr
Solidarité Maroc 05, solidmar05 @gmail.com
Solensahr 38, solensahr @yahoo.fr

vendredi 19 octobre 2012

Sahara Marathon 2013, inscrivez vous !

Les inscriptions sont ouvertes pour la treizième édition du Sahara Marathon, 4 courses de solidarité avec le peuple Sahraoui. À vos marques le 25 février 2013.

Les distances proposées sont selon vos prédilections le marathon – 42km195, le semi - 21km, ou les 10km ou 5km.
Les courses ont lieu dans les campements de réfugiés sahraouis, près de Tindouf, dans le désert du sud-ouest algérien. Elles relient symboliquement les villes importantes des campements et se déroulent pendant la semaine de la fête nationale.

Cette compétition internationale permet d’allier sportivité, solidarité, et découverte, dans un cadre inimaginable, une température très agréable.
Épreuve sportive et partage solidaire sont au programme de la semaine passée aux côté des réfugiés sahraouis, au coeur de leur extraordinaire hospitalité.

Pour toutes les informations, les résultats et classements des années précédentes, des photos et vidéo sont disponibles sur www.saharamarathon.org. Les détails techniques de la course sont disponibles sur demande et le témoignage d’un participant voir : http://monmarathondusahara.neuf.fr/

Les dates du séjour 2013 sont à définir selon les vols proposés, sa durée de 7 jours, mais peut être raccourci à 4. Les coûts hors adhésion et frais de voyage (AR France/Alger et Alger/Tindouf + visa) sont de 200 euros.
Cela comprend : inscription à la course, hébergement (gîte et couvert chez l'habitant), visites, participation au projet sportif solidaire défini par les sahraouis selon les besoins identifiés pour soutenir le sport.

Les documents de voyage nécessaires sont un passeport encore valide 6 mois, et un visa pour l'Algérie.

Cet événement sportif et solidaire international est aussi l’occasion pour les organisations sportives de faire parvenir leurs dons et soutiens aux clubs ou équipes de sports scolaires des campements de réfugiés. Les organisations intéressées sont invitées à se mettre en contact par mail avec la coordination française .

Renseignements et inscriptions : marathondusahara@free.fr

APSO, le 18 octobre 2012

vendredi 12 octobre 2012

Le Maroc l’enterre de force, c’est « un champion, un héros »



Abachikh Hmatou, jeune sahraoui décédé en exil  dimanche 30 septembre à Avignon, a été enterré à Tan tan au Maroc ce matin vendredi 12 octobre 2012 et comme en urgence, à la sauvette, sans respect des procédures religieuses.
Selon les amis présents sur place, le déploiement de toute la police de la ville, plus de 300 agents, les chefs, les divisionnaires, les commandants et les chioukhs, était totalement anormal, démesuré.

Le père avait cédé à la pression des chefs de tribus, marionnettes du gouvernement marocain, pour que le corps soit inhumé là et si vite.
La mère et la sœur ont crié leur colère devant cet abus de pouvoir qui leur interdisait d’enterrer leur fils et frère à El Aaiun au Sahara Occidental, terre où il est né, où vit la famille, et où il aspirait à pouvoir revenir vivre le jour de l’indépendance.
Elles ont crié leur mépris devant ce gouvernement colonial qui a peur d’un enfant mort, crié qu’il était un grand combattant et qu’il y a beaucoup d’autres jeunes comme lui, aussi courageux et forts.

Un tel dispositif guerrier autour d’un mort serait risible si la situation n’était pas si cruelle et tragique.
Rien n’explique l’enchaînement des mesures et décisions qui se sont succédées en quelques jours autour de la volonté de la famille de ramener Abachikh au Sahara Occidental.

Rien ne justifie que quelques minutes avant le décollage hier soir, la compagnie Royal Air Maroc retenait encore son embarquement sous prétexte qu’il manquait une autorisation du siège de la compagnie.
Rien ne justifie l’interdiction de voyager faite par la police nationale française à son grand frère au moment de l’embarquement alors qu’il avait obtenu pour cela un sauf-conduit de la préfecture de police d’Avignon au nom de la République française.
Rien ne justifie la tentative de la police marocaine de déposséder la famille de la responsabilité du transport du corps en ambulance de Agadir à Tan-tan.
Rien ne justifie l’escorte policière et militaire organisée massivement dans la nuit pour accompagner l’ambulance d’Agadir à Tantan et l’empêcher de faire les 300 kilomètres restant jusqu’à El Aaiun.

En 30 ans d’expérience c’est la première fois que l’entreprise de pompe funèbre spécialisée voyait une telle situation et n’avait pas de mot pour désapprouver et s’indigner.

La belle sœur norvégienne du défunt, l’amie française ont été effrayées de la menace de violence sous-jacente de l’omniprésence de la police marocaine dès leur arrivée au Maroc et jusqu’à leur départ vers El Aaiun, et heurtées de ne pouvoir vivre sereinement le moment symbolique de l’enterrement, de ne pouvoir pleurer sans retenue.

L’ironie finale de cet acharnement, c’est que pour empêcher Abachikh d’être enterré le jour de l’anniversaire de la naissance de la grande manifestation de Gdaim Izik, par les manœuvres du gouvernement le jeune résistant sahraoui a été mis en terre ce 12 octobre, jour de la célébration par les sahraouis de l’unité nationale, acte fondateur de la nation sahraouie.

APSO, 12 octobre 2012
Sources : la famille, les amis, les observateurs.

mardi 9 octobre 2012

Nouvelles embûches sur le retour d’Abachikh au Sahara Occidental

  

Après avoir passé la journée à attendre au consulat général du Maroc à Marseille, la famille de Abachikh Hmatou a reçu l'assurance que le corps de leur petit frère allait pouvoir partir.

Alors que le ministre marocain des affaires étrangères, Saâdeddine El Othmani, membre du PJD, avait donné vendredi l'autorisation du rapatriement jusque Elaaiun, le ministre de l'intérieur du même gouvernement, Mohand Laenser, secrétaire général du Mouvement populaire qui avait annulé hier cette décision, semble avoir aujourd'hui changé d'avis, et avoir autorisé le rapatriement du corps à Tantan.

Le consul qui s'est dit choqué par la décision de refus de rapatriement n'a pu que transmettre à la famille les nouvelles informations reçues de son gouvernement.
Sans document écrit en possession de la famille, rien n'a évolué et la situation est toujours aussi inique.

Les parents, la famille de Abachikh sont à El Aaiun, au Sahara Occidental, et non à Tantan au Maroc. Il est inconcevable pour eux d'enterrer l'enfant de la famille loin de tous, perdu sur une terre qui n'est pas la sienne, à plus de 300 kilomètres.

Il ne s’agit pas seulement de l’impossibilité de voyager pour les deux parents, âgés et très malades, ou de déplacer les centaines de parents et amis… Il s’agit de ne pas mêler politique et dignité, de ne pas repousser à ce point les limites de l’aberration.

Comme élément de justification à l’annulation du voyage, le consul a évoqué l’anniversaire demain 10 octobre de la naissance de la grande manifestation sahraouie et populaire de Gdaim izik, et les risques d’émeute que craignent à cette occasion les autorités marocaines, puissance coloniale sur place.
Il est bien connu dans les films que les morts participent aux émeutes et font de la politiques … mais dans la triste réalité actuelle, la famille ne souhaite que la tranquillité et le repos pour le corps d’Abachikh, proche de l’amour des siens, dont il a été privé du fait de l’exil.

Le gouvernement marocain toujours si prompt à étouffer toute manifestation identitaire sahraouie, au Sahara, au Maroc et à l’étranger, a cette fois failli dans son obsession, parce qu’en offensant la souffrance du deuil, il a heurté les consciences, et alerté la presse locale et nationale française.

Le mouvement de soutien spontané à la famille a rassemblé devant le consulat des amis, passants, des policiers compatissants, mais aussi plusieurs sportifs, et deux champions d’Europe français dont Benoit Z. La famille du sport dépasse les clivages géopolitiques.

Les deux frères en exil en France qui n’ont pas reçu l’autorisation d’accompagner leur petit frère, la famille et les amis ont annoncé ce soir leur volonté de rester devant le consulat tant que le corps de leur petit frère Aba ne serait pas arrivé à El Aaiun.

APSO, le 9 octobre 2012.

Voir le journal de LCM à la 12ème minute. http://www.lcm.fr/fr/videos/id-260123-le-journal-de-19h30
Nota : la carte nationale d’identité montrée à la caméra est Sahraouie.
Voir l'article de la Provence ici : http://apsophotos.blogspot.fr/2012/10/la-provence-101012-au-consulat-pour.html


lundi 8 octobre 2012

Décision abjecte des autorités marocaines, jusqu'au ridicule !

                    


Le consul général du Maroc à Marseille autorise puis refuse au dernier moment et sans explication le rapatriement du corps d'un jeune homme décédé en France, sa terre d'exil, vers le Sahara sa terre natale, et celle de ses ancêtres.

Le 30 septembre 2012, Abachikh Hmatou, un jeune Sahraoui réfugié politique en France décédait dans un accident de moto à Avignon. Il avait 23 ans.
Pour la famille au Sahara, qui ne l'a pas vu depuis ses 6 ans d'exil, pour ses 2 frères réfugiés politiques, pour sa sœur naturalisée française, il est évident que le corps doit être enterré dans son pays le Sahara Occidental.

Tout a été organisé avec l'aide d'une entreprise spécialisée pour le rapatriement de Aba ce lundi 8 octobre de Avignon à Ellaiun. Les voyages des frères soeurs belle-soeur étaient eux aussi organisés pour cette date, tous billets achetés, de même que sur place, l'ambulance et les démarches administratives.

L'autorisation du consulat général de Marseille pour le voyage du corps avec la Royal Air Maroc a été rendue positive vendredi dernier 5 octobre.

Or, aujourd'hui le consul général de Marseille s'est déplacé à l'aéroport pour interdire le départ du corps déjà présent à l'aéroport.
Selon le consul, un « telex urgent » arrivé aujourd'hui du gouvernement marocain lui donnait cet ordre auquel il ne pouvait que se conformer. Le document d’autorisation a été repris au transitaire.

La famille prévenue par l'entreprise spécialisée à son arrivée à l'aéroport de Marseille est sous le choc devant cette mesure ignoble et inconcevable.
Alors que le gouvernement marocain actuel est islamique, une telle pratique et un tel refus est incompréhensible.

Il semble que cela ajoute dans la barbarie à l'interdiction rencontrée il y a trois mois par les 3 frères de pouvoir sortir de l'aéroport de Marakech pour prendre la route du Sahara Occidental pour une visite familiale, alors que tout était administrativement en règle. Ils avaient été renvoyés en France.

Avoir des opinions contraires à un régime totalitaire est-il un délit même après la mort ?

La famille et les amis entendent bien être nombreux pour faire valoir leurs arguments devant le consul général du Maroc à Marseille et cela dans les plus brefs délais pour que le corps de leur petit frère et ami soit enterré dans son pays, pour que sa mère voie son enfant une dernière fois, et que la souffrance puisse s'atténuer lentement dans le deuil.

APSO, le 8 octobre 2012
Sources : Le transitaire, la famille