dimanche 21 février 2021

Sahara Marathon 2021, tout autour du monde

Le Sahara Marathon, édition 2021 tout autour du monde

La course solidaire avec les réfugiés sahraouis se déroulera cette année de manière virtuelle, dans les campements et partout dans le monde

Ce sera donc du 22 au 28 février, chacun chez soi, sur votre distance de prédilection, mais tous solidaires pour soutenir le projet humanitaire. 

Pour les inscriptions, l'app, les dons... rdv ici ( ou copiez collez le lien
https://sportmaniacs.com/en/services/inscription/sahara-marathon-2021 )

Le Sahara Occidental a besoin de nous. Le Covid19 frappe le monde entier, et les camps sahraouis de Tindouf vivent une situation extrêmement compliquée. Les conditions de vie précaires sont aggravées par l'impact de la pandémie et les conséquences de la reprise de la guerre après trente ans de cessez-le-feu.

Dans ces circonstances, il est impossible de courir le Marathon du Sahara dans les campements, l'organisation de la course solidaire a inventé une édition très spéciale avec un événement virtuel.

Les coureurs et supporters de la cause sahraouie pourront participer à la prestigieuse course grâce à une application qui sera disponible après l'inscription (15 €) et qui permettra aux athlètes de courir partout dans le monde.

Le Marathon du Sahara est une course solidaire organisée par le ministère sahraoui de la jeunesse et des sports et un groupe de bénévoles de différents pays. Au cours des vingt dernières années, la course dans le désert a servi de plate-forme pour dénoncer l’injustice de la situation du Sahara Occidental et pour soutenir des projets de solidarité dans les camps de réfugiés.

Des milliers de coureurs de tous les continents ont voyagé jusqu’au désert algérien où sont les campements pour vivre une des courses et tisser des liens avec des familles de réfugiés. Pour cette édition exceptionnelle de 2021, les objectifs de l'événement demeurent, seules les modalités et expériences sont différentes.

Les participants pourront effectuer leur course durant la dernière semaine de février. Ils pourront choisir un jour et une distance - 5, 10, 21 ou 42 km - ou courir d’autres distances, ou répéter la course tout au long de la semaine (le meilleur temps sera validé).

L'application invite également les coureurs à télécharger leurs vidéos et messages de solidarité avec le Sahara Occidental sur leurs réseaux sociaux.

Tout l'argent versé pour les inscriptions, les dons ou le pack solidaire (T-shirt, écharpe tube, numéro de dossard, livre 42ans-42Km), seront utilisés dans le projet de solidarité Sahara Marathon, qui à cette occasion soutiendra les familles sahraouies ayant besoin d'une aide directe, par l'achat et la distribution d'un panier alimentaire de base acheté sur place pour favoriser l'économie locale.

Le 26 février, la date traditionnelle pour la tenue du Sahara Marathon, trois courses (5, 10 km et course des enfants) seront organisées dans les camps de réfugiés sahraouis. Y participeront des athlètes sahraouis, qui feront vivre et perdurer l'esprit du Sahara Marathon.

La pandémie a provoqué des restrictions importantes de l’action et de l'aide humanitaire pour les camps de réfugiés sahraouis au cours de l'année dernière conduisant les camps de réfugiés dans une crise humanitaire qui s'ajoute à la crise sanitaire mondiale.

Et c’est sur le maillot officiel de la course : "Le vent du désert portera la voix sahraouie autour le monde". ("The desert wind will spread the Saharawi voice around the world.")

 Les règles de l'édition 21

RULES OF THE 2021 SAHARA MARATHON
ARTICLE 1. XXI SAHARA MARATHON 2021. The Sahara Marathon is a solidarity race with Sahrawi refugees who are living in exile for several decades in the Tindouf camps in Algeria. In these difficult moments in which Covid19 prevents the celebration of the 21st edition of the Sahara Marathon under normal conditions, the organization promotes the event virtually so that all runners can participate and show their solidarity anywhere in the world. It will be held from February 22nd to 28th, 2021 in a virtual way, that is, each one can run the race from the place they want, from 00:00 on February 22nd until 23:59 on February 28th.

ARTICLE 2. PARTICIPATION All those people over 16 years of age (16 years included) who wish may take part in this virtual competition, as long as they are correctly registered, both in time and in form. The registered runner must download the APP to take the race. From that moment on, the user with their registration code will be able to use the APP as training. The valid time will be:
• Only the one carried out within the dates of the race.
• The final time will be the best of the records obtained in the RACE option in the APP. To do this, you will have to press the race start button in said option and complete the registration distance, the registrations made in the Training option both in the days before and after are NOT VALID.

• You will also be able to participate (between February 22 and 28) with your GPS device and upload the GPX track at the following link: https://exercise-upload.copernico.cloud/sahara-marathon-2021/

ARTICLE 3. DISTANCE AND TRAVEL The distance options selectable in the APP are: 5k, 10k, 21k and 42k. The distance is selected at the time of registration. As it is a virtual test, each participant chooses the route, within the health regulations of the moment, as attractive as possible, helping to give the maximum in their run. Each runner is solely responsible for complying with the specific prevention measures against Covid19 in force in their city. The route chosen to carry out the race is free, therefore it will also be the responsibility of the participant to comply with the traffic regulations and necessary safety measures. In addition, it is very important to make sure that the chosen route allows good mobile coverage for the correct functioning of the GPS. It is very important to have the APP downloaded on the day of the test at the latest, although the ideal and recommended by the organization is to have it the previous days and test it with the trainings.

ARTICLE 4. CATEGORIES. The following categories are established for each of the races: Individual categories (Years completed on the day of the race) • Absolute • Junior (up to 18 years) • Senior (from 19 to 34 years) • Master A (from 35 to 44 years) • Master B (45 to 54 years) • Master C (55 and over)

ARTICLE 5. REGISTRATION Online from February 10th to February 28th. Registration has a cost of 15 euros that includes participation in the race and the contribution to the solidarity project Sahara Marathon 2021 * Participants who wish can purchase the official solidarity pack of the test (T-shirt, tubular skarf, bib dorsal and book “42 years = 42 km”) for the price of 25 euros (shipping costs included to any point in Spain, 10€ for all other countries).

ARTICLE 6. CLASSIFICATIONS The unofficial general classification will be published on the website www.saharamarathon.org and on the event’s APP.

ARTICLE 7. DISQUALIFICATIONS The following will be grounds for disqualification: • The athlete who does not complete the entire course. • The athlete who shows non-sports behavior.

ARTICLE 8. ACCEPTANCE All participants, by registering, accept these regulations and in case of doubt or any situation not reflected in it arises, the Organizing Committee will follow. • Each runner will participate under his own responsibility, he claims to have a sufficient level of physical condition to face the race and undertakes to accept these regulations. • Registration is personal and non-transferable and implies acceptance of these regulations. Under no circumstances, once the registration is made, may the participation be transferred to another person, friend or family member due to not being able to take the race. • Runners who are not registered or run without the Official Sahara Marathon App will not be admitted, preventing them from having access to the race in defense of the rights of those registered by regulation.

PRIVACY POLICY OF THE SAHARA MARATHON 2021 APP
Localization permissions:
-This application collects location data to allow the route you have done in your race to be tracked and consulted by you and by the timekeepers even when the application is closed or not used.
Camera permissions:
-This app requires camera permissions if the user is interested in uploading a photo to the gallery.

dimanche 13 décembre 2020

A paraitre Apso Editions : La dernière poignée de sable - Ursula A

La dernière poignée de sable
Ursula A.

Le roi Mohammed VI fouilla un jour la salle du trésor du Maroc et trouva au milieu de toutes les richesses une petite lampe en or. Lorsqu’il l’effleura de sa main, un génie apparut et gronda d’une voix profonde : « Quel est ton vœu ? Dis-le moi et je l’exaucerai ! ». Le roi répondit sans réfléchir un instant, « génie, je voudrais que tu ramènes mon père Hassan II à la vie pour que je puisse une dernière fois le voir et lui demander conseil. » Le génie hocha lentement la tête : « impossible de ramener quelqu’un du pays des morts, seul Allah peut faire cela ». « Alors dans ce cas, ce que je souhaite le plus au monde est que le Sahara Occidental demeure éternellement marocain ! » Le génie le regarda en soupirant. « Très bien, attends-moi ici, je vais chercher ton père ! »

Au moment où Sam prend son poste d’ethnologue au sein de la Mission des Nations Unies, le meurtre de son meilleur ami vient tout changer. L’enquête anthropologique qu’il mène au Sahara Occidental est comme liée à ce crime. Une plongée dans la géopolitique, de Genève aux camps de réfugiés sahraouis en Algérie, jusque dans les étendues désertiques de la dernière colonie d’Afrique.

APSO 2020
280 pages - 12 euros
ISBN 978-2-9552413-4-9

A paraitre le 23 décembre 2020 

Pour commander, écrivez nous : apsolument[@]yahoo.fr ou apsoeditions[@]gmail.com 

Pour en Savoir plus sur nos parutions, RDV apsoeditions.wixsite.com/home

 

jeudi 19 novembre 2020

JfD. Protectorat et indépendance

Le royaume du Maroc est encore sous protectorat de la France. Sa dépendance s’est même étendue depuis quelques décennies à l’aide israélienne, notamment militaire et à l’aide des pays du golfe, notamment financière. Trahison puis allégeance n’étant pas incompatibles aux demandeurs d’une protection !*

Les anciennes colonies françaises ont combattu pour acquérir leur indépendance dans des guerres meurtrières. Les anciens protectorats n’ont pas été aussi loin dans leur lutte et sont restés plus ou moins attaché à leurs « protecteurs ». Ce protectorat de fait, mais jamais nommément cité, permet à la France de poursuivre sa politique « France-Afrique ».

Le pouvoir marocain se satisfait de cet état au point de proposer depuis des années aux « territoires du Sud » un plan d’autonomie sous autorité chérifienne, là encore une forme de protectorat, déclinaison du principe des poupées russes, qui a bien sûr l’aval de la France. Demeurer protecteur d’un protecteur permet de garder dans l’ombre une main paternaliste et dirigeante sur la situation.

C’est pourquoi les Sahraouis souhaitent un référendum d’autodétermination dont le résultat permettrait une réelle indépendance. Une indépendance proposée par l’ONU dans le cadre de la décolonisation. Il ne faut donc pas confondre plan d’autonomie marocain et référendum d’autodétermination proposé par l’ONU. En tant que membre permanent du conseil de sécurité la France devrait logiquement soutenir cette option onusienne. Elle tient en fait un double discours de confusion : Celui de soutenir le plan d’autonomie marocain et d’autre part de s’en remettre aux décisions de l’ONU, décisions qu’elle sape à la fois par un lobbying diplomatique et en s’opposant par veto ou abstention aux décisions du conseil de sécurité qui ne peuvent s’appliquer qu’à la majorité absolue.

L’interdépendance de tous les pays est aujourd’hui plus que jamais une réalité, la mondialisation l’atteste. L’absence de ressources ou le sacrifice de certaines d’entre elles dans le deal des accords internationaux met en place une dépendance économique dont les crises environnementales et sanitaires montrent les limites. Et la frontière reste ténue entre dépendance économique et dépendance géostratégique, voire politique.

Les ressources en matières premières du Sahara Occidental (Phosphate et pétrole off-shore), ses ressources halieutiques et agricoles, - dont le pillage condamné par la justice internationale continue malgré tout -, limite la dépendance marocaine en cas de plan d’autonomisation, pas en cas de référendum d’autodétermination favorable au peuple sahraoui. Le makhzen est tiraillé entre deux contradictions qui lui permettraient de demeurer une puissance, son expansionnisme délirant (l’ayant conduit à revendiquer la Mauritanie, une partie du Sénégal et de l’Algérie, le Sahara Occidental) et sa dépendance d’ancien protectorat.

L’objectif du pouvoir marocain était de passer d’un état de colonialisme occupant le territoire du Sahara Occidental condamné mais hypocritement admis par les instances internationales à un état de protectorat lui garantissant « le timbre et le drapeau » (dixit Hassan II), c’est-à-dire excluant toute réelle autonomie interne.

L’époque où le Maroc, comme le disait Hassan II, était dans une position confortable et n’était pas pressé : « Le Maroc n’est pas assis sur une baïonnette mais sur un rocking chair » (Hassan II) semble révolue.

Depuis des années le Maroc, soutenu par la France, fait obstruction au calendrier international du processus de décolonisation et « grignote » jusqu’aux accords qu’il a signés. La brèche de Guerguerat aura été, dix années après Gdeim Izik, l’ultime provocation d’une politique coloniale actuelle ou d’un protectorat souhaité de la part du Maroc.

La France ne retrouvera pas sa dignité, depuis longtemps perdue avec son image effacée de nation défendant les Droits Humains. On peut juste espérer qu’elle puisse enfin respecter le Droit.

En reprenant les armes, le peuple sahraoui continue d’affirmer son désir d’indépendance, sachant pour l’avoir déjà vécu dans sa chair à quels sacrifices il lui faudra consentir.

Jean-François Debargue
Le 18 novembre 2020

*Trahison d’Hassan II envers la ligue arabe permettant à Israël d’être prévenu de la guerre des 6 jours.



mercredi 4 novembre 2020

Crime de colonisation - Entreprises françaises et Sahara Occidental, Apso Editions

A paraitre le 11 novembre 2020

Crime de colonisation par peuplement 

Étude de cas sur les activités économiques des entreprises françaises au Sahara Occidental 

Antoine Quéré

 Phosphates, poissons, marchés publics, tourisme. 

Les ressources économiques du Sahara Occidental sont nombreuses et attirent les entreprises étrangères, dont les entreprises françaises. 

Mais le Sahara Occidental est un territoire au statut juridique particulier et le droit pénal français pourrait contrarier les stratégies de ces acteurs privés : l’article 461-26 du Code pénal réprime sévèrement le crime de colonisation par peuplement. Ce travail vise à définir si des entreprises transnationales françaises peuvent être coupables de ce crime. 

Une question préalable vise tout d'abord à déterminer si le juge français peut être "diplomate" ou s'il doit appliquer le droit sans détour. En effet, pour retenir le crime de colonisation par peuplement, il faut qualifier le Sahara Occidental de territoire occupé, et démontrer que cette occupation découle d’un conflit armé international. 

Si c’est le cas et si cette situation est notoire, cela participe aussi à qualifier en grande partie l’élément intellectuel ou moral de l’infraction : la conscience et la connaissance de l’occupation par les entreprises. 

Quant au défi de l’imputation du crime aux entreprises, il s’agit de montrer en quoi des activités d’entreprises françaises pourraient constituer matériellement une colonisation par peuplement ou une complicité de celle-ci. L'ultime problématique juridique est de mettre ce crime sur le compte des entreprises transnationales françaises, des groupes de sociétés sans responsabilité pénale unifiée.

96 pages - 8 euros - ISBN 978-2-9552413-3-2

Pour commander, écrivez nous : apsolument[@]yahoo.fr ou apsoeditions[@]gmail.com 

Pour en Savoir plus sur nos parutions, RDV apsoeditions.wixsite.com/home

samedi 10 octobre 2020

Le PAM, prix Nobel de la Paix 2020 - Quelle paix ?

Bravo pour le Programme Alimentaire Mondial, lorsqu’il est d’urgence, pour sauver des vies, dans les premiers temps d’une catastrophe ou d’un conflit. 

Mais honte à ce programme, l’un des nombreux « parapluie » déployé par l’ONU, lorsqu’il est maintenu bien au-delà de l’urgence parce que l’ONU est incapable, dans ses missions locales de trouver une solution aux conflits. 

Des conflits ainsi « gelés » par l’immobilisme statutaire de l’ONU naît alors : « Le conflit d’intérêt ». Le PAM conçu pour l’urgence se met donc à satisfaire des besoins durables et génère à moyen et long terme, carences, déséquilibres, fragilités. C’est le cas dans les camps Sahraouis depuis plusieurs décennies. Peu à peu l’outil au départ humanitaire et altruiste devient sa propre finalité, égoïste et entrepreneuriale. Les charges de fonctionnement des « OGs » issues de l’ONU (Unesco pour la culture, l’Unicef pour l’enfance, Hcr pour les réfugiés, l’OMS pour la santé, la FAO pour l’alimentation et l’agriculture, … 17 en tout) sont parmi les plus importantes en proportion des ONGs. L’ONU n’a plus intérêt à ce que le problème disparaisse. 

Une mission comme la MINURSO (Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental) à laquelle chaque année depuis 1991 (30 ans en mars 2021 !) il est demandé de mettre en place un référendum d’autodétermination dans les 9 mois à venir échoue donc à accoucher chaque année depuis 3 décennies, pour le plus grand profit du PAM, du HCR, de l’Unicef, de l’OMS… Que deviendrait l’industrie du contre-poison sans le maintien du poison ? 

Aujourd’hui on ne meurt pas de faim dans les camps. On y meurt des conséquences du PAM (les principales maladies graves dans les camps sahraouis ont une origine alimentaire). On y meurt d’ennui et de désœuvrement, conséquence des échecs (volontairement ?) réitérés de la Minurso. 

 Le monde n’a pas besoin, par procuration, d’organismes internationaux déshumanisés pour incarner le prix Nobel. 

Il a besoin de se reconnaitre dans des personnes dans lesquelles s’identifier pour devenir meilleur. 

Jean-François Debargue, Le 9 octobre 2020  

Ps : dans le même temps en France, le préfet de Calais interdit aux associations de distribuer de la nourriture aux migrants qui ont faim. Nul doute que nos autorités vont féliciter le PAM. Cherchez l'erreur...

vendredi 13 décembre 2019

Le Maroc vu du ciel et ses mensonges, Yann Arthus Bertrand

Je proteste contre les mensonges énoncés dans le film de propagande" Le Maroc vu du ciel" 

Hier soir, 10 décembre journée qui célèbre les droits de l'Homme, j'ai revu l'émission "Le Maroc vu du ciel". Je l'avais vu en juillet 2017. Il m'en était resté certes le souvenir de belles images de ce pays attachant, moins beau vu du sol que du ciel. Mais surtout, j'en ai gardé une grande colère : Maroc et Sahara Occidental étaient filmés comme un seul et même pays "marocanisé " !

Les deux cartes, au début et à la fin du film, simples longues silhouettes blanches le long de l'Océan Atlantique complétant virtuellement cette illégale annexion. Le ton est donné. En admirateurs, auteur du film et commentateur en ont fait un instrument à la gloire du roi du Maroc, dernier colonisateur de la dernière colonie du continent africain.

Bien sûr les images de Yann Arthus Bertrand sont très belles et le texte enthousiaste d'Ali Badou  est poétique. C'est qu'il est magnifique, ce pays montré sans bidonvilles,  sans décharges sur lesquelles s'affairent ceux qui cherchent de quoi survivre,  et tant d'autres misères à ras de terre...

Un Maroc "de plein pied dans la modernité" si on fait abstraction des villages de l'Atlas où les conditions de vie n'ont guère évolué depuis le Moyen Age, et du niveau scolaire catastrophique en queue des classements d'acquisitions des élèves à travers le monde.

Le film ne pèche là que par omission.

Mais concernant la Marche verte de 1975 et l'annexion du Sahara Occidental par son voisin qui le convoitait pour ses richesses, le film devient un tissu de mensonges :

-  Il exalte  la Marche verte "pacifique" qui a été l'introduction à l'envahissement militaire de ce riche pays.

- L'Espagne, qui était le colonisateur du "Sahara espagnol" depuis la fin du XIXème siècle, s'en est retiré en 1975, par les accords tripartites de Madrid qui cèdent les deux tiers de cette terre au Maroc, et un tiers à la Mauritanie qui s'en retirera par la suite, occasion pour le Maroc de tout occuper du nord au sud. Donc dire que le Maroc a libéré les Sahraouis des Espagnols est un grossier mensonge !

- Cette grande marche verte civile n'a été pacifique que le temps d'amener les 350 000 porteurs de Corans, de portraits du roi  et de drapeaux rouges avec l'étoile verte,  sur la terre promise du Sahara, avant de les renvoyer.

- Ont suivi les chars, les avions et leurs bombardement au napalm, le génocide et la fuite d'une partie de la population sahraouie en Algérie où elle a pu s'établir dans la paix, non loin de la ville de Tindouf.  Ces Sahraouis y sont toujours, 43 ans plus tard.  Rien de tout cela dans ce film de propagande.

Pas de vue du ciel des villes des réfugiés dans le désert. Aucune image  du plus long mur militaire du monde qui protège ces acquisitions  illégales volées aux populations sahraouies, phosphates, poissons, agrumes .... 2700 kilomètres de mur seraient pourtant spectaculaires vus d'en haut !

Actuellement circule en France le film documentaire sur le Sahara Occidental "Fusils ou graffitis" qui montre le vrai visage d'un peuple qui a choisi d’être pacifique dans sa lutte depuis le traité de Paix avec le Maroc en 1991 , et dont les jeunes commencent à ne plus supporter le mépris, la discrimination, les tabassages, la torture banalisée, les crimes, le manque de métiers correspondant à leur formation et surtout l'éloignement de leur pays qu'ils n'ont jamais vu. Ils rêvent de prendre les armes pour chasser le colonisateur. Leurs sages aînés du Polisario cherchent à les en dissuader.

Après la première diffusion en 2017, France 2 a reçu des protestations contre ce trop beau film, et la chaîne n'en a pas tenu compte en rediffusant tel que le Maroc vu du ciel. Dommage !

France 2 se grandirait en réalisant un vrai documentaire, à partir d'une enquête sérieuse sur ce pays attachant, sans tenir compte de la position très officielle de la France qui,  sans doute, ne le soutiendrait pas.

Trop d'intérêts en jeu ?

Marie-Jo Fressard, Solidmar
le 11/12/2019
 

mardi 2 juillet 2019

Salek Laasairi, quelques minutes depuis le parloir

Salek Laasairi, Sahraoui, prisonnier politique du régime du Maroc et condamné à perpétuité, a réussi à joindre par téléphone un de ses amis en France.

2 minutes 57 secondes pour transmettre d'une voix sans sourire sa détresse, son soucis de tous ses amis, et puis une phrase suspendue pour glisser rapidement un  "à bientôt mon très cher ami…" avant de raccrocher précipitamment.

Salek a pu avoir brièvement accès au téléphone public du parloir parce qu'il est transféré à la prison de Marrakech pour passer son baccalauréat. Il est au "rattrapage" comme l'année dernière, et il a des épreuves jusqu'au 8 juillet. Ensuite il sera re-transféré à Safi, la prison où il est incarcéré depuis qu'il avait brusquement cessé de donner de ses nouvelles en février dernier. 

Il était alors à la prison de Ait Melloul où juste avant de disparaitre, il avait été sévèrement battu après avoir protesté lors de la visite de sa famille, contre l'expulsion de sa soeur avant qu'elle n'ait pu lui parler. Protestation, coups, cachot, transfert, privation de communication… sa grève de la faim pour protester encore.

A Safi, dans la prison Moul el Bergui connue comme une prison "punition", Salek est dans une cellule isolée dans le quartier sécurité. Il n'a le droit qu'à un quart d'heure de sortie dans la cour par jour, et 5 minutes d'accès au téléphone par semaine. Il les consacre à sa mère.

Il avait transmis par sa famille que les conditions y étaient très difficiles. Il a redit son isolement, sa solitude. Il dit "avoir la dépression" et demande qu'on le soutienne...

Pour lui écrire : 
Salek Laasairi - n°d'écrou 4037
Prison centrale Moul el Bergui
Safi
Maroc

Les articles précédents sur Salek : 
Salek a disparu (les nouvelles au 20 mars. Disparition depuis le 11 février)

Pour en savoir plus sur Salek (cliquez pour voir les textes) :
"Drole d'occupation pour une grand-mère, histoire de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit". Livre de MJ Fressard, Ed Apso. Chapitre Salek.

Lettre ouverte à Monsieur Tamek, Délégué général de l'administration des prisons au Maroc, prisonniers pour la justice 

mercredi 12 juin 2019

Salek, de ses nouvelles par la famille

Personne d'entre ses amis dans le monde n'a reçu de nouvelles directement de Salek Laasairi - Sahraoui prisonnier politique du Maroc - depuis sa disparition. Ni courrier ni appel téléphonique.

Ce que nous savons par la famille :
Salek est à la prison de Safi au Maroc (pour lui écrire, voir en dessous)
Il est très isolé, il ne connait personne et se méfie de tous
Il est très affecté par les coups des gardiens et la longue grève de la faim de protestation qu'il a menée après l'expulsion de sa famille lors de la visite de février et sa mise au cachot /et transfert (ce n'est pas la première grève de la faim, les séquelles s'accumulent avec le temps)
Il est maintenant très loin de la famille et de ce fait ne peut plus recevoir leur visite
La famille a écrit aux diverses administrations marocaines et n'a jamais reçu de réponse
Salek nous appelle à l'aide

Nous avons envoyé des petits paquets et courriers, nous ne savons pas encore s'ils sont arrivés jusqu'à lui.

Pour écrire à Salek les petits riens de nos vies et soucis d'humains en liberté
Salek Laasairi
n°d'écrou 4037
Prison centrale Moul el Bergui
Safi

Maroc

Chaque courrier est pour lui un réconfort, un soutien. Il aime savoir comment nous allons et ce que nous faisons, recevoir des photos, il aime les magasines de voyages/pays, les sciences (magasines pour enfants-ado), et il aime passionnément le foot (et surtout lire Sofoot). Il lit l'arabe, le français, et l'anglais.

Les articles précédents sur Salek : 
Salek a disparu (les nouvelles au 20 mars. Disparition depuis le 11 février)

Salek - il y a plus de 10 ans
Crédit photo Apso

dimanche 24 mars 2019

Disparition de Salek Laassairi, précisions


Disparition de Salek Laasairi, recherches Apso pour le localiser, savoir la raison de son silence et connaitre son état, les dernières précisions reçues sont les suivantes.

La mère et la soeur de Salek lui ont rendu visite le 2 février 2019. Alors que Salek protestait que le personnel pénitencier ne lui laissait pas le temps de parler avec sa soeur, la mère et la soeur ont été mise dehors.
La visite a duré moins de 10 minutes. La précédente était 11 mois plus tôt.
Le lendemain ou le jour suivant, des détenus ont prévenu la mère que Salek avait été puni de 45 jours de cachot.
C'est plusieurs semaines après que d'autres détenus ont dit à sa mère que Salek était au cachot à Safi.

La mère a contacté la prison dès début février, son interlocuteur a refusé de lui donner des informations sur Salek.
2 courriers envoyés par la famille à la Direction générale des prisons du Maroc sont à ce jour restés sans réponse.

Selon un décompte large, les 45 jours de cachot, isolement et interdiction de visite, aurait pris fin le mercredi 20 mars si le premier jour en était le 4 février, ou prendra fin le 26/27 mars si le premier jour était le 11 février.
Salek n'a cependant toujours pas donné de nouvelle de lui au moment de la publication de cet article.


Des amis de Salek en Espagne, France, Suisse, au Sahara Occidental ont tenté sans succès de joindre les prisons marocaines, et ont interrogé de façon épistolaire les autorités pénitentiaires marocaines... d'autres démarches, questions et alertes sont en cours.

Pour en Savoir plus sur Salek, reportez vous aux liens indiqués dans l'article précédent : http://ap-so.blogspot.com/2019/03/salek-laasairi-disparu.html


mercredi 20 mars 2019

Salek Laasairi a disparu

Salek Laasairi, Sahraoui, prisonnier politique condamné à perpétuité, enfermé à Ait Melloul au Maroc au dernier de ses contacts avec l'extérieur, a disparu.
Il est soutenu depuis des années par de nombreux amis, membres ou proches d'Apso, qui sont très inquiets de son silence.

Après un appel à information, voila au 19 mars 2019, ce qui est connu.
Les dernières nouvelles de Salek datent du 11 février 2019, il a téléphoné à sa famille depuis la cabine publique du parloir de la prison de Ait Melloul. Quelques secondes. Ensuite il a disparu, pas d'appel à sa famille, ni à ses amis. Depuis plusieurs mois ce sont les lundis qu'il avait droit à quelques secondes de communication par appel.

Aux alentours du 10 mars, un de ses codétenus a contacté la mère de Salek. Selon ces informations indirectes, Salek aurait été transféré à la prison de Safi au Maroc, une prison réputée de "punition", et il serait au cachot, en mauvais état.

Cachot au Maroc et pour les Sahraouis, veut dire isolement dans une cellule sale et insalubre, souvent violence et humiliation, tortures, et souvent aussi grève de la faim de protestation en réponse.
Safi est a plus de 600 km de la ville où vit sa mère, qui a beaucoup de difficulté à voyager (grande précarité). 

Toute action est bonne pour trouver des nouvelles de Salek, tant qu'il ne le peut, lui, en direct.
Il faut inventer ! vous êtes ses amis, ses parrains, ses soutiens.

Quelques idées en vrac : contact et questions à l'ambassade marocaine en France ou ailleurs, à la prison de Ait Melloul, de Safi, aux autorités pénitentiaires marocaines, informations aux ONG internationales de défense des droit de l'homme (Amnesty, HRW...), infos et questions au CICR, au représentant spécial de l'Onu pour le Sahara Occidental (Horst Köhler), à la Minurso… 

Pour Safi, voila ce que donne le net : Centre Moul el Berqui, Etablissement pénitentiaire, SAFI -  telephone : +212 5 24 64 26 58 (tel fix)


Pour en savoir plus sur Salek (cliquez pour voir les textes) :
Destin brisé, double peine 
EM : Interdiction de visite, violence et humiliation pour la famille de Salek Laasiri 
"Drole d'occupation pour une grand-mère, histoire de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit". Livre de MJ Fressard, Ed Apso. Chapitre Salek.
Apso répond à Milena Rampoldi pour ProMosaik 
EM : 38 jours sans manger pour protester contre la violence carcérale marocaine 
Lettre ouverte à Monsieur Tamek, Délégué général de l'administration des prisons au Maroc, prisonniers pour la justice 

Par FB
25 juillet 2016· Salek Laasairi, prisonnier politique sahraoui, a tenu à ce que nous partagions son affliction après l'attentat de NIce, sa condamnation de cet acte, et ses condoléances aux familles, proches et amis des victimes, aux français...

13 octobre 2016· Pas de nouvelles de Salek Laasairi depuis quelques semaines. Il semble qu'il est au cachot. Nous cherchons des confirmations, infos, précisions. Salek est sahraoui, prisonnier politique incarcéré à Ait Melloul au Maroc.

31 décembre 2016· Des amis de Salek Laasairi - Sahrao ui prisonnier politique, incarcéré pour perpétuité dans la prison de Kénitra - lui ont envoyé, notamment une tablette de chocolat... douceur de noël. Le chocolat a été remis à Salek sans l'emballage par des gardiens qui lui ont dit qu'aprè s cela ce genre d'envoi était interdit (donc serait confisqué) . Le perfectionnisme dans la torture est infini... 
que la nouvelle année vous soit douce !


La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines. 
Extrait de déclaration : "les prisonniers sahraouis au prison Ait Melloul vivent dans une situation catastrophique, résultat de traitements inhumains de la part de l'administration pénitentiaire, où ils sont exposés presque tous les jours à toutes sortes de tortures et d'insultes psychologiques et physiques, d'abus verbal, d’inspection illégale, de racisme et l'incitation des prisonniers de droit commun contre eux par certains membres du personnel pénitencier, en particulier le directeur de la prison le nommé Elkabir Essoufi et part le responsable chargé de la prison Ahmed Momani, dont les derniers victimes sont les détenus politiques sahraouis "Salek Laassairi, et Mohammed Ali Bassraoui" le premier a été mis dans une cellule solitaire (cachot) et le second a été battu et nargué par un prisonnier de droit commun, lequel lui a causé un dommage très grave au niveau de l’œil gauche, comme a pu rapporté l'Association pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines."